Candidatures MPP aux législatives 2020 : Ces critères d’évaluations bancales

L’actualité politique a été marquée le weekend des 8 et 9 aout 2020 par l’évaluation des postulants du MPP à la candidature des élections législatives 2020 pour la députation dans les différentes provinces du territoire national. Cet exercice qui se voulait une occasion pour vérifier si les postulants sont connus à la base manque d’objectivité et de crédibilité au regard des réponses à certains points du questionnaire d’évaluation.

Il reviendra à la haute hiérarchie de parti de faire le classement des listes gagnantes à la suite des appréciations des comités provinciaux d’évaluation et du comité national de vérification

Parti crée par des transfuges du Congrès pour la démocratie et le Progrès (CDP), le Mouvement du Peuple pour le progrès continu d’appliquer certaines méthodes de son actuel rival, parmi lesquelles, la stratégie du choix de ses candidats aux élections législatives. Celle –ci  consiste  à faire un appel à candidature, permettant à n’importe quel militant de déposer son dossier soumis  par  la suite  à l’appréciation d’un collège provincial d’appréciation. Ces résultats sont transmis à un comité national de vérification et d’appréciation qui se chargera de les traiter avant transmission au bureau exécutif national à qui il revient de communiquer les listes définitives, dites gagnantes.

ils sont 494 postulants pour la candidature à la députation au compte du MPP pour 294 à retenir sur les listes définitives

Les dossiers faut-il le souligner sont déposés au siège national du parti avec des copies enregistrées à la section provinciale du ressort territorial de chaque candidat. Pour que le dossier soit réceptionné, en plus des documents administratifs (acte de naissance, casier judiciaire, certificat de nationalité), il faut adjoindre la carte de militants, les reçus des différentes cotisations et le reçu des frais de dépôt à hauteur de 200 000 CFA.

                                        494 candidats pour 294 à retenir

Faisant le bilan de l’appel à candidature à la fin de la période indiquée, le MPP a annoncé avoir enregistré 494 candidatures (titulaires et suppléants) pour 294 candidats à retenir. Comme pour contenir les ambitions démesurées, les contestations, les échauffourées et les démissions, les accusations sur les élans de favoritisme des décideurs du parti, le MPP a cru bon de convoquer ses candidats pour expliquer le mode de désignation et faire des mises en garde contre d’éventuels comportements affectant la discipline au sein du parti.

Le président du MPP , Simon Compaoré aura-t-il, la poigne pour contenir exacerbation des remous après la publication des listes définitives

Traduisant sa volonté de matérialiser une démocratie à l’interne du parti, les différentes candidatures ont été soumises à l’appréciation des différents comités d’appréciation les 8 et 9 aout dernier. Les évaluateurs sont les responsables des sections et certains membres des sous-sections qui se réunissent en l’absence des postulants pour se soumettre à l’exercice d’appréciation sur la base d’un questionnaire ventilé par la hiérarchie du parti. A l’analyse des résultats et des dires de certains évaluateurs, les réponses à certaines questions transpirent la mauvaise foi et la volonté manifeste d’humilier ou de barrer la route à certains candidats.

                                                 Manque de crédibilité

Quelle est la crédibilité de certaines notations créditant des candidats de ne pas avoir 18 ans, de n’être pas à jour de leurs cotisations, d’être poursuivis par la justice etc. Alors que bien avant, si les candidats ne remplissaient pas ces conditions, leurs dossiers ne sont pas réceptionnés. La politique étant le domaine où tous les coups sont permis, certains groupes ont constitué des lignes de défense, pour ne pas dire des fronts de nuisance pour téléguider l’affectation de notes fallacieuses à leurs adversaires. Vous comprendrez que dans ces conditions, les ‘’oui’’ et les ‘’non’’ que certains compilent pour s’attribuer des classements est loin de la réalité politique et de leur popularité sur le terrain.

C’est l’heure des régalements de compte et des crocs en jambes à sonner , et mème certains dinosaures du parti pourraient se faire avaler

Le parti a beau crier sur tous les toits que cet exercice d’appréciation n’autorise pas un classement, ni une quelconque liste définitive, les manipulateurs en chef n’en ont cure. A peine la séance finie que les courtisans de service compilent les ‘’oui’’ et les ‘’non’’ pour les déverser sur les réseaux sociaux comme pour empêcher le comité national de vérification et de validation et le bureau exécutif national d’opérer des réajustements. Certainement le comité de vérification ne manquera de relever ces contre-vérités. Sauf qu’il se trouvera que les instigateurs auront atteints leur but en se présentant comme les plus méritants.

                                            Faire preuve de retenue

Certains instigateurs de ces classements oublient que de par le passé, des derniers à la suite des appréciations des comités provinciaux, ont été hissés aux premières loges des listes définitives communiquées par le bureau exécutif national. Espérons que ces mêmes, spécialistes dans les combines auront la décence de ne pas surfer sur la contestation et la division au moment de l’officialisation des listes. Dans tous les cas, la hiérarchie du parti ne s’en voudra qu’à elle-même pour avoir établi un questionnaire laissant libre à des réponses fallacieuses. Pour être un exercice laissant libre cours à des supputations et à des interprétations diverses, il sied que les questionnaires soient rigoureux avec des consignes d’appréciation bien claires.

                         L’homme qu’il faut à la place qu’il faut

Les politiciens savent bien se chatouiller pour rire parce que si le parti devrait se baser sur les résultats des évaluations de certains comités provinciaux, il court à sa perte et les grands perdants seront plus nombreux parmi les têtes pensantes des combines. Quand on a eu sa main dans la mise en place des structures de base, on peut user de manigances et de roublardises pour se faire une place au soleil à l’occasion de telles occasions d’évaluation, mais attention à ne pas se faire surprendre à l’heure de la vérité, car une poignée d’individus dans une salle ne peut élire un député. La sanction de la base pourrait être plus fracassante contre ceux-là qui ont manœuvré pour se présenter comme les champions.

Certains se disent engagés pour voter le candidat du parti à la présidentielle tout en brandissant la menace d’un vote sanction si les listes aux législatives ne répondent pas à leurs attentes

Les législatives à venir s’annoncent très disputées et gare au parti qui ne mettra pas l’homme qu’il faut à la place qu’il faut. Si l’exercice de la démocratie interne dont le MPP veut se targuer en usant de cette stratégie pour désigner ses candidats est moins évident, elle permet au moins la collecte d’un trésor de guerre par le paiement des cotisations et des frais de dépôt. Rien qu’avec les 494 candidatures et avec le versement des 200 000 FCFA par chaque candidat, le parti engrange 98 800 000 FCFA sans compter les cotisations annuelles où nombreux sont ceux-là qui cumulaient des retards de paiement. Il reste maintenant à se demander si cette somme sera suffisante pour colmater les déchirures et les remous qui, certainement ne manqueront pas après la publication des listes définitives.

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