16ème édition de la JNRC : La corruption dans l’exécution des marchés publics au cœur des débats au Nord

Le samedi 18 décembre 2021, le Comité Régional Anti-corruption du Nord (CRAC-N) a organisé un panel de renforcement de connaissances de la population de la région du nord sur la corruption. Cette initiative entre en droite ligne dans le cadre des activités de la 16ème édition des Journées Nationales de Refus de la Corruption (JNRC). Avec pour thème central : « Transparence et lutte contre la corruption dans l’exécution de la commande publique : cas des bâtiments et travaux publics », trois sous- thèmes ont été développés à l’occasion.

Les participants ont attentivement suivis les différentes communications.

 « Les mécanismes de passation des marchés dans le cas des bâtiments au Burkina Faso », c’est le premier sous -thème présenté à ce panel. Benjamin Rodrigue Ahossouhe, chef de service des contrôles au niveau de la Direction Régionale de l’habitat et de l’urbanisme  fut le présentateur de cette communication.

Benjamin Rodrigue Ahsouhe , chef de service des contrôles à la direction régionale de l’Habitat et de l’Urbanisme du Nord

Pour sa part, les services de l’habitat ont pour mission de valider toutes les études techniques et les accompagner dans l’exécution des travaux publics s’il ya une convention avec les collectivités territoriales. Toutes les difficultés et cas de corruption interviennent dans la mesure où cette phase de convention habitat et collectivités territoriales n’est pas respectée. Pour le cas de la région du nord, le véritable problème est que la Direction Régionale de l’habitat et l’urbanisme n’opère pas de mission de suivi des travaux publics. Cette défaillance s’explique par le fait qu’elle n’est pas maître d’ouvrage, ni maitre d’ouvrage délégué et ni du contrôle suivi. Selon lui, cela est dû au fait que les bâtiments qui sont construits, ce sont des entreprises privés entre elles qui sont actrices. Donc en conséquence on a toujours des problèmes sur ces bâtiments conclut-il.

A l’issue de la communication s’en ait suivi avec la deuxième et cette fois-ci sous le thème : « Manifestation de la corruption dans l’exécution de la commande publique ». Présentée par Dominique Zongo, Directeur Régional des infrastructures et du désenclavement du nord, elle a porté sur les aspects suivants : La définition  des termes et les principes des marchés publics, l’exécution des grandes étapes des marchés publics notamment des travaux et les défis rencontrés dans ces exécutions qui sont d’ailleurs les principales raisons de la corruption à leur niveau.

Le directeur régional des Infrastructures et du désenclavement au Nord, Dominique Zongo

Le DR Zongo a salué cette initiative du CRAC-NORD car cela leur a permis d’exposer sur les difficultés rencontrées dans la passation du marché public jusqu’à la clôture.  A l’entendre,la corruption se manifeste à leur niveau dans la méthode des paiements, le non respect du contrat d’exécution et les modalités de réception. C’est pourquoi, il invite l’ensemble de la population du nord à la veille citoyenne pour mettre un terme à ce fléau.  

Nebéila Bationo , professeur de lycée à la retraite a présenté la communication sur le rôle et la place du contrôle citoyen dans l’exécution de la commande publique

La dernière communication a porté sur le thème « le rôle et la place du contrôle citoyen dans l’exécution de la commande publique ». Elle a été développée par M. Nébila Bationo enseignant à la retraite, membre du CRAC-NORD. Pour lui, le citoyen est le meilleur technicien en matière de contrôle car c’est lui le premier bénéficiaire de tout projet.  Le contrôle citoyen poursuit-il, ce sont les députés, les conseillers municipaux et l’ensemble des citoyens qui ont le devoir de l’exécuter. Le contrôle a une base juridique et légitime. Rendre compte ou demander des comptes, c’est l’un des principes de la démocratie participative de tout citoyen dans le processus de l’exécution des commandes publiques, a-t-il laissé entendre. C’est-à-dire que le citoyen peut demander des comptes à tous ceux qui représentent l’État, ou les collectivités ou ceux qui  sont employés pour la mise en œuvre du projet. 

Le président du CRAC-NORD a fortement apprécié la participation du public au débat

Après ces phases de prestation des communicateurs, place aux échanges. Les participants ont beaucoup apprécié les contenus des communications. Ce fut aussi l’occasion pour certains de poser des questions sur ces messages livrés par les panélistes.

C’est le cas de Tidiani Sawadogo, porte-parole du Mouvement Sauvons le Yatenga dont l’inquiétude était de savoir si quel est le rôle exact des directions consacrées à des infrastructures de la région du Nord ? Que font les agents pour améliorer la qualité des infrastructures au-delà du suivi citoyenne ? Quel est le rôle et l’attribution d’un maitre d’ouvrage et sa responsabilité dans l’exécution des travaux publics ? Si la Direction de l’habitat ne peut pas apporter des recommandations dans la mesure où elle n’est pas été associée à un projet, qu’est ce que l’État prévoit comme sanction si réellement les travaux sont mal exécutés? c’est la préoccupation de Amadou Compaoré un des participants.

Les panélistes ont apporté des éléments de réponses à toutes ces questions posées, mais il ressort que jusque là le gouvernement n’a pas encore entrepris des mesures de sanction contre les entreprises qui exécutent mal les travaux publics dans les conditions que ces derniers ne sont pas associés aux structures administratives. La plupart des entreprises de nos jours sont employées à titre privé où par les collectivités territoriales.

Le président du CRAC-NORD, Somgalian Sawadogo

Le président du CRAC-NORD, Somgalian Sawadogo a apprécie la pertinence des différentes communications et la participation des invités aux débats. Il a regretté la non implication des structures déconcentrées de l’administration dans le suivi des réalisations des infrastructures publiques. Il précise que le RENLAC dans ses actions de veille mettra le doigt sur ce dysfonctionnement.  Estimant que la corruption est un frein pour le développement, Somgalian Sawadogo a  invité les organisations de la société et les citoyens à soutenir le combat porté par le RENLAC. « Chacun à son niveau peut dénoncer les cas de corruption rencontrée ou en informer au RENLAC qui se charge de mener les investigations et de de prendre les mesures qui s’imposent » plaide-t-il. 

                                     Inoussa Ouédraogo (stagiaire)    

Partager

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *