Élimination du mariage précoce au Zondoma : L’AJBF forme des chefs coutumiers et des leaders religieux

L’association des Jeunes pour le bien-être familial (AJBF) a organisé du 30 août  au 1er septembre 2021, à CITES-Gourcy   dans le cadre de son projet de  promotion de  l’abandon du mariage précoce au Zondoma une formation à l’intention de chefs coutumiers et de leaders religieux de cette province. L’AJBF conduit ce projet, grâce à un financement de l’Organisation Internationale de la Francophonie (OIF).

Les participants à la session de renforcement des capacités

Le mariage précoce constitue une grave  violation des droits des jeunes filles. Il entraine des abandons scolaires, dégrade leur santé et conduit à la mort. Selon des études médicales,  les filles de moins de 15 ans courent 5 fois  le  risque de mourir pendant leur accouchement que celles qui ont atteint 20 ans. Malgré les graves dangers, cette pratique a la peau dure dans la région du Nord du Burkina Faso. Les  statistiques de la direction régionale de la Femme et de la Solidarité nationale   affichent  273 cas de mariages forcés enregistrés  dans cette partie du Burkina dont 14 cas au Lorum, 210 cas au Yatenga, 12 cas au Passoré, 27 cas au Zondoma. A l’analyse  de ces chiffres, la province du Zondoma occupe le deuxième rang en termes de pratique de mariages forcés dans la région du Nord.

                                   Impliquer  les coutumiers et les religieux

Le président du conseil d’administration de l’AJBF , Abdoulaye Kindo pense que l’implication des leaders coutumiers et religieux est nécessaire dans le combat contre la pratique du mariage précoce

D’où, l’élaboration de ce projet intitulé « Promotion de l’abandon du mariage précoce dans la province du Zondoma »  financé par l’OIF. Selon le président du conseil d’administration de l’AJBF, Abdoulaye Kindo la dite formation vise à impliquer les leaders coutumiers et religieux de la province dans le combat contre l’élimination de cette pratique néfaste. Pour ce faire, il faut nécessairement les outiller afin qu’ils puissent mieux  assumer cette mission.

Le directeur provincial de la Femme , de la Solidarité nationale , de la Famille et de l’Action humanitaire du Zondoma a été le facilitateur de cette session de formation à l’endroit des coutumiers et des religieux

C’est le directeur provincial de la Femme, de la Solidarité nationale, de la Famille et de l’Action humanitaire  du Zondoma, Ousseny Nacanabo  qui a conduit les  échanges    avec les leaders religieux et les chefs coutumiers sur cette violence exercée sur les jeunes filles. Entre autre autres modules développés, la parenté responsable et les relations interpersonnelles dans la famille, les pratiques traditionnelles néfastes et le mariage d’enfants, la communication parents-enfants et l’éducation parentale. Le contenu des dispositions du Code Pénal  adopté le 31 mai 2018  a été aussi détaillé au cours de cette session de renforcement de capacités  des leaders coutumiers et religieux.

                                 De la responsabilisation des parents

Le Naba Ambga de Boussou a prêche pour l’éducation rigoureuse des enfants et la responsabilisations des parents

Participant à cette formation, le Naba-Abga de Boussou a souligné l’impérieuse nécessité d’abandonner cette pratique pour permettre à la jeune fille de s’épanouir et de participer aux actions de développement. Il reconnait que les chefs coutumiers et religieux peuvent bien mettre leurs compétences au service de la lutte pour l’abandon du mariage précoce. Il importe selon lui de mettre l’accent sur l’éducation des enfants et la responsabilisation des parents.

                                  Sensibiliser sur les lieux de prières

Le représentant de la communauté musulmane estime que l’AJBF a vu juste en impliquant sa communauté dans la mise en œuvre de ce projet

Représentant la communauté musulmane, Abdoul Salam Ouédraogo estime que l’AJBF a vu juste en impliquant les leaders religieux  dans la lutte contre cette pratique néfaste. Il reconnait que les regroupements dans les mosquées et les lieux   de prêches peuvent bien être l’occasion de sensibiliser les fidèles sur les conséquences du mariage précoce. L’influence du leader  religieux avoue-t-il  peut influer sur le comportement de ceux qui sont tentés par cette pratique.

                                     Campagne de communication grand-public

Pour Abdoulaye Kindo , la forte participation des leaders coutumiers et religieux augurent de l’atteinte des objectifs de ce projet

Pour le président du conseil d’administration de l’AJBF, Abdoulaye Kindo,   cette  forte participation des leaders religieux et coutumiers est la preuve de leur  adhésion à ce projet de lutte contre le mariage précoce. Il se convainc que si cette couche sociale adhère  à la lutte, les résultats seront probants vu le poids qu’elle occupe dans leurs communautés.

L’AJBF , poursuivra les activités de ce projet avec une campagne de communication grand-public

Avant cette formation à entendre Abdoulaye Kindo, une autre avait été organisée du 25 au 27  août 2021, au bénéfice d’une trentaine d’officiers de police judiciaire   exerçant dans la province du Zondoma sur les dispositions du code pénal en matière de mariage précoce

Autre activité à venir, une campagne de communication grand-public  qui sera marquée par des émissions radios, l’élaboration et la diffusion d’affiches de tee-shirt  etc.

Gildas Wenkouni Salo

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