Célébration de la 162e journée de la femme par la CCVC-Yatenga : Pour votre salut, rejoignez la lutte révolutionnaire

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A l’occasion de la journée internationale de la femme, le siège de l’Ecole Démocratique et Populaire (EDP) de Ouahigouya a servi de cadre d’échanges, ce 8 mars 2019 entre les militants de la Coalition Contre la Vie Chère (CCVC). C’est à travers une conférence sous le thème « rôle et place de la femme dans les luttes de masses populaires » que militantes et militants des différentes structures de la CCVC ont discuté.

Pour planter le décor, les animateurs sont revenus d’abord sur l’historique du 8 mars et le contexte dans lequel la présente commémoration est célébrée. La célébration de la journée internationale de la femme tire ses origines de plusieurs facteurs notamment, la révolution industrielle. Pour se créer plus de profit, les capitalistes se sont adonnés à une « exploitation outrancière des femmes et des enfants dans les industries. C’est ainsi que le 8 mars 1857, les couturières de la ville de New York sont descendus dans la rue pour exiger de meilleures conditions de travail à savoir la réduction de temps journalier de travail de 16 heures à 10 heures ainsi que des salaires égaux à ceux des hommes, elles subiront une répression farouche de la part de la bourgeoisie en place ». expliquent-ils.

Par la suite, plusieurs luttes seront menées et subiront le même châtiment de la part de la bourgeoisie. C’est ainsi que la journée de 8 mars a été retenue comme « journée de la femme ouvrière ». la commémoration de cette année se tient dans un contexte de crise plus accrue du système capitaliste impérialiste sur tous les plans, cependant on assiste à une montée des luttes des travailleurs, des ouvriers et des paysans pour une amélioration de leur condition de vie, précisent-ils.

Du rôle de la femme et de sa place dans les luttes populaires

Dans cette partie qui constitue le thème central de la conférence, il a été question de donner quelques exemples de contribution des femmes aux luttes pour leurs droits et pour un progrès de leurs sociétés. Ainsi donc le 8 mars 1914 en Allemagne, des femmes manifestent pour le droit de grève qu’elles obtiendront 4 ans plus tard. C’est pour réclamer du pain et le retour de leurs maris partis au front, que les femmes ont manifesté le 8 mars 1917 en Russie.

Pour revenir au Burkina Faso, à Ouahigouya comme dans plusieurs autres localités en 2008, c’est spatules, casseroles et sacs de céréales vides en main, qu’elles ont manifesté leur mécontentement face à la cherté de la vie. Egalement, pas plus tard qu’en 2018, les femmes de Oufré, secteur 11 de Ouahigouya ont pris d’assaut les locaux de l’ONEA pour exiger la fin des coupures d’eaux qui durent depuis trois mois, elles obtiendront gain de cause dans la même soirée. C’est au regard de cette situation que les conférenciers ont souligné qu’aucune femme ne peut s’émanciper si son peuple est toujours sous domination, pour dire que la femme doit lier sa lutte pour son émancipation à celle de l’humanité tout entière. Pour KONE Noëlla, responsable du comité F-SYNTHER du Yatenga « les politiques actuelles ne peuvent être la panachée à la condition féminine, et l’histoire a démontré que c’est toujours par la lutte que les femmes ont engrangés de grands acquis allant dans le sens de l’amélioration de leur condition de vie, c’est l’occasion de lancer un appel aux femmes de rejoindre les structures authentiques de luttes pour plus d’organisation pour notre émancipation véritable  ».

Eduquer nos enfants sur le même pied

Selon les conférenciers du jour, certaines pesanteurs sociales ne favorisent pas l’indépendance de la femme et pour qu’elle s’émancipe véritablement et joue pleinement son rôle dans la société. Les parents doivent éduquer les enfants, filles comme garçons, dans les mêmes conditions. Il faut entendre par là que les corvées doivent être reparties de façon équitables. A  entendre Cheik Ouedraogo, secrétaire général de la CGTB/nord, « nous contribuons d’une manière ou d’une autre à perpétuer certaines pratiques féodales, combien sont ces gens qui demandent à un garçon de faire la vaisselle ? S’interroge-il, et on trouve que c’est normal. On se dit que la femme est faite pour les taches ménagères et l’homme peut se donner plus de liberté, de temps de jeu et d’apprentissage », c’est ainsi que l’on sème l’esprit de soumission en ces dernières et la condition féminine reste inchangée.

Nombreux sont ceux qui pensent, qu’une femme ne peut être au devant des hommes »

A la question de savoir, si aujourd’hui les femmes sont capables, au regard de leur niveau intellectuel de diriger, la réponse  est claire, « nombreux sont ceux qui pensent, qu’une femme ne peut être au devant des hommes », la femme a des compétences et des ressources, il suffit simplement qu’elle soit dans les mêmes conditions favorables que les hommes pour le prouver, martèle-t-elle ! Également pour ces derniers, la célébration du 8 mars est aujourd’hui vidée de son réel contenu par les autorités, cette journée est l’occasion pour les femmes de faire le bilan de leurs conditions d’existences et de proposer des perspectives pour une meilleure prise en compte de leurs préoccupations. Les participants ont proposé à ce que les femmes s’investissent plus dans les structures de luttes à caractère révolutionnaire et toujours selon ces derniers il faut que ces structures travaillent à mener des activités à mêmes de les mobiliser.

Perspectives pour une meilleure prise en compte des préoccupations de la femme

Pour une participation effective des femmes aux luttes populaires, plusieurs défis sont à relever.  il s’agit entre autres de celui de l’éducation. La femme doit avoir pleinement accès au bénéfice du savoir et de la science, son pouvoir économique doit être amélioré, c’est ainsi que son émancipation vis-à-vis de l’aliénation féodale pourra prendre fin, nous expliquent les animateurs du jour. Les activités se sont poursuivies dans la soirée à travers un match de football qui a opposé militantes et militants de la CCVC. C’est à travers une séance de sensibilisation sur la gestion de la ménopause qui se tiendra le samedi 16 mars que la commémoration de la journée internationale de femme prendra fin.

Alceny DIALLO   stagiaire

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