Entente, cohésion sociale pour le développement au Zondoma : Les religieux et les coutumiers en première ligne.

Rassembler les fils et filles de la province du Zondoma autour d’un pacte promouvant l’entente, la cohésion sociale pour le  développement, c’est le défi que s’est lancé un comité d’initiative  avec pour modérateur Raogo Antoine Sawadogo. Le dimanche 05 septembre 2021, les porteurs de cette mission  ont convié des représentants des communautés coutumières et religieuses, et des répondants d’organisations de la  de la société civile pour vérifier,  impulser l’adhésion des groupes invités, discuter  sur les étapes du processus et recueillir des propositions sur le contenu du pacte. Étaient également  présents, les responsables de l’association Grand Yatenga Historique , venus  apporter leur expertise afin de consolider  le déroulement et l’aboutissement de ce  processus de réconciliation entre fils et filles du Zondoma.

Ils sont venus de divers horizons du Burkina pour assister à cette rencontre

« La province du Zondoma vit depuis ces trois dernières années, un climat délétère, marquée par une violence verbale jamais égalée et une intolérance grandissante. La cohésion sociale s’en trouve aujourd’hui fortement ébranlée. Cette situation a connu son apogée pendant les récentes campagnes présidentielle et législatives 2020. Jadis connu pour son engagement politique ferme et exprimé, son attachement à la libre expression de ses attaches idéologiques, le burkinabé du Zondoma semble détenir le palme du rejet de l’autre et la province ressemble à un espace de non droit où exprimer son opinion politique où l’exercer devient un crime. L’inimité entre partisans et adversaires politiques s’accentuent de jour en jour et prend des proportions qui constituent une menace pour le vivre ensemble qui a toujours caractérisée la région et particulièrement la province du Zondoma »  décrivent le comité d’éthique et le facilitateur Antoine Raogo.

Conséquences fâcheuses

Le comité d’initiative et le facilitateur entendent mettre les chefs routiers en première ligne de la conduite du processus pour une véritable réconciliation entre fils et filles du Zondoma

 Estimant que cette situation peut engendrer des conséquences désastreuses, effritant continuellement  le vivre ensemble et entravant  le développement de la province, ils se proposent de mener une large concertation avec  les leaders religieux, coutumiers, responsables d’ONG de développement et structures associatives, artistes, maires des communes, responsables de partis politiques  et députés de la province  afin de recueillir des actions consensuelles concourant à un pacte d’entente , de cohésion sociale pour le  développement . D’où la tenue de cette première rencontre avec les coutumiers, les religieux  et des responsables d’associations.

                                     Informer et susciter l’adhésion

Poiur Raogo Antoine Sawadogo ce processus de réconciliation se fera à travers une approche inclusive

A entendre le Facilitateur Raogo Antoine Sawadogo, les objectifs de ce premier conciliabule est d’informer ces  leaders d’opinions  de la démarche, de susciter leurs adhésions et de  leur faire porter l’initiative. Il estime qu’au regard de l’autorité morale et du leadership que les coutumiers et les religieux incarnent dans leurs communautés, leurs actions de sensibilisation et de mobilisation  sur la nécessité de sceller un pacte  rassemblant  les citoyens de la province sur les valeurs de la paix, de la cohésion sociale pour le  développement auront plus d’écoute et d’impact.

                                           Les chefs,  premiers bénéficiaires

« Sans la paix et la cohésion, les chefs  sont mal à l’aise. Ils ne peuvent pas affirmer leur autorité » confesse  le chef de Gourcy

Le Naba Baongo de Goury a salué la démarche et traduit l’adhésion des chefs traditionnels à cette initiative. Il confie que la première préoccupation des chefs, c’est le bien –entre  de la population et quand il y a la paix, ils en sont les premiers bénéficiaires. « Sans la paix et la cohésion, les chefs  sont mal à l’aise. Ils ne peuvent pas affirmer leur autorité » confesse  le chef de Gourcy. Il informe que les garants de la tradition au Zondoma  avaient pris les devants en créant en 2011  une association à travers laquelle, ils organisent des rencontres pour échanger sur les comportements et les démarches à adopter pour impulser l’entente et la cohésion dans les différentes localités sous leur contrôle.

