21éme anniversaire de la mort de Norbert Zongo à Ouahigouya : Appel à une révolution nationale démocratique et populaire 

 

Ouahigouya, 13 Décembre 2019, les militants du Collectif des organisations de masses et des partis politiques (CODPMT) et de la Coalition contre la vie chère (CCVC) ont organisé au siège de l’Ecole démocratique et populaire (EDP), une conférence Publique pour la célébration du 21ème anniversaire de l’assassinat du journaliste Norbert Zongo et ses compagnons à Sapouy. Cette conférence publique sur   le thème « 13 décembre 1998-13 Décembre 2019, 21ème anniversaire de l’assassinat de Norbert Zongo, leçons et perspectives. » a été animé 3 heures durant par Bembamba Nongdo Constant du bureau exécutif national de la F-SYNTHER.

 

 

 

 

21 ans après, les militants du collectif des organisations de masses et des partis politiques contre les crimes de sang et l’impunité et ceux de la coalition contre la vie chère restent toujours mobilisés pour demander justice pour Norbert Zongo et ses compagnons. En témoigne leur forte mobilisation à cette conférence publique. Considérant que la collaboration de la justice française à faire extrader François Compaoré, le présumé commanditaire de ce crime odieux   constitue une victoire d’étape, ceux qui ont toujours lutté pour donner suite à ce dossier n’entendent pas baisser les bras.

Dès l’entame de son propos, l’orateur du jour a voulu bien faire un briefing des années 1990, tirant à boulets rouges sur les institutions de Bretton Woods et les dirigeants du pouvoir actuel et ses opposants. « C’est à cette période que nous allons assister à la privatisation sauvage de l’économie burkinabè avec tout son cortège de malheurs. C’est également à cette période, que le premier ministre chef d’orchestre de cette politique, un certain Roch Mark Christian Kaboré et le ministre de l’économie un certain Zephirin Diabré. Vous comprendrez donc que les partis politiques au pouvoir comme dans l’opposition qui s’agitent actuellement sont des caïmans d’un même marigot ». Martèle-t-il.

Continuant dans sa communication, il ajoute également, que c’est pendant cette même période que le pouvoir a érigé les escadrons de la mort avec cette phrase tristement célèbre « si tu fais on te fait et il n’y a rien. » Une situation qui a créé une grande psychose au sein de la population muselée. Un Etat presque de non droit, une porte ouverte à toute sorte d’exactions, de règlements de comptes. C’est dans ce même contexte que David Ouédraogo, chauffeur de François Compaoré trouvera la mort dans des conditions de tortures orchestrées par des éléments du RSP, précise-t-il.

Les écrits dérangeants de Norbert Zongo.

Dans ses investigations suite à l’assassinat de David Ouédraogo, nous explique le conférencier, Norbert Zongo aboutira à la conclusion selon laquelle, le commanditaire du crime pourrait être François Compaoré, petit frère du président, appelé en son temps « petit président. » Norbert Zongo fera alors de son journal la tribune des sans voix. Pour ce dernier, la mort de David Ouédraogo ne devrait pas rester impuni. Les coupables, exécutants et commanditaires doivent répondre de leurs actes devant la justice. Ses écrits commencent à déranger sérieusement le pouvoir en place.

A chaque parution de son journal, il y avait des bribes d’informations qui permettaient de mettre en lumière les auteurs du crime. Il était devenu le symbole de toute cette masse qui n’était pas d’accord mais silencieuse. Alors commenceront toutes sortes de tentatives en vue de l’intimider et de l’éliminer physiquement. Le 13 décembre 1998, Norbert Zongo et ses compagnons sont retrouvés calcinés sur la route de Sapouy. Le corps du célèbre journaliste est réduit à 5 kg de ! Dans le journal officiel, on informe l’opinion que Norbert Zongo aurait trouvé la mort suite à un « accident de la circulation », mais le paradoxe, c’est qu’il y avait des balles dans son corps. Les manifestations violentes conduisant à l’incendie du siège du CPD sont qualifiées « d’acte de vandalisme » et Simon Compaoré demande le châtiment des manifestants à la hauteur de la loi parce que cela est inadmissible. Cependant on trouvait que réduire des êtres humains en cendre était admissible, regrette   le communicateur. Le Collectif des organisations de masses et des partis politiques   est créé pour conduire la lutte dans un contexte de violations graves des droits humains. Les manifestations ébranlent le pouvoir et malgré la répression sans état d’âme, le collectif restant constant.

Leçons et perspectives

Pour Bembamba Nongdo Constant, l’assassinat de Norbert Zongo reste indéniablement l’élément déclencheur d’une crise qui évolue par palier. Une crise qui a débouché à l’insurrection populaire des 30 et 31 octobre 2014 dont le pouvoir actuel s’en revendique l’issue. Un rappel fait par le communicateur du jour qui affirme que cette situation de crise se vit toujours dans notre pays. Cet assassinat a conduit à une prise de conscience au sein de la population, lasse de ce « cycle infernal de crimes de sang et économique ». La pression populaire suite au crime odieux a démontré que c’est par   la lutte organisée que nous pouvons venir à bout du dossier emblématique et tous les autres crimes jusque-là impunis. Pour cela il invite à une élévation du niveau de conscience politique pour ne pas se laisser « duper par les sorciers politiques ». Toujours au sujet des   perspectives, il appelle à un renforcement et à un élargissement des organisations authentiques de lutte. Il invite    tous les citoyens   à s’aligner derrière le camp du peuple, pour le combat pour la Révolution Nationale Démocratique et Populaire. Au cours de son exposé toutes les questions qui font l’actualité dans notre pays ont été passé au peigne fin.

Diallo Alceny /Faso nord info

 

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