Fermeture de la mairie de Boussou dans le Zondoma : A quand la fin du syndrome de la défiance ?   

Des habitants de la ville de Boussou chef-lieu de la commune, mécontents de leur maire ont procédé à la fermeture des locaux de la mairie ce mercredi 25 avril 2018 en la vidant de ses occupants. Les clés ont été remises au préfet du département à qui les frondeurs ont demandé l’installation d’une délégation spéciale pour la poursuite de la gestion de la collectivité. Ce dimanche 29 avril 2018 à Boussou les protagonistes nous livrent chacun sa part de vérité sur la crise.

Boussou, une des cinq communes que compte la province du Zondoma est située à environ 35 km à l’ouest de Gourcy, chef-lieu de la province du Zondoma. En rappel, à la suite des élections municipales de juin 2016, le maire élu Mady  Sankara  à la tête de cette collectivité qui compte 32 conseillers, a été vivement contestée par un groupe d’individus originaire du chef-lieu de la commune. Il a fallu en son temps que les forces de l’ordre bandent les muscles pour disperser les manifestants qui s’opposaient à la mise en place du conseil municipal. Moins de deux ans après, les mêmes frondeurs reviennent à la charge avec cette fois des nouveaux griefs qui selon eux justifieraient leurs réactions.

 Les frondeurs exigent une délégation spéciale pour gérer la commune

Indisponibilité du maire, délaissement de leur ville, ingérence de certaines personnes « indésirables » dans la gestion communale, la non résidence des deux adjoints au maire sont entre autres les griefs égrainés contre le bourgmestre. Alidou Koalga est le porte-parole du groupe des mécontents. Il soutient que c’est au Haut-commissariat de Gourcy qu’ils ont pu rencontrer pour la première fois leur maire et ce, après plusieurs tentatives infructueuses. « A Gourcy, nous lui avons proposé de venir se faire connaitre à l’autorité coutumière (chef de canton) puis à toute la population de Boussou, ce qu’il n’a jamais fait jusqu’ici. C’est vous dire qu’officiellement, personne ne le connait ici » a soutenu M. Koalga.   Pour le porte-parole des frondeurs le maire se laisserait également  guider par Ouédraogo Saidou et Ouédraogo Yamboumbou dit « Naafo », deux personnes qui ne sont pourtant pas membres du conseil municipal. « Nous avons voulu enterrer la hache de guerre après ce qui s’est passé pendant son élection mais le maire a rejeté notre mains tendu en refusant de nous rencontrer et d’écouter nos préoccupations » renchérit Joanny Nacanabo.

Documents en main, Gilbert Balma par ailleurs président du bureau du comité villageois de développement CVD en rajoute pour justifier le mécontentement en indiquant que les multiples tentatives de rencontrer le premier responsable de la commune se sont soldées par des échecs. « Faute de pouvoir le faire avec notre maire nous étions obligés de soumettre certaines de nos préoccupations au Haut-commissaire qui nous a rassuré que tout rentrera dans l’ordre » a  renchéri le CVD du village. Il citera en exemple la situation du CEG de Boussou qui n’a pas ses propres salles de classes, l’absence d’électricité au CSPS etc. « Nous aurions bien voulu poser la question au maire pour comprendre pourquoi le CEG de Kirikodogo village lointain est construit au détriment de celui du chef-lieu de la commune qui est Boussou alors que les deux ont ouverts leurs portes la même année ». conclura-t-il en contenant à peine sa colère. Pour enfoncer le clou Antoine Guébré du groupe de ceux qui réclament le départ sans condition du bourgmestre et la prise en main de la commune par une délégation spéciale mentionnera que le maire a fait sa campagne dans tous les villages de la commune à l’exception de Boussou. Quant à Alimata Sawadogo, moins radicale, estime que le maire à l’obligation de prendre en compte leurs préoccupations en tant qu’élu de tous les villages sans exception. Son souhait est de voir leur local (maison de la femme), occupé par le CEG, libéré pour permettre la reprise de leurs activités. Sur le terrain le constat semble donner raison aux frondeurs. En effet les salles de classes collège sont disséminés à trois endroits différents. « Tous les bâtiments sont soit empruntés soit loués au frais des parents d’élèves » foi du président de l’Association des Parents d’Elèves APE qui ajoute que les tables-bancs également ont été acquis dans des conditions similaires.

 

Le maire favorable à une sortie de crise

Face à la situation qui devient de plus en plus préoccupante, le maire Sankara a réuni des conseillers, des membres des bureaux CVD des villages (sans ceux de Boussou) et quelques personnes ressources dans la salle de réunion de la mairie restée ouverte pour une concertation de sortie de crise. Se prononçant sur la crise le bourgmestre confirmera l’existence de la crise. « Effectivement c’est à partir de Ouagadougou que mon Secrétaire Général m’a informé qu’un groupe d’individus est venu les mettre dehors et procéder à la fermeture des bureaux en emportant les clés soit disant qu’ils ont cherché à me rencontrer en vain » laissera entendre le maire dans son introduction. «  Par deux fois j’ai reçu mes détracteurs, mais en présence des membres du bureau du conseil. Ils ont voulu que je les rencontre sans mes collaborateurs. C’est cela que je n’ai pas accepté. Sinon, je n’ai rejeté personne » précisera-t-il.

Un espace de dialogue et d’interpellation en perspective

A propos de sa rencontre avec les populations, il indiquera que du carburant est en cours d’acquisition pour lui permettre de faire le tour de tous les 16 villages de sa commune.  A cela il a ajouté l’organisation prochaine d’un espace d’interpellation et de dialogue qui permettra à tous ceux qui le désirent de participer directement aux échanges portant sur tous les aspects de la vie communale. En réponse aux préoccupations énoncées plus haut, l’édile a citera pèle mêle la réparation effective de l’ambulance, l’électrification de la maternité et la construction d’un parc de vaccination qui seraient en cours de réalisation. « Le reste viendra en fonction de nos moyens » conclura-t-il avant de lancer un appel à ses concitoyens à privilégier le dialogue et l’intérêt général de la commune avant tout autres considérations. Pour une sortie heureuse et rapide de cette crise qui plombe le développement de la commune des concertations ont été menées depuis le weekend passé entre les différents protagonistes, les autorités administratives provinciales et les forces vives de la commune résidant à Ouagadougou. Aux dernières nouvelles les frondeurs promettent remettre les clés de la mairie mais exigeraient que ce soit le 1er adjoint qui tienne les commandes en attendant qu’une solution définitive soit trouvée.

Affaire à suivre !!!

Faso-nord.info

 

Partager

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *