CHU de Ouahigouya : Cet inquiétant wc à ciel ouvert

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 Parti au centre hospitalier universitaire de Ouahigouya le lundi 20 février dernier  pour bénéficier d’une prise en charge   d’une mission de chirurgiens spécialistes pour une anomalie au niveau des pieds que je traîne depuis un bout de temps, je me tournais les pouces en attendant mon tour. Me rappelant des multiples mots d’ordre de protestations et les dénonciations d’organisations de la société civile ou de simples citoyens afférents aux dysfonctionnements dans les services   de ce centre hospitalier universitaire, je me suis décidé à faire le tour pour me convaincre s’il y a eu des changements.

 

Le novice que je suis ne pouvait que constater la belle architecture des bâtisses, mais pour ce qui passe dans les bureaux et salles de consultations, il m’était impossible de faire un diagnostic à vue d’œil. Continuant ma promenade, je serai face à une situation pour le moins inimaginable. Tenaillé par les odeurs nauséabondes à un certain endroit, j’ai été obligé de boucher mes narines afin de mieux mesurer  l’ampleur de cette pratique indigne dans une structure sanitaire. Je n’en croyais pas de mes yeux.  Des individus qui défèquent librement dans l’enceinte d’un centre hospitalier universitaire, cela est impensable. Pourtant la réalité était là, triste, merdique. Interloqué, cherchant à comprendre les raisons de ce laisser-aller si non le laxisme des dirigeants de ce CHU, de nouveaux clients venaient déféquer sans le moindre gène. D’autres apparaissaient furtivement et jetaient des urines ou des excréments de leurs enfants, sans se sourciller de rien.  Ce que j’ai oublié de préciser bien avant est que l’endroit est envahie par les herbes sèches. Ne cessant de me poser des questions sur la portée des campagnes de sensibilisation sur l’hygiène qu’un autre incident apparaît. Par le fait de la négligence d’une travailleuse du service d’hygiène, ce WC à ciel ouvert, couvert d’herbes prendra feu et il a fallu faire recours aux soldats du feu pour circonscrire l’ampleur des dégâts. Racontant cette mésaventure à d’autres personnes, j’apprendrai que l’administration du CHU multiplie des communiqués ces derniers temps, sur les ondes des radios locales sommant les personnes indélicates de ne plus déféquer à l’air libre ou y jeter les selles et les urines. L’incompréhensible est que malgré ce rappel à l’ordre, les accompagnateurs de malades et autres continuent allègrement leurs sales besognes. A moins que l’administration de l’hôpital n’a initié ce communiqué juste pour se faire bonne conscience, elle sait bien que cette action est insuffisante pour arrêter une pratique qui dure depuis longtemps. Au juste à quoi servent les latrines implantées au sein de l’hôpital ? Il paraît qu’un opérateur privé s’occupe de leur gestion et chaque usager doit payer avant de s’y introduire. 

D’aucun murmurent que ladite structure ne joue pas son rôle. Et d’autres de réagir pour signifier que le plus souvent, l’opérateur a des difficultés pour rentrer dans ses fonds. Il faut vite situer les responsabilités et sortir cette partie du CHU de son statut actuel de WC à ciel ouvert. Cette situation est une menace pour la santé de la population et c’est à croire que ceux à qui la gestion du CHU incombe s’occupent plus de leurs intérêts que des intérêts de ceux pour qui ils ont été portés à la tête de cette boite. Quand on n’est pas à mesure d’assurer l’hygiène dans un service stratégique comme un lieu de soins, faut-il s’étonner de voir les appareils dans les services régulièrement en pannes ?

 

 

   Faso-nord.info

 

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