Cohésion sociale au Nord et au Centre-Nord : 50 ambassadeurs pour partager les bonnes pratiques.

image_pdfImprimerimage_printImprimer

 Ma différence , ta richesse : les 72 heures de la rencontre pour une fraternité humaine et un meilleur vivre ensemble » c’est le thème d’une formation organisée les 18 , 19 , 20 novembre 2019  par le Centre diocésain de communion de Ouahigouya en partenariat avec l’ONG OXFAM à l’intention de leaders religieux, de coutumiers , de  jeunes et de femmes venus des régions du Nord et du centre-Nord. Cette rencontre tenue au Centre Monseigneur  Louis Durieux de Ouahigouya a été marquée par un fort engagement des 50  participants à prêcher la cohésion sociale dans leurs localités .<iframe width= »560″ height= »315″ src= »https://www.youtube.com/embed/03_CMV5r0Kc » frameborder= »0″ allow= »accelerometer; autoplay; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture » allowfullscreen></iframe>

L’organisation de cette formation au bénéfice des représentants des jeunes , des femmes  et des représentants religieux et coutumiers   des régions du Nord et du Centre-Nord  est loin d’être un fait du hasard . « Le Burkina Faso subit dans ses  régions du Nord et du centre-Nord et du Sahel de nombreuses attaques terroristes entraînant de nombreux  déplacés et une crise humanitaire sans précédent .Ces attaques relèvent autant de l’incivisme , du banditisme ordinaire des populations de ces zones et de revendications fallacieuses de groupes radicaux provenant de contrées étrangères.

Du fait de la faible présence de l’Etat et des actes terroristes les populations de  ces zones voient leur liberté prise en otage » explique-t-on dans les termes de référence. Si on  enregistre de nombreux   cadres de concertations regroupant  universitaires , leaders coutumiers et religieux en vue de promouvoir la cohésion sociale , les organisateurs de cette formation estiment que certaines couches sociales comme les jeunes et les femmes sont faiblement  prises  en compte .

  Impliquer les jeunes et les femmes

Visiblement à cette occasion , les jeunes et les femmes  ont occupé une place de choix .  A  entendre le directeur de la radio Notre dame du Sahel , Abbé Victor Ouédraogo , il s ‘est agi au cours de ces 72 heures  de doter aux participants de connaissances sur les enjeux du déficit sécuritaire sur les relations humaines , de mettre à leur disposition d’outils concrets de promotion et reconstruction de la formation humaine et de les engager à la consolidation de la cohésion sociale dans leurs milieux de vie .

Avant d’aborder  la question de la différence , les participants ont d’abord relevé les différends maux qui minent la cohésion sociale à savoir  les nombreuses revendications sociales , la défiance de l’autorité de l’Etat , la mauvaise gouvernance , le manque de redevabilité dans la gestion des affaires publiques , l’incivisme grandissant chez les jeunes , la montée de l’extrémisme et la radicalisation etc. Pour le principal animateur du thème , Abbé Gabriel Kindo,  prête au diocèse de Ouahigouya exerçant au Petit Séminaire et intervenant  à la radio notre dame du Sahel à l’émission , dialogue   entre musulmans et chrétiens , il n’y a pas à cacher le soleil avec la main. « Certains problèmes auxquels nous sommes confrontés  résultent de nos différences mal assumées » soutient-il. Pour lui , il y a lieu d’accepter qu’il y a des différences d’individu à individu , au sein des membres de  chaque famille , de chaque groupe  social et de chaque entité  religieuse  .

      Cultiver l’harmonie dans la différence

 » Refuser l’existence de cette différence , c’est refuser l’existence de l’autre »  martèle Abbé Gabriel Kindo . Il faut nécessairement affirme-t-il  ,  faire en sorte que la différence soit une source d’enrichissement  pour son prochain , pour chaque division sociale et pour chaque entité religieuse . En un mot , voir la différence comme un lieu de rencontre plutôt que d’exclusion.   C’est ce  à quoi  ,  l’animateur de l’émission dialogue entre musulmans et chrétiens à la radio notre dame du Sahel s’est attelé durant les 72 heures de cette formation . De façon participative , les participants ont  relevé les pratiques qui différent  d’ une religion à une autre avant de se convaincre que chacun doit veiller à leurs respects scrupuleux. Selon le facilitateur,  de nombreux témoignages issus des échanges attestent que les participants ont bien compris cette exigence d’une culture de  la paix , de  l’harmonie dans la différence et la diversité  .

 » L’harmonie , c’est la conciliation des contraires , mais pas l’écrasement  des différences » a dit  Jean Cocteau . Abbé Victor Ouédraogo a  saisi la balle au rebond pour signifier que l’une des réussites   de ces 72 heures est d’avoir mis en débats  autour d’une même table des jeunes , des femmes , des leaders religieux et coutumiers. Il se convainc que les femmes,  les plus nombreuses , les plus présentes dans les familles ont un grand rôle à jouer dans la promotion de la cohésion sociale. Les jeunes étant les cibles privilégiés des radicaux et des extrémistes , Abbé Victor soutient qu’il est impératif d’asseoir des cadres de dialogue  où les jeunes bénéficieront des conseils et l’encadrement des personnes sages, expérimentées et averties.

     La patrie avant tout

Tour à tour les représentants de chaque groupe sont sortis  appréciés la pertinence du thème et des messages développés au cour de cette formation tout en traduisant leur engagement à les vulgariser. Abbé Victor Ouédraogo a attiré l’attention de ses interlocuteurs, leur signifiant que leur engagement  ne  devrait pas se   limiter aux murs du centre Louis Durieux mais se traduire en acte concret sur le terrain .

Le chef d’orchestre  de la radio notre dame du Sahel  a invité l’ensemble des acteurs à s’ériger contre les forces de l’intolérance  avilissant  la dignité humaine et la destinée humaine. Il a aussi informé que le centre diocésain  de communication  suivra   la mise en œuvre des engagements pris . Il a assuré de la disponibilité de sa  structure à accompagner les initiatives qui seront conduites dans les différentes localités .  En guise de conclusion le premier responsable de la radio Notre dame du Sahel à invité les leaders politiques et toutes  les  couches sociales à mettre en avant la patrie, à magnifier la cohésion sociale , la solidarité , l’acceptation de l’autre , à  faire  preuve  de responsabilité   en tout temps ,   en tous lieux et en toutes actions  .

Faso-nord.info

Partager

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *