Commune de Pilimpukou au Passoré : 300 femmes victimes d’exclusion pour sorcellerie

Alors que plusieurs femmes seront habillées d’habits estampés  08 mars bien moulées sur leurs corps, certaines en gandoura s’adonnant   à l’exhibitionnisme au cours de cette journée consacrée à la femme, au même moment cette vieille dame de la commune de Pilimpukou ayant échappé de justesse à une pendaison au cours de la dernière semaine du mois de février 2017 est couchée dans une maison de fortune se tordant de blessures physique et morale, son honneur et sa dignité bafoués. Accusée de sorcellerie par des gens qui imposent leur loi dans cette commune de Pilumpukou, la pauvre femme a été conduite dans une forêt sacrée pour être soumise à une pendaison.

 

On ne sait par quel miracle, elle est restée en vie alors que ces bourreaux croyaient avoir achevé leur sale besogne. Si on peut dire de cette dernière une rescapée, d’autres n’ont pas cette chance. On aurait ôté par le même procédé, la vie à deux autres femmes en ce début d’année 2017. Ces crimes sont perpétrés   dans cette commune de la région du Nord sans que personne ne s’en offusque bruyamment. Les dénonciations se font du bout des lèvres parce que personne ne veut s’opposer à   une croyance ancestrale.   Les autorités administratives et politiques locales sont impuissantes face aux agissements de ceux qui décident du sort de leurs semblables.   A Pilimpukou, les bannissements, les injures publiques, les bastonnades, les humiliations diverses pour fait de sorcellerie sont monnaies courante.  Lors d’une campagne de plaidoyer afférente à l’exclusion sociale, information a été donnée que 300 femmes, des présumées sorcières ont été menacées d’exclusion du territoire de Pilimpukou   en 2016. Il a été aussi révélé que   sur 212 pensionnaires des centres Delwindé de Tanghin ,176 sont ressortissantes de la province du Passoré. Selon plusieurs sources concordantes on enregistre en moyenne 36 pendaisons par an dans cette province. À Une date récente, on dénombre 5 à 6 pendaisons chaque mois dans la seule ville de Yako .  C’est vous dire toute l’ampleur de cette croyance dans cette province. Le thème de la célébration du 08 mars 2017 « La valeur morale de la personne humaine : responsabilité des communautés dans la lutte contre l’exclusion sociale des femmes » illustre bien le fléau qui sévit dans la province du Passoré. Même si ce n’est pas la commune de Pilimpukou qui abrite la célébration régionale de la fête au Nord, hasard du calendrier ou choix délibéré c’est Kirsi , une des communes de cette province qui accueille  les autorités régionales . On aurait pu saisir cette journée avec ce thème bien à propos pour entreprendre des actions vigoureuses afin de montrer toutes les facettes de cette croyance rétrograde.  Malheureusement la manne de cette célébration va servir à mettre du carburant dans des véhicules grosses cylindrées, à la ripaille et à d’autres dépenses de prestige pendant que les victimes rongées par l’injustice sont recluses dans leurs habitations de misères. On nous servira encore de discours creux saupoudrés de Djandjoba, des comportements aux antipodes des réalités sur le terrain. On aurait mieux fait d’organiser   des cadres des débats et de vulgarisation des lois comme la loi No 061-2015/CNT du 06 septembre 2015 portant prévention, répression et réparation des violences à l’égard des femmes et des filles et prise en charge des victimes et celle N° 024-2015/AN du 17 octobre 2016 portant protection et promotion des droits des personnes âgées. Le combat contre l’exclusion sociale exige des actions courageuses et concrètes. Il faut véritablement traquer ceux qui décident du sort des autres, parce que leur comportement n’est pas loin de celui de ces « fous de Dieu » appelés terroristes. En quoi exclure quelqu’un de son village, le contraindre à la pendaison est différent des actes des terroristes.

 

Faso-nord.info

 

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