Arbinda : La famine et le manque d’eau compliquent la résilience des populations

Attaquée à plusieurs reprises, plusieurs habitants du  chef-lieu d’Arbinda ont décidé  de braver  les risques  pour survivre. Des volontaires de défense pour la patrie (VDP) et des forces de défense et de sécurité(FDS)  font régulièrement la ronde  pour enrayer les attaques récurrentes des présumés terroristes. Beaucoup d’habitants des autres villages chassés par les agresseurs  se sont déplacés    pour rejoindre le chef-lieu de la commune. Arbinda connait une véritable concentration humaine. Si les habitants font preuve d’un courage immense, ils rencontrent cependant d’énormes difficultés pour se nourrir et se ravitailler en eau potable. L’école  classique suspendue depuis 03 ans a repris timidement depuis février 2021 avec des fortunes diverses.

Les VDP veillent au grin pour sécuriser Arbins

Logés à plusieurs dans des maisons, les habitants se serrent les coudes pour survivre. Dans les habitations,  chacun négocie  un petit espace pour juste poser une partie de son  corps. Difficile de s’accorder un long temps de repos, il faut dormir avec un œil à semi-ouvert.  Arbinda a accueilli de nombreux déplacés et a  du mal à les installer  convenablement. Dans cette vie de précarité, les agresseurs  sont  à l’affût et multiplient les assauts  pour occuper le chef-lieu de la commune. Leurs tentatives se butent à une forte organisation des volontaires pour la Patrie et les forces de défense et de sécurité (FDS).

                         L’engagement des VDP et des FDS

Ces temps , les voyageurs vont des aller-retour à Arbinda sous l’écorte des VDP et des FDS

Acculés dans leurs derniers retranchements, des jeunes se sont  engagés pour affronter les individus sans foi ni loi. Quand le gouvernement a instauré le recrutement des Volontaires pour la Patrie (VDP), les habitants s’en sont saisis pour mieux organiser leurs stratégies de défense. C’est incontestablement cet  engagement qui a permis de contrer les velléités d’occupations des individus armés.  L’étau a fini par se desserrer sur Arbinda au point que de nos jours, des voyageurs peuvent  y pénétrer sous l’escorte des VDP et des FDS.

                        Réouverture timide des classes

Dans la commune de Arbinda comptant plus d’une quarantaine de villages , seule l’écope A der Arbinda a rouvert ses portes avec 12 classes dont 9 classes au CP1 , une classe au CM2 , une classe au CM1 et une de CE2

A l’instar d’autres communes de la province du Soum, à cause des menaces terroristes,  les écoles ont été  fermées et les cours suspendus depuis 3  ans. La grande partie des enseignants ont été redéployés. Cependant, depuis le mois de février 2021, l’éducation se met timidement en branle à Arbinda avec  la réouverture de l’école A, comptant 12 classes avec 12 00 élèves, preuve que ceux qui se chargent de la sécurité de la commune tiennent le bon bout.  C’est un véritable retour à la case départ parce que de ces 12 classes, 9 classes sont occupées par de nouvelles recrues en classe de CP1. Pour le reste, il y a une classe de CM2, une classe de CM1 et une classe de CE2.  Les classes de CP1 comptent chacune  en moyenne 150 élèves.

            Une école qui manque de tout

L’administration scolaire est animée par 5 enseignants titulaires et 10 volontaires

L’administration scolaire est animée par 5 enseignants  et 10 volontaires formés dans les écoles nationales d’enseignement du primaire attendant d’être recrutés par l’Etat. Confrontés à plusieurs difficultés, les enseignants consentent d’énormes sacrifices pour faire fonctionner l’école   . Manque de table-bancs et de documents pédagogiques, un seul guide de calcul pour 9 classes de CP1, cantine scolaire insuffisante, manque d’eau pour la préparation, les problèmes sont nombreux. « Comprenez que les cours ont été suspendus depuis 3ans, ce qui fait que le niveau des élèves est très bas dans les classes de CE2 ; CM1 ; CM2.Au cours élémentaire première année aussi, la pléthore des effectifs complique le travail des enseignants » fait remarquer le directeur de l’école.

il arrive que femmes et enfants passent deux jours à un point d’eau à la recherche du liquide précieux

Il confie qu’il  faut débourser une importante somme d’argent pour se ravitailler en eau et en bois alors que les parents éprouvent des difficultés pour payer les cotisations. Avec la relative  accalmie régnant de nos jours à Arbinda, les populations donnent l’impression de souffrir plus du manque d’eau et de la nourriture que des  crépitements des armes.

Yeux rivés sur le gouvernement

Le vice-président CVD souhaite ardemment que l’État trouve des solutions idoines aux difficultés qui menacent le vivre ensemble Arbinda rencontre présentement

A entendre le vice-président du conseil villageois de développement (CVD), Adama Zaré, seul le Programme alimentaire mondiale (PAM) alimente Arbinda en denrées alimentaires. Cette institution déploie chaque mois des vivres pour 3000 déplacés alors qu’Arbinda enregistre 53000 déplacés et 18000 anciens résidents.

La recherche de l’eau occupe le quotidien des hommes et des femmes à Arbinda


Adama Zaré pointe également du doigt le calvaire que rencontre la population pour se procurer le liquide  précieux. «  Un bidon de 20 litres coute 150 FCFA et pour l’avoir il faut passer toute une journée » pince sans rire le CVD, la mine grave. Cette pénurie d’eau  regrette-t-il, est aggravée par les pannes des forages au nombre de 6  dont 3 de la mission catholique et 2 de la mairie.

Le vice-président du CVD et le directeur de l’école ont tous les regards rivés sur l’Etat afin qu’il prenne des dispositions particulières et urgentes  pour dynamiser le secteur de l’éducation et réduire la souffrance au sujet des besoins vitaux. 

Inoussa Ouédraogo  

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