MPP /Yatenga : Les militants à l’école de l’engagement politique de feu Salifou Diallo

« Parcours politique d’un militant : cas d’école de feu Salifou Diallo ». Voici le thème de la conférence publique organisée  par la section provinciale du MPP/Yatenga le samedi 28 aout 2021 dans le cadre de la commémoration du 4ème anniversaire du décès de l’ancien président de l’Assemblée nationale, feu Salifou Diallo. Une conférence publique agrémentée par  une présentation d’un film documentaire à travers lequel, les compagnons politiques et autres connaissances de l’illustre disparu retracent des hauts faits d’armes.

Expliquant l’importance de cette activité, le président de la fédération du MPP /Nord, Smaila Ouédraogo  indique que  la commémoration  du  décès de leur ancien leader  Salifou Diallo est un moment important dans la vie du parti. il soutient qu’il est temps de fermer la page des pleurs et des lamentations et de faire en sorte que cette commémoration soit un moment  de découverte , de partage et d’appropriation de  l’engagement de celui qui a marqué la vie politique burkinabé ces 30 dernières années . Il invite les militants à s’inspirer de l’exemple du combat politique de celui-là que bon nombre  se plaisaient à appeler le « Grand leader ».

Qui mieux que le coordonnateur du projet de services et d’appui-terrain (PSAT)  Burkina-Niger, Gervais Nadembéga  pour retracer le parcours politique et l’engagement militant du défunt président du parti du soleil levant. Smaila Ouédraogo le présentera comme  un ancien compagnon de Salifou Diallo, un membre du bureau politique national du MPP, un des administrateurs de l’école de formation  politique Kwamé N’kruma du MPP.

Aux premières heures de la naissance du dit parti, Gervais  Nadembèga, à entendre le président de la fédération du MPP /Nord est celui-là qui a cédé son bâtiment R+1 pour servir de siège de cette  école de formation politique. 

                                    Se démarquer du culte de la personnalité

Le communicateur du jour  a saisi l’honneur à lui accordé avec prudence. « Au regard de l’envergure multidimensionnelle de l’homme, je ne saurai prétendre mieux le connaitre ». Pour éviter donc de se verser dans le culte de la personnalité, où d’omettre des moments importants de sa vie, Gervais Nadembèga a jugé mieux de faire promener une caméra chez certains compagnons de lutte du défunt  pour recueillir leurs versions sur son parcours.

Il a introduit  son film  par un témoignage de l’actuel président Roch Marc Christian Kaboré. « C’était un homme engagé qui ne ménageait pas son temps et son énergie pour le bien-être du Burkina Faso et de son parti. Tout le temps que nous avons passé ensemble, c’était un temps d’équilibre, puisqu’évidemment, on avait un tempérament  différent en politique, mais ce sont des tempéraments complémentaires qui nous permettaient d’avancer avec beaucoup d’efficacité dans ce que nous faisons »,a relaté le cofondateur du MPP.

                          Attaque de Salifou Diallo, réplique de Basile Guissou

 Politologue bien connu, acteur au premier plan de la révolution de Thomas Sankara,  le  professeur Basile Guissou a aussi apporté son témoignage.  Sa connaissance avec  Salifou  Diallo date de  septembre 1983 à Dakar. Parti au pays de la Téranga   pour une conférence de ministre alors qu’il dirigeait le portefeuille du ministère du Tourisme, il y rencontrera Salifou Diallo alors étudiant qui lui balancera  à la figure qu’il est membre d’un régime qui veut faire passer un coup d’État pour une révolution. Comprenez qu’à l’époque le natif du quartier  Kolkom de  Ouahigouya défendait la cause d’une  révolution nationale  populaire  pure et dure. Il se méfiait de la révolution démocratique et populaire proclamée par le président Thomas Sankara et ses partisans. Basile Guissou confie  avoir été obligé de tenir un cours d’histoire avec son contradicteur, lui retraçant les fondements de la révolution en Union Soviétique.

                                          Dans les rangs du CNR

Par la suite, informe  Laetare Guissou alors qu’il est passé ministre des Affaires étrangères et de la Coopération   , Salifou Diallo   de retour de ses  études, est passé  à son bureau pour lui annoncer qu’il accomplissait son service national populaire au ministère de la justice et qu’il a rejoint les rangs du CNR. Quand l’ancien directeur de cabinet du tombeur de Thomas Sankara  a été élevé au rang de  ministre de l’Environnement, évoque l’ancien directeur du Centre national de la recherche scientifique et technologique (CNRST), il m’a appelé en tant qu’ancien ministre, le seul d’ailleurs à me faire cet honneur pour me demander  de répertorier sur une fiche les problèmes que j’ai  rencontrés, comment ils ont été résolus, ce qui reste à faire. Basile Guissou affirme s’être  prêté  volontiers à cet exercice.  Il dit avoir répondu aussi à une sollicitation de Salifou Diallo lui   demandant  de lui désigner un chercheur qui conduira le projet d’aménagement  du parc  urbain Bangrewéogo.  « C’était  un baroudeur en matière politique, c’est un camarade irremplaçable », confesse Basile Guissou à la fin de son récit. 

