Entreprenariat : OCADES et CRS encadrent et financent 50 jeunes à Ouahigouya

 L’Organisation catholique pour le développement et la solidarité à Ouhahigouya et son partenaire Catholique relief service (CRS), mettant en œuvre le projet « Jeunesse et développement de l’entreprenariat au Yatenga (JDEYA) » et des responsables de services déconcentrés de l’Etat ont organisé les 24 et 25 février 2021, une tournée de supervision des activités du dit projet  

Prévu pour durer 32 mois de février 2019 au 30 septembre 2021, le projet « Jeunesse et développement de l’entreprenariat au Yatenga » est financé à hauteur de 11 millions 250 000 par Catholique relief service (CRS) sur fonds propre et mis en œuvre par L’Organisation Catholique pour le développement et la Solidarité (OCADES). Il cible une cinquantaine de jeunes âgés entre 18 et 24 ans vivant dans la ville de Ouahigouya et dans 5 villages de ladite commune notamment   Somiaga, Sisssamba, Toessin, Bogoya et Bissigaye. Actuellement 45 jeunes dont 19 femmes et 26 garçons de ces localités s’illustrent à travers des activités de maraichéculture, d’élevage, de vente de légumes, la restauration et la vente de jus.

Employabilité des jeunes

Ce projet a été conçu afin de répondre aux besoins de l’employabilité des jeunes en milieu urbain et rural dans la commune de Ouahigouya. Sa mise en œuvre s’est matérialisée par l’installation de 24 jeunes bénéficiaires chacun d’une subvention de 250 000 FCFA. Après ce premier groupe, 21 autres jeunes ont reçu individuellement le même montant financier pour démarrer leurs activités. Avant l’opérationnalisation des micro-entreprises les bénéficiaires ont reçu des formations sur des modules portant sur l’entreprenariat agricole, l’éducation financière, les techniques sur la conduite des activités génératrices de revenus.

Sorties terrain, coaching et mentorat

Convaincu que la réussite des activités nécessite un suivi régulier, l’équipe chargée du projet a multiplié les sorties sur le terrain tout en se prêtant au coaching et au mentorat pour accompagner les jeunes à asseoir leurs entreprises. L’organisation de cette mission conjointe participe également de la volonté de l’OCADES et CRS   à faciliter une meilleure réussite des projets conduits par les bénéficiaires.

Maraichéculture et élevage

Première étape de la visite, le village de Toessin où 7 jeunes ont reçu les subventions. Abdoul Wahabo Ouédraogo a choisi la culture maraichère. Sur les 250000 qu’il a reçu, il a consacré 105000fcfa à l’achat des semences de pomme de terre, d’oignons et de concombre. Après un dur labeur, il a mis 1200 kg de pomme de terre sur le marché, vendu à 240 000 FCFA.

Il a réinvesti cette somme en achetant un vau qu’il espère revendre à 700 000 FCFA en temps opportun.

Pénurie d’eau

 Évoluant également dans le secteur de la maraichéculture, son camarade Yacouba Ouédraogo a prélevé 120 000 FCFA de sa subvention pour l’achat des semences. Il a produit de la pomme de terre, récoltée et vendue à 175 000 FCFA. Il attend empocher 100 000 CFA de la vente de son oignon. Pour Yacouba si la pénurie d’eau ne s’était pas invitée entre temps, son chiffre d’affaires serait plus consistant. Adepte aussi de la culture maraichére, Lassané Ouédraogo a dépensé 100000 francs CFA pour se retrouver avec 400 000 après la vente de ses premières récoltes. Il compte empoigner en plus 150 000 CFA de la vente du reste de sa production.

Lookman Ouédraogo, lui s’est investi dans le secteur de l’élevage. Pour démarrer il a acheté 4 moutons à 168000fcfa. Il évalue ses dépenses pour l’entretien à 40000fcfa. Il s’attend à empocher 750 000 francs pendant la période de la fête de Tabaski.

       9 bénéficiaires à Bissigaye

Les missions de la mission ont été séduits par la pomme de terre produite par ce jeune bénéficiaire du projet

Au village de Bissigaye où la mission a été accueillie par le président du conseil villageois de développement, 9 jeunes ont acquis les subventions pour leurs activités. Boukari Ouédraogo fait partie du premier groupe installé par le projet. Il a investi 365000 FCFA pour s’octroyer 6 moutons. Il compte les revendre à 500000 franc CFA pour un bénéfice de 135000fcfa. Embouchant 4 moutons, Aminata Sawadogo elle, espère engranger 350 000 FCFA au moment de la vente après sa dépense de 235000francs CFA.

                   Une moto acquise l’année dernière

Issu des premiers bénéficiaires, kalifa s’est fait de bonnes affaires l’année dernière. Il s’est retrouvé avec une somme de 1 450 000 FCFA acquis grâce après écoulement de sa production. Avec sa marge bénéficiaire il s’est octroyé une moto.  Cette année, il a investi 315000 CFA et a engrangé pour le moment 435000 francs CFA de la vente de la pomme de terre. Il s’apprête à écouler d’autres produits mais ne s’attend pas à grand-chose. Disant faire face à une pénurie d’eau, son chiffre d’affaire de cette année n’atteindra pas celui de l’année dernière. Qu’à cela ne tienne, Kalifa dit être certain que cette entreprise va contribuer à son assise sociale.

Espoirs et inquiétudes à Bogoya

De Bissigaye, cap sur Bogoya. Le projet JDEYA y compte 5 jeunes. Parmi eux, seule Aguiratou Diabaté à retrousser ses manches pour tenir l’arrosoir.

