Dialogue pour la paix et la cohésion sociale au Burkina: Quelle place pour les leaders religieux et coutumiers ?

« Implication des leaders religieux et chefs coutumiers dans la résolution des crises -politiques au Burkina. Quelles analyses pour un enrichissement humain et un engagement communautaire efficient » c’est une des communications livrée  par Boris Somé du WANEP au deuxième jour de la formation  le jeudi 03 mai 2018 à l’intention des hommes de médias et de responsables religieux de la région du Nord. Une formation traduisant la mise en œuvre des activités du « Projet intégré de communication et d’éducation pour la cohésion sociale et le renforcement du pluralisme religieux dans la région du Nord « . 

Dans sa communication, Boris Somé a d’abord fait un tour d’horizon des différents régimes s’étant succédé au pays des Hommes intègres avant de s’appesantir sur l’implication des  leaders religieux  dans les  crises. « L’intervention des leaders religieux  et coutumiers au cours des deux crises majeures au Burkina Faso (Insurrection qui a vu le départ du président Compaoré et putsch militaire) permet de mettre en évidence leur rôle comme acteurs témoins dans la résolution des crises  » a fait remarquer le communicateur.  Des  figures de proue  de  ces   leaders de nos jours, il cite le Moogho-Naaba, le Cardinal Philippe Ouédraogo, le Pasteur Samuel Ouédraogo , l’Iman El hadj Adama Sakandé . Pour étayer ses dires, il cite la création du Conseil des sages pendant la période de la transition et rattaché à la présidence du Faso, comme organe de conseil et de veille sur la paix nationale.   IL a insisté sur la forte implication de ces leaders dans la gestion des bisbilles pendant l’insurrection populaire et la période transitoire. L’intervention des coutumiers et des religieux se convainc ,Boris Somé a été aussi déterminante  dans la gestion du coup d’état militaire en septembre 2015  » Que l’on soit athée ou croyant, nous devons voir dans la résolution de ces deux crises la main de Dieu; il a exaucé les prières ferventes , constantes et suppliantes des différentes confessions religieuses ; il a écouté les intercessions de nos ancêtres .Cela nous conduit à la conviction que la paix est véritablement un don de Dieu et aussi le fruit du travail des Hommes qui lui font confiance » a martelé Boris Somé .  il remontera plus loin dans l’histoire politique du Burkina pour mettre en exergue le rôle joué par Naba-Koom et son fils Saga dans la réunification du Burkina Faso en 1947. il a aussi souligné l’action conduite par le Mogho Naaba Kougri pour tenter la proclamation d’une monarchie constitutionnelle en 1958 . Il estime que si les chefs coutumiers veulent garder leur aura afin de peser de tout leur poids dans la préservation de la paix et la résolution des crises , il devrait faire preuve de retenue quant à leur implication dans la politique partisane . La deuxième communication du représentant du WANEP a porté sur le thème » Quels plaidoyers auprès des responsables politiques, administratifs et civils pour une prise en compte de l’importance du dialogue inter religieux comme catalyseur d’unité, de cohésion et de développement » . A ce propos, Boris Somé relève   une nuance entre  dialogue inter religieux et débat religieux. Si le but du débat est d’écouter pour identifier les failles des arguments, quand il s’agit du  dialogue, il est question de trouver un terrain d’entente, d’améliorer les relations, d’écouter pour identifier la pertinence des propos de l’autre .   » Le Burkina Faso constitue une exception de pluralisme religieux et de tolérance au cœur d’une région de plus en plus troublée. Il n’a jamais connu de conflits civils ou de tensions liés à l’appartenance religieuse. Musulmans, chrétiens et pratiquants de la religion traditionnelle vivent ensemble, sont voisins et se marient » argumente-t-il. Il indique que les autorités publiques travaillent à valorisera la bonne entente des religions. Et de citer le collège des sages crée en 1999 suite à la crise liée à la mort  du journalisme Norbert Zongo . » Face à la montée des radicalismes religieux, le dialogue inter religieux pour la paix entre les peuples est plus que jamais d’actualité. Il est urgent que les leaders des religions révélées et celle traditionnelle puissent donner des messages forts d’acceptation du prochain à tous les niveaux que ce soit dans les mosquées, les temples, les églises ou tout autre lieu de culte.  S’ils font front commun, les adeptes de la violence vont se rendre compte que ça sera difficile de faire vivre le Burkina dans l’insécurité et les  adeptes de l’extrémisme violent nous laisseront en paix  » a  conclu Somé .

 

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