Foi de Naba –Baongo de Gourcy, la vision du comité d’initiative et du facilitateur  est pertinente et vient renforcer l’engagement du président du Faso d’assoir les bases d’une  réconciliation  des citoyens sur le territoire nationale, matérialisé par la création d’un ministère d’Etat chargé de la réconciliation.  A la suite du chef de Gourcy, les représentants des entités religieuses ont tour à tour pris la parole, pour bénir la rencontre à travers des prières, signe de leur adhésion.

                                        Un développement qui stagne

Elle a traduit l’engagement de Grand Yatenga Historique à rester au chevet de ce comité d’initiatives dans la conduite de ce processus de concertations pour aboutir à un pacte inclusif

 Pour la présidente de l’association Grand Yatenga Historique , Me Antoinette  Ouédraogo, il n’y a pas à tergiverser  sur la nécessité de l’élaboration d’un pacte concourant au mieux  vivre ensemble au Zondoma. Elle martèle que le développement de la province stagne sinon recule à cause de la désunion de ses habitants et ressortissants, incapables de se retrouver  autour d’une vision commune pour impulser une dynamique de développement.  En plus de la province du Zondoma, le Grand Yatenga Historique selon sa présidente  se donne pour mission  de rassembler  les citoyens du Soum, du Bam, du Yatenga, etc autour de valeurs communes et d’intérêts communs. Elle a traduit l’engagement du Grand Yatenga Historique à rester au chevet de ce comité d’initiatives  dans la conduite de  ce processus de concertations pour aboutir à  un  pacte inclusif.

Birgui Julien Ouédraogo et Bernard Lédéa comme repères

A son tour le professeur Laya Sawadogo a intervenu pour faire découvrir les faits historiques, les valeurs et les liens qui caractérisent les ressortissants du Grand Yatenga Historique. Les faits d’armes d’illustres fils du Zondoma   à l’image de feu Birgui Julien Ouédraogo et Bernanrd Léadéa Ouédraogo ont été magnifiés au cours de cette rencontre, comme  pour demander à la génération actuelle de s’inspirer des œuvres gigantesques qu’ils ont   réalisées au profit du Zondoma et du Burkina

                                      Paix facteur de développement  

Enseignante Chercheure à l’Université Thomas Sankara, Médiatrice de l’Union Africaine, Membre de Leaders pour la Paix, Dr Jusitine Coulidiati-Kiélem a traduit son admiration quant à  cette idée des ressortissants du Zondoma  de s’asseoir autour d’une même table  pour chercher les conditions de l’unité et de la cohésion pour bâtir le développement de la province. Elle a fortement martelé que le développement et la paix sont indissociables. Insiste-t-elle, le territoire du Grand –Nord représente  un enjeu géopolitique, stratégique et économique majeur et il est urgent que ses forces vives  s’unissent  pour préserver ce riche héritage  convoité de partout.

                                                          Approche endogène

 Soulignant l’efficacité des méthodes endogènes à susciter  l’entente et la cohésion au sein des communautés, Dr Justine Coulidiati / Kiélem a apprécié le choix du comité d’initiative  et de son facilitateur de s’adosser aux  coutumiers et aux  religieux  afin d’enclencher  ce processus de la  réconciliation. Elle a invité les missionnaires  à persévérer, à faire en sorte que le Zondoma soit l’exemple vivant du mieux vivre ensemble, de la paix, de la fin des attaques terroristes,  du mensonge et de la politique politicienne.

                                                          Synthèse des échanges

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Faisant la synthèse des débats, Raogo Antoine Sawadogo a fait remarquer qu’à la  lumière des interventions, les coutumiers, les religieux et les organisations de la société civile présentes ont traduit leur adhésion et leur disponibilité à être  des ambassadeurs de cette  quête de  réconciliation entre fils et filles du Zondoma.

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Il soutient également que de nombreuses contributions ont été recueillies  pour documenter  le pacte de l’entente et de la cohésion sociale pour le développement. Afférentes aux perspectives, il a  avancé que les échéances se poursuivront après les récoltes.

                                               Tenue d’un atelier pédagogique

Tout comme le Naba –Baongo de Gourcy, Raogo Antoine Sawadogo a souligné la pertinence  de l’organisation d’une autre rencontre élargie à d’autres composantes sociales de la province pour partager et enrichir le document du pacte.

Il a été convenu de l’organisation d’un atelier pédagogique  pour recueillir des décisions consensuelles associées à  des actions  de développement concourant au développement durable et à la prospérité de la province du Zondoma.

Faso nord info

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