Courageuse à Bogoya , elle a fait le choix d’améliorer sa situation économique en pratiquant la maraichécuture

Elle cultive l’oignon, le maïs. Avec une mise de 235000francs CFA elle compte se procurer une somme de 500000fcfa. Eleveur, Aida Diabaté embouche des moutons acquis à 80000 FCFA l’unité.  Salam Kindo lui a acheté 7 moutons à 335 000fcfa. Il prévoit un chiffre d’affaire de 800 000 FCFA.

                La gent féminine se distingue à Sissamba

Elle veut prendre le monopole de la vente des légumes à Sisssamba

Au deuxième jour, les visiteurs ont été à Sissamba pour s’enquérir des activités de deux jeunes filles. Bénéficiaire de la subvention de 250 000 francs CFA comme ses camarades, kalizéta Nacanabo a consacré 50000fcfa à l’achat du matériel pour la vente de légumes : une table, un banc, un hangar et quelques produits pour commencer. Amsétou Ouédraogo cherche sa voie dans le secteur de l’élevage. Elle présente fièrement les 07 moutons qu’elle a pu s’acheter avec la subvention. Sauf cas de malheur, elle espère se frotter les mains au moment de la vente.

                       Milieu urbain  

Le projet JDEYA est également au chevet de 04 jeunes dans la ville de Ouahigouya. Aidara Sawadogo et Guiro Ganouia, handicapé s’investissent dans l’élevage. Ils élèvent ensemble 10 moutons qu’ils comptent revendre bientôt.

Mariée Safiéta Ouédraogo, grâce à la subvention de 250 000 tisse tranquillement sa toile dans le secteur de la restauration et la vente des jus. Disposant de 2 réfrigérateurs, elle se fait aider par deux de ses sœurs.

Quand elle a bénéficié de la subvention accordée par le projet , elle a acquis un terrain grâce à son mari pour développer ses activités

                       Elle a investi 450 000 FCFA

Évoluant également dans le secteur de la restauration et la transformation des jus, Zoenabou Zonga du secteur 7 de Ouahigouya confie qu’en plus des 250 000fcfa acquis grâce au projet, elle a ajouté 200000 FCFA pour ériger son entreprise pour s’équiper   d’un réfrigérateur et d’un congélateur.

Habitante du secteur 7 de Ouahigouya , Zonga Zoenabou en plus de la subvention de 250 000 acquise du projet a déboursé 200000 F en plus pour mettre en place son atelier de restauration et de transformation de jus

Deux jeunes l’appuient dans son commerce. Confiante et déterminée, elle espère atteindre un chiffre d’affaire de 1 500 000fcfa à la fin du mois de Ramadan.

                Des superviseurs satisfaits  

Âpres le terrain , les membres de la mission ont fait debriefing pour tirer les forces et les faiblesses des actions menées dans le cadre de ce projet

Faisant le bilan de la tournée, les membres de la mission conjointe reconnaissent que les activités du projet « Jeunesse et Développement de l’Entreprenariat au Yatenga ». Ils ont apprécié l’engagement des bénéficiaires dans la conduite de leurs entreprises.

Le directeur régional de la jeunesse et de la promotion de l’Entreprenait soutient pour sa part que ce projet s’inscrit en droite ligne de la politique développée par son département ministériel.

Le DR de la jeunesse et de la promotion de l’emploi des jeunes jugent que ce projet va en droite ligne de la politique conduite par son département ministériel

« Financer des projets des jeunes c’est bien, mais encadrer et suivre c’est encore mieux » fait-il remarquer « Nous avons vu des jeunes qui sont en activités et qui persévèrent dans ce qu’ils font pour sortir de leur situation de misère » apprécie le patron de la jeunesse et de la promotion de l’emploi des jeunes   au Nord.  D’autres responsables des services déconcentrés comme ceux de l’Agriculture, de l’Environnement et de l’Élevage disent tous tirer satisfaction des résultats de ce projet.   

Une phase pilote finissant en septembre 2021

Beranger Moné et son équipe travaillent à assurer la reconduction de ce projet et son extension

 A entendre le chargé de projet à l’OCADES, Beranger Moné, le constat sur le terrain atteste que les bénéficiaires se sont bien appropriés les objectifs du projet. Il informe que le staff du projet se penchera sur les difficultés rencontrées par les deux jeunes éleveurs de Bogoya. Foi de Beranger Moné, l’équipe conduisant le projet travaille d’arrache-pied   pour permettre sa reconduction et son extension à d’autres bénéficiaires. Il a laissé entendre que le projet en cours est une phase pilote de 32 mois, financée par Catholique relief service (CRS) et prend fin en septembre 2021.

Partenariat exemplaire entre OCADES et CRS

Inoussa Sawadogo , chargé de la jeunesse et de l’inclusion financière à CRS a reconnu le sérieux de OCADES dans la mise en œuvre des activités

Le chargé de la jeunesse et l’inclusion financière à CRS-Burkina Inoussa Sawadogo ,a félicité l’OCADES, pour le sérieux qu’elle a mis dans la conduite des activités de ce projet. Il pense qu’au regard des résultats sur le terrain, sa structure est partante pour discuter de la suite à donner à ce projet.

Le secrétaire exécutif diocésain a prêché pour le renforcement du partenariat entre OCADES et CRS

Remerciant CRS-Burkina, pour la confiance placée à l’OCADES en lui confiant la conduite de ce projet, le directeur exécutif de l’OCADES, Abbé Olivier Ouédraogo a prêché pour le renforcement de partenariat et s’engage à faire en sorte   que plusieurs jeunes de la province du Yatenga profitent de cette opportunité pour devenir des entrepreneurs agricoles autosuffisants et créateurs d’emplois.   

                                                                                 Par Inoussa Ouédraogo

Partager

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *