Accidents mortels dans la ville de Ouahigouya : A quand les mesures et actions vigoureuses ?

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La soirée de ce mercredi 05 juin 2019  a été véritablement macabre à Ouahigouya. Des familles ont été  encore endeuillées par le fait d’un conducteur d’un camion Benz. Roulant sur la nationale N°2 à l’intérieur de  la ville en direction de Ouagadougou  aux environs de 19 heures 00 minute, le chauffeur  qui selon certains témoins est monté sur un ralentisseur  à vive allure a perdu le contrôle de son volant.  La scène macabre est insoutenable à voir  pour les âmes très sensibles.

 

Le bilan de cette erreur de conduite au lendemain de la fête de Ramandan et à la veille du BEPC 2019 est très effroyable. Une jeune femme broyée au crane et son mari blessé, une jeune candidate au BEPC 2019 fauchée mortellement,  un jeune homme carreleur tué, aux dernières nouvelles, un des blessé évacué au CHUR a allongé la liste macabre à quatre morts. Chanceuse, une vendeuse de fruits dont la table de marchandise a été percutée par le véhicule a eu la vie sauve. Face à la violence du drame, cette rescapée s’est évanouie sur les lieux. Un autre chanceux est resté en vie pour avoir pu abandonner sa moto que le camion a brisée.

Après sa balade mortelle, le camion a traversé et détruit un kiosque situé à la porte de la plate forme maraichère Bougouroua Ouédraogo  avant  de s’immobiliser à l’intérieur de la cour. A voir le périple du camion Benz et les dégâts  causés, on ne se doute pas que le conducteur roulait en pleine vitesse. Si ce n’est de l’imprudence, pour ne pas dire de l’inconscience, qu’est- ce qui explique qu’on roule avec ce type de camions à vive allure dans une ville encore moins quand on est  en face d’un ralentisseur ? On nous dira que nul ne peut contre la volonté de Dieu.

Mais ce n’est pas pour autant qu’il ne faut pas prendre des mesures pour éviter cet homicide volontaire  qui ne dit pas son nom . Évitons ce fatalisme du genre « Le malheur arrive à tout le monde ». Les drames de ce genre sont le fait de notre imprudence , le fait de l’incivisme exacerbé , le fait du non respect et de la non application de nos propres lois .

   Respect du code de la route, réflexe obligatoire pour tout usager 

Venu sur les lieux de cette catastrophe , le maire de la commune de Ouhigouya ,  Boureima Basile Ouédraogo a pris la mesure de la situation  » Cet accident constitue un drame pour la commune .Le véritable problème dans nos villes est le fait que des camions qui ne sont pas en état de circuler , le font la nuit  .Nous allons prendre des mesures .Vous savez qu’à Ouagadougou on a interdit la circulation à un certain nombre de véhicules à certaines heures dans la ville et il y a eu des sauts d’humeur . Mais nous aussi , nous allons prendre nos responsabilités afin que ces camions ne puissent pas circuler à toute heure et que dans la ville de Ouahigouya , les gens respectent véritablement le code de route  » a martelé  le maire , Boureima Basile  sur le lieu du drame .

Voila ce qui est bien dit . Espérons que ce n’est pas juste une déclaration pour se faire bonne conscience ?  Il est tant  que l’autorité municipale comprenne  que la sécurité des personnes et des biens l’incombe entièrement et qu’elle doit s’assumer. La police municipale très téméraire avec les usagers de la route aux alentours des feux de stop doit étendre sa mission au contrôle de la régularité des véhicules en termes de visites techniques et du respect de la vitesse   en agglomération. L’incivisme dans la circulation routière  à Ouahigouya  est bien connu   et débattu. Mais l’on tarde à trouver la bonne recette pour circonscrire le fléau . Doit-on croiser les bras , pour se laisser tuer par des inconscients  qui n’ont que faire de leur vie ?

32 décès en 3 ans

Au cours d’une table ronde organisée par   l’association Feu-rouge feu -vert en 2017 , le décors de la récurrence des accidents et leur gravité dans la ville de Ouahigouya avaient été bien plantés  . En l’espace de trois ans ( 2014-2016) , il a été enregistré 760 cas d’accidents dont 640 blessés et 32 décès dans la ville de Ouahigouya . Tout en indiquant les endroits les plus accidentés de la ville , les communicateurs  qu’étaient les sapeurs pompiers et la police nationale avaient pointé du doigt les causes à savoir l’excès de vitesse , les acrobaties  sur la voie publique ; la conduite en état d’ivresse ou sous  l’emprise des stupéfiants ; la conduite sans permis de conduire; l’usage du téléphone portable en circulation; le défaut d’éclairage ; le mauvais état des véhicules et des routes , les surcharges et surnombre , la divagation des animaux  etc.

A l’analyse l’on se rend compte que ces causes ont de nos faits . Les accidents de la route ne sont entourés d’aucun mystère. Il nous  faut tous  prendre conscience de la situation et travailler à la résoudre . Du rôle de la mairie dans ce combat  , les communicateurs ont relevé la nécessité de faire déguerpir les occupations  anarchiques aux abords des voies, d’augmenter  les  feux tricolores aux alentours du marché central , de lutter  contre la divagation des animaux , d’installer  des panneaux de signalisation à certains carrefours engendrant de nombreux accidents . Si par exemple la question des feux tricolores exigent des ressources financières que la mairie n’en a pas sur le champ , la mise en pratique  des autres mesures reste   à sa portée . Il suffit d’une volonté politique pour autoriser à qui de droit de faire respecter la loi sur le terrain .  L’occupation de l’espace publique , la vitesse en agglomération , l’élevage en ville sont réglementés et il suffit de mettre les  règles en application.

Changer les mentalités

Comme quoi le taux d’accidents à Ouahigouya est connu au plus haut niveau , cette année une semaine régionale de la sécurité routière a été organisée par la direction régionale des Transports et de la mobilité humaine du 29 mars au 03 avril 2019  . A l’occasion,  on a fait cas d’une moyenne de 250 cas d’accidents sur le territoire de la région du Nord  entrainant la mort de 10 personnes par an.  De nombreuses communications et bien d’autres activités ont été organisées au cours de cette semaine en vue d’aboutir à un changement de comportement. Mais avec ce dernier accident rocambolesque soldé par la mort des  trois personnes, l’on a comme l’impression que cette sortie du ministère a été un coup d’épée dans l’eau. Mais l’on doit comprendre que le changement de mentalités ne s’opère pas en  un jour , il faut un travail dans la durée et c’est à quoi la mairie doit s’atteler pour faire d’une bonne partie de ses   citoyens  des ambassadeurs de la lutte contre l’incivisme dans toutes ses formes.

Faso-nord.info

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