ENEP de Ouahigouya : un arrêt des cours pour exiger l’annulation du  nouvel arrêté sur la réglementation des horaires  

image_pdfImprimerimage_printImprimer

 

Le 30 avril 2017, le ministre de l’Education nationale signait un nouvel arrêté portant réglementation des charges  horaires dans les Ecoles Nationales  des Enseignants du Primaire (ENEP) au Burkina . Dans ce document à son article 05 , il est mentionné que les heures supplémentaires annuelles sont autorisées à hauteur de 100 heures pour les formateurs permanents. A l’instar des autres ENEP publiques du pays, les formateurs de Ouahigouya  sont montés  au créneau pour décrier ce qu’ils qualifient  d’une remise en cause  de leurs acquis . Ils ont donc vidé les salles de formation pour se faire entendre et demander l’annulation pure et simple du nouvel arrêté. 

 Il était 9 heures 45 minutes lorsque nous arrivions à l’ENEP de Ouahigouya ce lundi 03 avril 2017. Dès la grande porte  d’entrée, certains stagiaires avaient emprunté le chemin de retour. Ceux qui sont sous le régime de l’internat faisaient le pied de grue sous l’ombre des arbres. Les apprenants à  qui nous nous sommes adressés pour comprendre la situation nous rétorquerons que les formateurs observent un arrêt de travail suite à un décret ministériel qui ne les arrange pas . Et au délégué de la 19e  promotion de cette école de formation Yves Martin Badoum de nous informer que las d’attendre l’arrivée des chargés de cours depuis 7 heures , les  élèves ont été obligés d’aller vers la surveillance pour s’informer .  Là-bas, ils s’entendront dire que les enseignants sont en mouvement de protestation afférent à un nouvel arrêté signé par l’actuel ministre de l’éducation nationale. Au même moment , les pourfendeurs du nouvel arrêté étaient dans la salle des professeurs , discutant des formes de lutte à entreprendre pour exiger l’annulation de ce  document controversé. Le porte parole des professeurs permanents concernés par le dit arrêté,  Pinguindewendé Sawadogo, documents en main, nous fournira plus de détails. « Nous sommes contre la remise en cause de nos acquis » fustige-t-il avant de passer aux explications.  « Avec l’arrêtée de n°-2010-0023/MEBA/SG/ENEP sur la réglementation, nous avons au total  200 heures dans l’année (8 heures X 25 semaines)  et cela nous fait un gain supplémentaire au salaire mensuel pouvant aller jusqu’à  1 000 000 CFA  l’an. Bien avant, nous avons tout fait pour  avoir le contenu du projet de cette année, mais hélas.  En début d’année, nous avons été programmés   sur la base de  l’ancien arrêté et l’année se déroulait sans problème majeur.  Et voila qu’on nous présente le nouvel arrêté qui   abroge celui de 2010, reconsidérant nos heurs supplémentaires à  100 heures.  A priori, nos avis  n’ont pas été pris en compte, dans l’élaboration de ce nouveau document  réglementant les horaires dans les ENEP.  Ce texte du 30 Mars dernier vient réduire de moitié nos maigres avantages ». Il précise que selon les spécialistes, ce nouveau document est applicable  8 jours après sa signature donc il prendra effet la semaine prochaine ».  Et le porte parole des frondeurs de marteler que leur retour en classes  est conditionné par l’annulation pure et simple de cet arrêté n°2017-OO54/MENA/SG/ENEP défavorable aux enseignants permanents.  Le directeur de cette école , Bazié Bassiè,  indiquera que cet arrêté est pris dans le souci de mieux gérer  les volumes horaires soumis aux enseignants. Il vise également une meilleure stabilisation de  l’année scolaire.  Il reconnait aussi que les responsables des ENEP avaient fait des propositions dans le sens d’une meilleure régulation des heures supplémentaires. Il s’empresse de relever que lors d’une rencontre à Koudougou du 28 au 31 mars 2017 quand le nouvel arrêté  réduisant le volume des heures supplémentaires à 100 heures a été présenté, les responsables des ENEP avaient averti aux plus hautes autorités des discordes que ce nouveau document pourrait susciter au sein des établissements.  A son temps, à l’entendre,  le secrétaire général du ministère de l’éducation nationale a suggéré aux directeurs généraux de recueillir les récriminations afin de permettre dans la mesure du possible  la prise d’un arrêté plus consensuel. Pour Bazié Bassie , il n’y a pas de polémiques à faire à ce sujet . Il se chargera de faire remonter à la hiérarchie,  les insuffisances constatées par le personnel afin que des dispositions soient prises pour permettre une continuation du travail  dans la sérénité et le respect des intérêts de chaque partie.

 

Faso-nord.info  

 

Partager

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *