Formation professionnelle dans la région du Nord : Les acteurs du privé sollicitent un meilleur accompagnement de l’Etat

Après une 1ére édition des  journées des 72 heures  de la formation professionnelle brillamment organisée l’année dernière, les acteurs ont encore réédité  cette année, les 25, 26, 27 juin 2020  sous le leadership de l’Association développement sans frontières(DSF)  et l’accompagnement technique de la direction régionale de la Jeunesse et de la Promotion de l’entreprenariat des jeunes. Pour cause de la maladie à  coronavirus, cette deuxième édition modestement organisée a été instructive. «  Renforcement des capacités  des acteurs des centres de formation professionnelle de la région du Nord » c’est le thème de cette 2éme édition  avec pour   sous-thème« La gestion administrative, pédagogique et financière  des structures de formation ».  L’Association Développement Sans frontière  (DSF) et ses partenaires notamment  les fondations Wilde Ganzen et Wol des pays-bas sont la cheville ouvrière de cette rencontre d’échanges entre les acteurs de la formation professionnelle au Nord .

Des acteurs de la formation professionnelle écoutant la communication livrée par un des facilitateurs .

22 centres de formation dans la région du Nord  et  plusieurs filières enseignées notamment la coupe-couture , la mécanique auto , la mécanique deux roues , l’agriculture , la menuiserie bois , la menuiserie métallique, l’électricité , le bâtiment , le génie civil , l’art graphique, le tissage , la teinture  etc., la formation professionnelle tisse solidement sa toile au Nord du Burkina Faso .  Révolu  le temps où   elle  était délaissée,  négligée, traitée de tous les noms d’oiseaux.  Ces dernières années, l’État burkinabé accorde une importance capitale à la formation professionnelle à travers l’adoption en 2018, de la Politique nationale de l’Enseignement et de la formation technique et professionnelle  (PN/EFTP) et la création d’un ministère dédié à la formation professionnelle en 2006. Cette volonté se conforte avec le régime actuel qui à travers son Plan National de Développement Économique et Social (PNDES) qui entend faire de la formation professionnelle qualifiante un levier fondamental. Dans la région du Nord, DSF et ses partenaires donnent véritablement écho à cette volonté politique à travers le centre des métiers au sein du complexe éducatif Zoodo et la tenue deux années successives des 72 heures de la formation professionnelle.

Outiller les responsables des centres

Pour Salifou Sodré , chef d’orkertre de l’organisation des 72 heures de la formation professionnelle dans la région du Nord l’ancrage de ces temples du savoir -faire passe une unité d’actions , un partage d’expériences et des concertations permanentes

Pour cette année, cette célébration régionale de la formation professionnelle a été axée sur « La gestion administrative, pédagogique et financière »A entendre Salifou Sodré,  le coordonnateur de DSF, ce rassemblement  se veut un cadre pour outiller les responsables   pour une gestion efficiente et efficace  de ces lieux d’acquisition du  savoir – faire. «  Un moment de donner et de recevoir » a –t-il soutenu. Dans cette dynamique, les acteurs des 22 centres  venus des 4 provinces de la région du Nord   ont accordé un intérêt particulier aux    communications fournies par les deux agents de la direction régionale de la Jeunesse et de la promotion de entrepreneuriat des jeunes du Nord, le chef de service de la Formation professionnelle, Passampida Zoundi, et le chef de service de  l’Insertion professionnelle et de l’Emploi, Samuel T Kaboré. Comment manager le système de formation professionnelle qualifiante pour qu’il soit  porteur d’emplois aujourd’hui et demain ? Les responsables des structures de formation professionnelle sont-t-ils  suffisamment  outillés pour une gestion efficace des desdites structures ? C’est autour de   ces questionnements   que les deux facilitateurs ont introduit les débats. Au cours des échanges, l’état des lieux de la formation a été dépeint.

Forces et faiblesses

Les promoteurs des centres de formation professionnelle au Nord disent attendre mieux de l’État en termes d’accompagnement

Il ressort que la population s’approprie  l’importance de cette formation, ce qui justifie  la multiplication des centres ces dernières années. L’État manque  de moyens pour ériger des centres pour faire face à la demande et   les acteurs du privé viennent à sa rescousse. Pour preuve dans la région du Nord, l’unique centre  public  est celui de l’ANPE.  Cependant l’arbre ne doit pas cacher la forêt. La gestion des centres connait de nombreuses insuffisances et le conseiller technique du gouverneur de la région du Nord, Issouf Sawadogo en charge de la formation professionnelle, représentant le gouverneur,  le souligne bien dans son discours d’ouverture. « L’inadéquation entre l’offre des centres de formation et la demande sur le terrain, cause de sérieux ennuis, d’une part aux sortants des centres qui se retrouvent désœuvrés ou sous employés d’ autre part au secteur privé qui manque de main d’œuvre adaptée à leurs besoins. Les centres de formation professionnelle devraient alors arrimer leur produit au besoin du terrain et cela passe nécessairement par une bonne organisation de leurs structures » a-t-il noté.

Gestion efficace et efficiente

Pour le tout nouveau directeur régional de la Jeunesse et de la Promotion de l’entreprenariat des jeunes , cette rencontre constitue pour lui un moment de prise de contact avec l’ensemble des acteurs de la formation professionnelle .

Les facilitateurs préciseront qu’un centre de formation digne de ce nom doit  mettre en place un dispositif de gestion administrative  comprenant   un promoteur, un chef des travaux, un comptable ou gestionnaire, une ou un secrétaire et des formateurs. Ils ont précisé les attributions de chaque responsable.    Au

niveau pédagogique, les acteurs du privé devraient se conformer au programme déroulé par le ministère de la Jeunesse et de la Promotion de l’Entrepreneuriat des jeunes. Quant à la gestion financière, les communicateurs ont insisté sur la nécessité de disposer d’un comptable ou d’un gestionnaire et d’établir un budget prévisionnel. Il  a été aussi abordé la question de l’insertion professionnelle des apprenants en fin de formation. Il y a ceux qui ont les moyens pour s’installer à leur propre compte, ceux qui sont obligés de se faire recruter  chez des patrons avec l’espoir de s’auto-employer par la suite et ceux qui ont la chance d’être recrutés  par la structure formatrice à l’image de certains pensionnaires du centre de formation agricole de Tangaye (CFA)

Payer pour placer les stagiaires

Ces 72 heures de la formation professionnelle à entendre les participants participent au partage d’expériences au renforcement des liens .

Le sujet sur le placement des élèves en stage a fait l’objet de débats houleux au cours de cette rencontre. De nombreuses structures exigent aux responsables des centres des contreparties  à hauteur de 60 000 CFA  à 200 000 CFA par apprenant  avant de l’ accepter.Les frais de scolarité récoltés   par les promoteurs autour  de 50 000 CFA à 60000 CFA pour chaque inscription  ne donnent pas une marge de manœuvre permettant de supporter les frais de stage. Les promoteurs ont aussi  relevé la suspension de la remise des kids d’installation  par l’État   aux meilleurs élèves en fin de formation.  Toute chose qui compromet  l’émulation, leur imitation comme des modèles à suivre  et   leur insertion dans le milieu du travail. Bien avertis de certaines difficultés relevées par les promoteurs, les facilitateurs ont conseillé la conduite  d’actions de plaidoyers entre les acteurs et les structures susceptibles d’accueillir les stagiaires  afin d’aplanir les incompréhensions. Ils ont également suggéré  le démarrage du  processus du placement des stagiaires dès la première  année d’inscription    afin d’éviter les mauvaises   surprises  de dernières minutes. Autres bonnes attitudes à adopter,   la création d’entreprise au sein des centres, la perspicacité    dans la mobilisation de ressources extérieures.

L’oreille attentive du nouveau directeur régional     

Le coordonnateur de DSF , Salifou Sodré et le Dr de la Jeunesse, Moussa Tassembedo , reconnaissent que la formation professionnelle participe à la lutte contre le chômage et qu’il faut veiller à sa meilleure structuration dans la région du Nord

Avec le tout nouveau directeur régional de la Jeunesse et de la promotion de l’entreprenariat des jeunes , Moussa Tassembédo pour qui cette rencontre a été une occasion d’une prise  de contact avec l’ensemble des acteurs de la région , il a été abordé  l’insuffisance de l’appui de l’État au privé ,  l’inadaptation des curricula  élaborés par le ministère ,  les difficultés d’accès aux fonds  de l’État   . Le directeur a dit avoir pris bonne note, rassurant que sa direction s’inscrit dans la vision d’une meilleure structuration de la formation professionnelle. Il a aussi laissé entendre que les préoccupations soulevées seront minutieusement étudiées  et transmises à sa hiérarchie  pour des solutions idoines.

Partages d’expériences

A l’image de la majorité des participants, Évelyne Sankara du Centre Lucie – couture de Yako apprécie le bien fondé de ces 72 heures constituant une occasion de partages d’expériences, de raffermissement des liens et de prise  de recommandations dans le sens d’un meilleur rayonnement et un meilleur  ancrage de la formation professionnelle dans la région du Nord.

Evélyne Sankara du centre Lucie Kéré de Yako soutient que les connaissances acquises au cours de ces 72 heurs participeront à un fonctionnement et rendement des différents centres de formation

Elle soutient que les formateurs ont donné beaucoup d’informations utiles qui participeront à dynamiser le fonctionnement des différents centres. Le coordonnateur de l’association Développement sans frontière, Salifou Sodré se félicite pour sa part de l’engouement et de l’intérêt accordés  par les autorités régionales, les services déconcentrés de l’État et les promoteurs des centres   privés à ces 72 heures.

L’appui de Wol et Wilde Gazen, toujours sollicité

Les participants ont prêté une oreille attentive aux différentes communications des facilitateurs

Si l’importance de la formation professionnelle est visible  et palpable, participant    à la  lutte contre le chômage, au  renforcement du capital humain et  à  l’assise du  développement durable, il est à noter soutient  Salifou Sodré qu’il faut  travailler à lui donner toutes ses lettres de noblesse.  Cela,  insiste-t-il  nécessite une réflexion continue, une unité d’action  et  l’institution de cadres de concertions permanents. Il est convaincu qu’au regard des différentes contributions recueillies au cours de ces deux éditions, cette trouvaille des 72 heures à bien  sa raison d’être  et  il faut veiller   à sa pérennisation. Il réitère ses remerciements aux fondations wol et wildeGazen des Pays-Bas, comptant toujours sur leur soutien  et  l’expertise technique de la direction régionale de la jeunesse   pour une meilleure assise de la formation professionnelle dans la région du Nord.

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