                                              L’affaire Dabo Boukary

Autre pan de la vie de Salifou Diallo, c’est sa connexion avec les défenseurs des droits de l’homme. Me Halidou Ouédraogo le raconte avec une dose de sincérité et forts  détails. «  Il a été l’homme qui a  contribué à l’édification du MBDHP en 1989. Il a été  suspendu par la suite  conformément au texte du mouvement quand il a été nommé  au gouvernement », martèle –t-il. Il apportera aussi des précisions sur l’affaire Dabo Boukary, réaffirmant que l’ancien tête d’affiche du MPP a été celui-là qui a fait libérer  l’étudiant assassiné à sa première arrestation. Foi de l’ancien président du MBDHP, Dabo Boukary a été torturé à mort à la suite d’une seconde arrestation par des militaires pendant que Salifou Diallo était en déplacement. Insiste Halidou Ouédraogo,  ceux-là qui lui prêtent l’intention de vouloir dédouaner son frère  dans l’affaire de l’assassinat de Dabo Boukary lui font un mauvais  procès. Il dit simplement apporter sa part de vérité. Soulignant qu’il n’a pas toujours partagé les mêmes positions que l’ancien bras droit du président Compaoré , Halidou confesse cependant, que le départ de son jeune frère laisse un vide incommensurable. Il lui reconnait être un homme de convictions qui défendait courageusement ses idées comme le faisait Thomas Sankara le père de la révolution burkinabé.

                               Social et fidèle en amitié

Ibrahim Sanogo, lui également a trainé sa bosse avec Salifou Diallo à l’Université de Ouagadougou. Ils étaient des complices mais militaient dans des structures syndicales différentes qui s’en voulaient  à mort. Le syndicat où Salifou militait prônait la démarcation physique avec les autres, mais à en croire Sanogo, l’adepte de l’UGEB orthodoxe  trouvait un temps pour débattre avec ses contradicteurs du M21. Il avoue que derrière la carapace dure de celui dont on continue de pleurer la disparition, se cache un homme social, fidèle en amitié, toujours prêt à aider ses anciens camarades et à soutenir les jeunes. Il ne finit pas de citer le nombre de personnes à qui  il a financé les études, des frais de  soins, d’évacuations  et autres.

                                      Artisan de l’insurrection populaire 

Se proclamant grand ami de Salifou Diallo, Emile Pargui Paré dit avoir été celui-là qui a convaincu Salifou Diallo à rejoindre la révolution démocratique et populaire. Ils se retrouveront en 1987 pour dérouler des actions du régime du front populaire.  Ils se sépareront dans les années 90 quand Salifou Diallo lui a confié que Blaise Compaoré ne voulait plus entendre parler de communisme. Leurs chemins se croiseront encore en 2014 à la création du Mouvement du Peuple pour le Progrès (MPP). Emile Paré chante à qui l’entendre, le rôle majeur que son   complice a joué pour donner forme à l’insurrection populaire et à la victoire du président du Faso Roch Christian Kaboré en 2015. Même quand ils ne partageaient pas la même vision politique l’un veillait sur l’autre. «  A une certaine époque où les exécutions physiques étaient monnaie  courante, je pense que Salifou Diallo était celui-là qui me protégeait » pince sans rire le surnommé «  chat noir du Nayala. >>.

                                 Grande influence dans le monde des médias

Journaliste de son état, Germain Bitiou Nama avoue que  sa relation avec Salifou Diallo date de  depuis la période estudiantine. Il retient qu’il avait l’étoffe  d’un homme d’état porteur de grandes convictions et de détermination. Il reconnait que Salifou a été un grand  stratège  politique qui a vite compris l’importance de la communication dans la mise en œuvre de ses projets et programmes. IL citera  l’accompagnement qu’il lui a demandé en termes de visibilité entre autres autour des projets comme la petite irrigation villageoise, le programme national de gestion des terroirs, la journée nationale du paysan.

Autre témoignage poignant, celui du DR  urbain Yaméogo. Il  est revenu sur  les grands chantiers déroulés par  Salifou Diallo pour promouvoir le monde rural. Entre autres actions majeures,  le projet 8000 villages, 8000 forêts, la promotion des produits forestiers non ligneux, la gomme arabique, l’anacardier, l’aménagement de la forêt  urbaine  Bangréwéogo, les constructions du barrage de Naré, Samandéni, Soum, Yakouta, la promotion de la culture de contre saison.

                          Un monument en mémoire de Salifou Diallo en Suisse

Plusieurs de la jeune génération confessent que leur parcours politique actuel a été inspiré grâce au leadership de Salifou Diallo. L’aura de cet éminent homme politique au caractère bien trempé retentit à l’extérieur du Burkina. En  témoigne ce maire d’une ville Suisse qui a érigé un grand monument en sa mémoire. Le sens du social de Salifou Diallo a été abondamment relayé par ses proches. La dernière  cité, ses détours  à Bobo Dioulasso, peu avant sa mort pour rendre visite au géniteur  de son chauffeur.

La député Hadja Fati Ouédraogo, coordonnatrice provinciale des femmes MPP du Yatenga ne finit de chanter les louanges de Salifou Diallo quant à son engagement à promouvoir l’émancipation de la femme. Elle confie qu’à de nombreuses fois, Salifou Diallo a intervenu pour sauver des couples en voie de séparation pour des  problèmes multiples. Traduisant  son regret de ne pas voir  Salifou Diallo écrire sa bibliographie avant de quitter ce monde , Gervais Nadembega insiste pour inviter l’ensemble de la jeunesse  à s’informer sur son parcours, à  s’en inspirer, à  se l’approprier et à  en faire un exemple d’engagement pour mieux porter les intérêts des masses laborieuses .

Faso nord info

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