Disparition brusque du PAN : Les larmes du  vice président , Me Sankara

Les larmes pour Salif Diallo

Ma première rencontre avec Salif DIALLO remonte à 2002, au Zondoma lors de la campagne pour les élections législatives alors que nous nous présentions pour la première fois sous la bannière de l’UNIR/MS (NDLR : aujourd’hui UNIR PS). Sous forme de boutade, il m’a dit ceci : « vous avec votre œuf là, il faut que je porte des baskets » ; puis on a échangé un bout de temps. Vu le contexte de l’époque, j’ai retenu la première image d’un homme profondément ancré dans les valeurs de la démocratie et qui ne cherchait que la justice pour ce pays. Ensuite, nous nous sommes retrouvés durant les évènements qui ont fait partir le régime Compaoré. Puis après les élections qui ont amené le MPP au pouvoir et lui à la tête de l’Assemblée Nationale, j’ai été surpris de le voir à mon domicile alors que je ne savais pas qu’il connaissait chez moi.

 

Il m’a dit : « petit frère, je suis venu te voir parce que je sais que tu es un homme honnête, loyal et fidèle. Je crois qu’avec ces valeurs, on peut travailler ensemble. » J’avoue que j’ai été touché au plus profond de moi-même et je lui ai dit que de toutes les façons, pour les valeurs et les vertus que nous voulons pour ce pays, nous avons tous intérêt à conjuguer nos efforts, à faire converger nos idéaux pour que le Burkina tienne debout et aille de l’avant. Ayant été désigné premier vice- président de l’Assemblée nationale, pendant vingt (20) mois, j’ai côtoyé l’homme ; nous avons tenu à ce que cette institution soit au cœur de la démocratie. Les premiers mots du Président Salifou DIALLO étaient de créer les conditions d’un consensus en impliquant l’opposition, si fait que lorsque nous avons procédé à la relecture du règlement intérieur de l’Assemblée, une des modifications était d’inscrire que l’opposition a un rôle à jouer. 

 

 

La dernière fois que j’ai rencontré l’homme avant qu’il ne prenne son avion, ces propos me reviennent comme une prémonition. Il m’a dit : « Parent, nous nous sommes donnés durant cette session et je me sens un peu fatigué. Je vais aller me soigner, me reposer et je reviens. » Je l’ai eu au téléphone 48 heures avant son décès. Ce jour-là, il me disait que son intervention s’était très bien passée, qu’il devait continuer sur Paris avant de rentrer samedi à Ouaga… Qu’est-ce que je peux dire ? Qu’est-ce que je peux dire ? …. (Et il fondit en larmes).

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