Extrémisme violent, radicalisation et terrorisme : La résistance civile comme antidote.

Des leaders communautaires et responsables d’associations de la région du Nord ont bénéficié du 18 au 20 mars 2019, d’une formation sur la prévention du terrorisme, de la radicalisation et de l’extrémisme violent à travers la résistance civile. Cette formation organisée par le Cabinet Recherches Actions en Afrique (CR2A) après celle tenue de  Ouagadougou  s’inscrit dans le cadre d’un projet financé par le Centre International sur les Conflits non Violents (ICNC) et exécuté dans les régions du Nord et du Sahel.

 

 

 

Au départ les vingt-cinq (25) participants à cette formation avaient des avis divergeant sur leurs capacités à aborder la question de l’extrémisme violent, la radicalisation et du terrorisme.  Un groupe s’est déclaré »pas du tout confiant« pour opiner sur le sujet, d’autres étaient « peu confiant”, certains ont avoué être « confiants”. Les deux responsables du Cabinet CR2A, Yves BoukariTraoré et Moussa Ouédraogo avaient pour mission de faire en sorte que l’ensemble des participants repartent munis d’arguments nécessaires pour combattre ces incrédules qui sèment la terreur et la désolation au sein des populations.

Des acteurs de changement

Autre attente, faire de ces leaders et responsables d’associations des acteurs de changement   pouvant mobiliser leurs communautés à se défendre dans la non-violence et le respect des normes établies. » Faut-il face à la barbarie de ces forces du mal, croiser les bras et se laisser abattre comme des moutons  » s’est interrogé Yves BoukariTraoré. Il précise son idée en ces termes : » Nous ne sommes pas des militaires, nous ne sommes pas formés à manier des armes, mais nous pouvons agir à travers une résistance civile efficace et active » soutient-il. Moussa Ouédraogo décline à son tour sa conviction : » Nous en tant que formateurs, en tant que spécialistes de la question du terrorisme, nous disons que ce qui arrive au Burkina, d’autres pays l’ont vécu et ont pu s’en sortir. Tout est une question d’organisation, une question de courage. Il faut que le peuple burkinabé relève la tète pour dire non au terrorisme, à la radicalisation et à l’extrémisme violent. Nous sommes un peuple souverain et ensemble si nous nous donnons la main, nous pourrons résister et sortir de la situation dans laquelle nous sommes présentement. C’est un combat de longue haleine, mais le peuple est toujours gagnant dans ces genres de situation » martèle-t-il.

                      La résistance civile est efficace

Les deux formateurs ont relevé l’urgence pour les civils de s’organiser pour prêter main forte aux forces de défense et de sécurité. Cet engagement selon eux passe par la maitrise des stratégies de lutte. Le chemin le mieux indiqué pour les civils pour contrer les velléités des tueurs sans foi, ni loi est la résistance civile, autrement dit les luttes non violentes. Les formateurs ont convaincu leurs interlocuteurs que cette forme de lutte remporte plus de victoires que les luttes violentes. Des films sur le combat de Mahatma Gandhi en Inde, la lutte contre l’apartheid en Afrique du Sud ont été projetés pour convaincre les bénéficiaires de la formation de l’efficacité de la résistance civile. Par des exposés, des travaux en groupes, le brainstorming et des jeux derôles, les leaders communautaires et associatifs se sont appropriés les concepts de radicalisation, de l’extrémisme violent et du terrorisme.

                             Faire bouger les lignes

Des informations leur ont été fournies sur les caractéristiques de la résistance civile, les compétences à engranger pour réussir une telle action citoyenne, les facteurs propices à la résistance civile, les raisons pour lesquelles cette forme de lutte accouche de résultats probants. Le dernier jeu de rôle joué à la fin de la formation ayant mis face à face des agents recruteurs, des jeunes, des membres de la communauté et des leaders d’opinion a  permis aux participants de simuler les méthodes de recrutement et d’enrôlement  utilisées par les terroristes une fois qu’ils ont réussi à s’introduire dans les communautés, le comportement que ceux-ci doivent adopter et la mission dévolue aux leaders coutumiers et religieux pour faire échec à leur projet.  Chacun est répartie avec la ferme détermination de faire bouger les lignes au sein de sa communauté par la restitution des connaissances apprises à leurs paires et la sensibilisation de la jeunesse.

Médiation et conciliation

« Etant que prêtre, je suis face à plusieurs groupes de personnes à tout moment et je me ferai le devoir d’échanger avec eux comme je le faisais avant surles maux qui détériorent   le vivre ensemble » confie (SEO). Pour le représentant de la chefferie coutumière, c’est plusqu’un devoir pour lui d’échanger avec ses sujets et son entourage sur la problématique du terrorisme et ses corolaires. En plus des échanges, il estime avoir les compétences et le profil indiqué pour former, faire de la médiation et de la conciliation. Responsable d’une association de défense des droits humains et membre de Amnesty International Burkina Faso, (S.O) soutient l’idée de la création d’une plateforme d’échanges et le réseautage de toutes les structures engagées sur la question du terrorisme et la gestion des conflits dans la région du Nord. (A.D), dit repartir avec des arguments nécessaires pour agir dans le sens de la « dé-radicalisation » de certains membres de  sa  communauté.

Les actions à venir

Chaque  participant a affiché son engagement à être un acteur de changement dans son milieu de vie. Même si la résistance civile et les luttes non violentes ont été opposées le plus souvent à des régimes dictatoriaux, Yves Boukari Traoré a la ferme conviction qu’elles peuvent être réadaptées dans le contexte du terrorisme. Après ces formations, le  Cabinet Recherche Actions en Afrique et son partenaire, le Centre International sur les Conflits non Violents entendent poursuivre la réalisation d’autres activités avec les responsables des communautés et des associations telles que les activités de sensibilisation notamment des théâtres fora, des émissions radiophoniques, l’institution de cadres d’échanges avec la jeunesse.  Les activités de ce projet conduit par le CR2A avec l’appui technique et financier de ICNC s’étalent sur (12) mois.

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