Elections 2020 et 2021 au Burkina Faso : Outiller les journalistes à la hauteur des enjeux et des défis

Dans le cadre de la mise en œuvre  du programme « Promotion de la paix au Sahel » de l’ONG EIRENE (Service chrétien international pour la paix), le Centre national de Presse Norbert Zongo (CNP-NZ) a  organisé les 3, 4 juillet 2020, une formation sur le thème  « Médias et élections » au profit des directeurs et chefs de programme de  ses 12 radios partenaires émettant dans les régions du Nord, du Centre –Nord et du Plateau-central

Des participants très assidus à l’écoute de communications très riches sur les élections

« Une formation de haut vol », c’est en ces termes que les participants  ont qualifié  cette session de renforcement des capacités organisée par le Centre national de presse Norbert Zongo  à Ouahigouya . Certainement au regard  des profils et des CV des communicateurs. Le Docteur Abdoul Karim Saidou du Centre pour la Gouvernance démocratique (CGD), l’enseignant chercheur à l’Université , vice-président de la Commission électorale nationale indépendante (CENI) ,Adama Kéré,  l’avocat Me Halidou Ouédraogo , président  de la Convention des organisations de la Société Civile pour l’Observation  domestique  des Élections (CODEL)  , AbdoulazizBamogo , vice- président du Conseil Supérieur de la Communication (CSC) , il y  avait véritablement une expertise à revendre à cette formation des journalistes .

Photos souvenir avec le doyen Me Halidou Ouédraogo

Pour le coordonnateur du Centre national de presse Norbert Zongo, Abdoulaye Diallo, les élections de 2020 arrivent dans un contexte où le Burkina Faso, fait face  à une menace sanitaire, notamment la maladie à coranavirus  et une menace sécuritaire, marquée  par l’abandon d’une partie  territoire à cause des exactions des forces du mal. Il  précise  qu’il  y  a d’énormes défis à relever concernant  l’organisation de ces élections.  Il pense que les médias peuvent contribuer énormément pour   vaincre les obstacles .C’est pourquoi , le Centre national de presse de Norbert Zongo  et son partenaire l’ONG EIRENE  ont jugé important de former les journalistes de ses 12  radios partenaires  pour en faire des ambassadeurs d’une élection transparente , organisée dans un climat apaisé  . « Cette formation qui se tient à l’orée des élections présidentielles, législatives et municipales  vise à terme  à mieux outiller les journalistes et animateurs  des dites radios sur les techniques de traitement de l’information en période électorale.C’est à ce prix que ces radios de proximités deviendront des acteurs de paix, du développement socioculturel et de cohésion sociale au sein de leurs communautés surtout en année d’élections » a précisé, Abdoulaye Diallo.

Tenir les élections à bonne date

Pour le Dr Abdoul Karim Saidou , il importe que le gouvernement et la CENI travaillent à ce que les personnes délacées puissent voter

C’est le Dr Abdoul Karim Saidou qui a introduit les communications de cette formation, en échangeant avec les participants sur les enjeux de ces élections de 2020. Les enjeux majeurs, relève-t-il sont entre autres d’ordre politique, institutionnel, sécuritaire, financier et humanitaire. Il informe que l’organisation des deux scrutins, 2020 (Législatives et Présidentielle),   2021 (municipales) nécessitent une mobilisation financière  d’une centaine de milliards. Sur le plan sécuritaire, relève ce  spécialiste des questions politiques,  le gouvernement doit développer un dispositif et des stratégies efficaces étant donné que plusieurs localités du territoire sont en proie à des attaques inopinées. Quel sort réserver  aux milliers des personnes déplacées  par rapport à ces élections ? Grosse préoccupation !  Pour le Docteur Abdoul Karim, les voix de ces personnes comptent beaucoup et il revient au pouvoir central et à la CENI d’œuvrer afin de leur  permettre d’exprimer leurs choix. Se référant aux débats  sur le report où  non des élections, le formateur a soumis un exercice aux participants les invitant à dégager les  possibles scenarii. L’on retiendra  qu’il faut nécessairement organiser l’élection présidentielle, la constitution n’autorisant pas son report. A l’impossible, il faut proroger le mandat des députés,  passer le fauteuil présidentiel au président de l’assemblée nationale et à condition que les élections s’organisent conformément aux délais requis par la constitution. De l’avis des participants, cette option comporte des risques énormes.   L’option la plus pertinente, c’est de tenir à bonne date  ces échéances électorales.

  Le rôle de la CENI

Abdoulazize Bamogo du CSC conseille aux journalistes d’éviter les couvertures médiatiques déguisées avant le lancement de la campagne

Après le Dr Abdoul Karim, l’enseignant chercheur et vice-président   de la CENI, Adama Kéré a abordé le sous-thème« Processus électoral au Burkina : code électoral, fichier électoral et mode de scrutin ». Il note que   la  CENI a pour mission, la conduite de l’ensemble du processus électoral qui va de l’inscription des électeurs sur les listes électorales  à la proclamation des résultats provisoires »   . Il rappelle que   le code électoral régissant   l’organisation, les conditions de participation  aux élections, la gestion des réclamations et plaintes nées des scrutins connaît plusieurs modifications. Mais rassure-t-il, cela se fait dans l’optique de tenir des élections libres et transparentes. Il rassure  que le fichier électoral est permanent et biométrique. Une fois  que les électeurs sont enregistrés confie –t-il, leurs  identités  restent permanentes sur les   listes. Afférent au cycle électoral, Adama kéré cite  deux   modes : le scrutin uninominal et le scrutin  de liste.

                          Le  calcul des voix

Le vice-président de la CENI, Adama Kéré

 L’élection  présidentielle se range dans le scrutin   uninominal  où un seul siège est à pouvoir par circonscription et un seul candidat est voté. Dans le scrutin de liste, plusieurs sièges par circonscription sont à pourvoir. Cela concerne les élections législatives et municipales où on vote pour une liste.  La partie sur le mode de calcul des résultats a particulièrement accrochée les journalistes. Ils ont été amenés à s’exercer  sur le calcul de la  ‘’Proportionnelle au Plus Fort Reste’’(PPFR) et  la  ‘’Proportionnelle à la Plus Forte Moyenne’’(PPFM). Adama Keré fera remarquer  que la « Proportionnelle au Plus fort Reste » est à l’avantage des « petits partis », permettant  d’avoir une pluralité de partis à l’Assemblée nationale. A entendre le vice-président de la CENI, les 15 commissaires mettent les bouchées –double pour la bonne marche du processus électoral « Malgré les difficultés, notre équipe fait tout ce qui est possible pour accomplir sa mission .Nous avons besoin de l’accompagnement de la presse nationale. En s’appropriant le processus électoral, elle servira de relais d’informations auprès des électeurs et des candidats » a insisté le vice-président de la CENI.

Collaboration entre les médias et la CODEL

Me Halidou Ouédraogo a prêché pour une collaboration efficace entre les médias et la CODEL

« L’observation des élections : importance et enjeux » c’est le thème développé par Me Halidou Ouédraogo,président de la Convention des organisations de la Société Civile pour l’Observation  domestique des Élections (CODEL). Il a indiqué   que la CODEL a pour mission essentielle l’observation locale des élections. Dans ce sens, elle veille au grain pour que les résultats qui seront proclamés soient effectivement les choix des électeurs. A titre illustratif confesse Halidou Ouédraogo, la CODEL et la CENI avaient pratiquement les mêmes résultats lors des élections de 2015.  Foi du président de la CODEL, il est important et nécessaire  que les journalistes travaillent en tandem avec la CODEL pour une réussite des scrutins  de 2020 et 2021 qui se profilent à l’horizon. Cela passe aussi inéluctablement par une régulation correcte des informations au cours de ces élections. Voilà pourquoi le CNP-NZ s’est attaché les services du Conseil Supérieur de la Communication(C.S.C) d’où cette communication du vice-président de cette structure Abdoulaziz Bamogo  sur « Les régulations des médias avant, pendant et après les élections. »

Face à face CSC et médias

Le vice-président du CSC, Abdoulaziz Bamogo

Il précisera que le Conseil supérieur de la communication  est une autorité administrative indépendante chargée de la régulation du secteur de la communication au Burkina Faso » . De façon spécifique , en période électorale poursuit –t-il , le CSC est chargé de « Fixer les règles concernant les conditions de production, de programmation, de diffusion des émissions et des articles relatifs aux campagnes électorales par des sociétés et entreprises de presse écrite et de radiodiffusion sonore et télévisuelle d’Etat , en conformité avec les dispositions du code électoral »  . Abdoul aziz Bamogo a beaucoup insisté sur le respect du pluralisme et l’équilibre de l’information pendant les campagnes électorales. Il  a prié les journalistes de bien distinguer les activités purement politique et apolitique et d’éviter les couvertures médiatiques déguisées  avant l’ouverture officielle de la campagne. « Pendant la campagne électorale, la parole doit être donnée à tous les candidats sans exception. Cela permettra à chacun de bien expliquer son projet de société aux électeurs.La veille et le jour du scrutin aucune activité de campagne ne doit être couverte par les journalistes et animateurs.Après les élections, tout candidat qui désire opérer des recours et plaintes doit bénéficier de l’accompagnement des médias pour se faire entendre » a conseillé le vice-président du CSC.  Cette dernière communication a marqué la fin de cette formation qui selon les participants a été riche et instructive.

Une formation sur l’animation des émissions interactives

Le chef de programme de la radio Wendpanga promet le partage des conaissances acquises

Yassia Sawadogo rédacteur en chef à  la radio Wendpanga de Ouahigouya, à l’instar de ses confrères avoue avoir beaucoup appris de cette formation. Il   compte réinvestir les connaissances acquises  au profit  des journalistes de  sa rédaction. Il a joint sa voix à celles des  formateurs et des  organisateurs de la formation,  invitant   les hommes politiques à modérer leurs discours et à se partir de la stigmatisation au regard de la crise sécuritaire et  les menaces de conflits communautaires  auxquelles le pays des hommes intègres fait face. Abdoulaye Diallo, coordonnateur du Centre National de Presse Norbert Zongo a pour sa part   remercié  l’ONG  EIRENE, les communicateurs  et les journalistes. Pour lui,  la participation aux débats et l’assiduité des journalistes venus des villes de Kongoussi, Kaya, Ziniaré, Ouahigouya témoigne de la pertinence du thème .

Le coordonnateur du centre national de presse Norbert Zongo, Abdoulaye Diallo a décliné l’engagement de sa structure et ses partenaires à former les journalistes pour qu’ils soient les ambassadeurs de la réussite des futures élections dans la transparence et dans un climat apaisée

« Les médias doivent jouer leur rôle d’information, de prévention mais aussi le rôle de contribuer à résoudre tout conflit qui peut naître suite aux élections » insiste Abdoulaye Diallo. Il a annoncé   une autre formation ‘’in situ en rapport avec les élections’’ sur l’animation des émissions interactives au cours de ce mois de juillet au profit des journalistes de ces radios partenaires.

Inamé K Norbert (Stagiaire)

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