Cohésion sociale et unité nationale : Quel rôle chaque citoyen doit jouer ?

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« Dans un contexte d’insécurité, quelle contribution citoyenne pour le renforcement  de la cohésion sociale et l’unité nationale » c’est le thème d’une conférence publique organisée par la coordination régionale du Nord , du Balai Citoyen le samedi 07 décembre 2019 à la salle de réunion de la mairie de Ouahigouya .  Le thème a été développé Boureima Soré , sociologue, et le docteur Zacharia Soré .

« Toute les sociétés sont confrontées à des crises, on ne peut pas vivres sans conflits, il est inévitable de s’en passer, il incombe cependant de définir des stratégies pour la cohésion sociale », c’est en ces termes   Boureima Soré  a  planté  le décor.  il a  passé au peigne fin la définition des mots clés en rapport avec le thème central de la conférence. C’est ainsi qu’il aborde la question de la radicalisation comme étant le fait de développer des discours totalement opposés aux lois et valeurs fondamentales de sa société. A ne pas confondre avec l’extrémisme violent, précise-t-il, qui selon l’orateur du jour, est l’utilisation des méthodes violentes pour aboutir à ses fins. Quant à la violence, continue-t-il, il en existe trois types, celle dite directe, structurelle et culturelle. La paix n’est rien d’autre que l’absence de troubles aussi bien en soi qu’au sein de la société.

  Qu’est ce qui a effrité la cohésion sociale ?

Abordant la problématique de la cohésion sociale, Boureima Soré s’est contenté de répondre à aux  questions suivantes : pourquoi est-elle devenue une préoccupante quotidienne ? pourquoi les valeurs sociales s’effritent ? pourquoi le vivre ensemble a-t-il  pris un coup terrible ? La question légitime qu’il convient de se poser alors, poursuit-il, quel rôle chacun de nous doit jouer pour pallier ce fléau ?

Autant d’interrogations que le premier communicateur s’est essayer de répondre. « Notre pays souffre d’une déchirure sociale et nous avons besoin d’un retour à la situation d’antan » se convainc Boureima Soré. Pour ce dernier, c’est une question d’intérêt national, et tout le monde doit s’y impliquer. Félicitant les organisateurs de la conférence, il invite par ailleurs ces derniers à multiplier des activités du genre, « gage d’une meilleure contribution au retour de la cohésion sociale ».

Promouvoir les droits humains

Continuant dans son exposé, il affirme que sans la cohésion sociale il est difficile de dégager des stratégies de développement, prenant le cas du Sahel à titre illustratif. Aussi « c’est une disposition environnementale pour la promotion des droits humains. » S’attaquant aux acteurs qui affectent la cohésion sociale, il a entre autres cité, la mal gouvernance, le système éducatif qui, juge-t-il mal adapté à nos réalités, la croissance démographique et pour terminer le chômage qui décime, particulièrement la frange jeune. Il termine sa communication en proposants des perspectives pour un mieux vivre collectif. La tolérance politique, les critiques constructives, l’éducation des décideurs politiques, la culture citoyenne par les populations, la responsabilisation des enfants dans l’éducation des enfants sont entre autres des pistes de solutions proposées par Boureima Soré dans sa conclusion.

Eviter le péril de l’unité nationale

Quant au Dr Zakaria Soré, dès l’entame de son propos, a fait un rappel de la crise sécuritaire que traverse notre pays. « Ceux qui nous attaquent veulent nous imposer une autre manière de vivre » affirme-t-il. « Il y a des enjeux économiques, ils veulent faire d’une partie de notre territoire une zone de non-droit pour des trafics de tout genre » poursuit-il.  Selon ce dernier bien queles populations opposent une résistance, cette situation a un peu « casser » la cohésion sociale. Une des conséquences dramatiques de cette crise sécuritaire, c’est « bien le péril de l’unité nationale ».

S’inscrivant dans la même logique que son prédécesseur, Dr Zakaria Soré  déclare qu’il faut repenser le système éducatif, « ni une loi, ni un décret ne peut amener la cohésion sociale, il faudra intégrer dans l’éducation l’enseignement des valeurs civiques de civilités ».  Au titre   de perspectives, il propose des journées de rencontres et de partages et surtout conclu-t-il, « il faut qu’on arrête d’être musulman, chrétien ou animiste pour être tout simplement burkinabé ».

Alceny Diallo/Faso nord info

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