Hygiène et assainissement à Ouahigouya : Manque de sites de dépotage contrôlés, les déchets à l’air libre

La gestion des déchets et des boues de vidange dans la ville de Ouahigouya , les mesures prises dans les agences bancaires et autres services publics pour briser la chaine de contamination de la maladie à coronavirus , ce sont entre autres des sujets abordés  par la délégation du réseau  des  parlementaires Burkinabé pour l’Eau potable, l’Hygiène et de l’Assainissement (REPHA-BF) au cours de leur mission d’information du 15 au 19 juin 2020.

 « Nous avons fait le constat que les déchets, les boues et vidanges sont déversés sur des sites sauvages à l’air libre,  à l’intérieur de la ville, aux abords des routes et des concessions » se désole le député Sombié Albert Benao. «  On nous a montré un site situé un peu à  l’écart de la ville, retenu comme un dépotoir qui sera aménagé  selon les normes, mais pour le moment aucun travail de viabilisation n’a été entamé sur le dit site.  On ne sait pas exactement à quel moment ce site sera fonctionnel » renchérit  le député Abdoulaye Ouédraogo. L’agent de l’ONEA, Baynli Djina Jérôme  dans sa communication a  laissé entendre que la gestion de l’assainissement collectif dont  fait partie les boues de vidanges (eaux usées issues des installations individuelles : fosses septiques, puisards, latrines)  incombe à l’ONEA. En l’absence de sites  de dépotage contrôlé et d’infrastructures de traitement confie-t-il, les boues sont dépotées dans la nature.Dans la ville de Ouahigouya à en croire le communicateur,  les dépotages  existants sont de type sauvage : 2 au niveau de l’ancien aérodrome, un à la sortie Est de la ville et un autre à la sortie Nord.   La situation laisse à désirer également au niveau des latrines. Se référant aux données des enquêtes ménages, le technicien de l’ONEA  a fait ressortir que 83% des ménages enquêtés disposent d’une latrine traditionnelle dans chaque concession, 7% ont un vip, 1% une chasse mécanique.  2% des ménages enquêtées dévoile-  t- il,  ont recours à la défécation à l’air libre.

Des maladies hydriques en vogue

Cette situation a  pour conséquence la fréquence des maladies hydriques constituant 60% des consultations médicales à Ouahigouya. Baynli Djina Jérôme a vite prévenu    que la question des boues de vidanges se présente  comme un enjeu majeur et un véritable problème  de santé publique  dans les pays en voie de développement.  Face aux conséquences fâcheuses de ce fléau,les responsables de l’ONEA à Ouahigouya ont souhaité que les parlementaires plaident auprès de l’État pour   l’inscription d’un fonds pour l’assainissement dans le budget national et  l’adoption de textes réglementaires sur la gestion des bouges de vidange. Ils ont aussi souligné les difficultés à acquérir des terrains pour la construction des infrastructures dans les communes,  expliquant  qu’il faut un minimum un terrain de 4 ha pour ce type d’ouvrages. Ils ont suggéré  que les maires  s’impliquent et facilitent l’acquisition des espaces indiqués.  La directrice  régionale de l’ONEA et son collègue   ont surtout sollicité l’accompagnement du réseau des parlementaires pour l’Eau potable, l’Hygiène et l’Assainissement quant à   la mobilisation des ressources financières complémentaires pour l’approvisionnement en eau potable   de la ville de Ouahigouya et séguénéga à partir du barrage de Gutti.

Réalisation d’un site de traitement en 2021

En attendant que leurs doléances trouvent des réponses favorables, les responsables de l’ONEA /Ouahigouya croisent les doigts, espérant voir l’aboutissement du  projet de réalisation du site de traitement des boues de vidange sur financement de l’Agence Française de Développement en 2021.Rencontrés,  la 2éme adjointe au maire de la commune de Ouahigouya, Mme Sodré /SangarbaDjénéba  entourée de techniciens et de quelques conseillers municipaux attestent que la question de l’assainissement constitue une préoccupation majeure. Elle est inscrite à en croire les autorités municipales en bonne place dans le plan communal de développement durable de la ville de Ouahigouya. La mairie fournit des efforts pour endiguer le fléau, mais ses actions sont limitées par l’insuffisance des ressources financières et matérielles. L’incivisme de la population et sa faible adhésion aux actions d’assainissement compliquent la tâche des autorités municipales dans la mise en œuvre des activités d’assainissement.

L’incivisme de la population freine la mise en œuvre des activités sur l’assainissement

Mesures barrières contre le covid 19  

Le député Abdoulaye Ouédraogo lors de la visite

Concernant la gestion de la maladie à coronavirus, les parlementaires ont pu faire le constat des mesures prises dans les agences bancaires, à la direction régionale de la police, à la mairie  et  au gouvernorat du Nord  pour opérationnaliser le respect des gestes barrières. Ces institutions bien que confrontées aux coupures intempestives d’eau, fournissent des efforts  pour mettre des laves mains et des  latrines à la disposition des usagers. Fort de son titre de représentant de l’état au Nord, le gouverneur a indiqué que dès l’apparition  de la maladie à coronavirus, il a  œuvré  par la mise en application effective des mesures prises par le gouvernement. Mieux, le comité régional de riposte dont il assure la présidence a effectué des sorties de sensibilisation dans les endroits à fortement affluence. Un plan régional de riposte a été élaboré pour faire face à la pandémie. Sans baisser la garde, le gouverneur se réjouit de constater que le territoire relevant de sa zone de compétence n’a enregistré un seul cas de cette maladie. 

Les députés promettent de s’y mettre

Triste constat à plusieurs endroits visités par l’équipe

Appréciant l’accueil qui leur a été réservé dans les différentes institutions, le porte-parole de la délégation,  le député Albert Sombié Benao  a fait un résumé succinct de leur tournée  en ces termes «   Cette mission d’information  nous as permis de toucher du doigt,les problèmes d’approvisionnement en eau potable dans la commune de Ouahigouya. Nous avons pu nous –mêmes constater qu’on peut faire deux à trois jours sans recueillir   une  goutte d’eau à partir  d’un robinet.  De gros efforts restent à consentir  en matière de gestion  de boues de vidanges et de déchets ménagers. La santé de la population est menacée par cette propension à abandonner les déchets à l’air libre. Dans les différentes institutions visitées, des efforts ont été faits en termes de dispositifs pour faire respecter les gestes barrières contre le covid19. Mais,  il est évident que s’il n  y a pas d’eau à boire, il est difficile d’en avoir régulièrement pour remplir les pots de lave-mains.  Nous saluons le courage et la capacité de résilience des populations. A notre retour, nous allons élaborer un rapport dans lequel nous  consignerons  ce que nous avons vu.  Un plaidoyer sera mené  de sorte à permettre un accompagnement pour résoudre les problèmes d’hygiène, d’assainissement et d’approvisionnement en eau potable » résume  le député Sombié Albert Benao.

S’il n’ y à d’eau à boire , il va s’en dire qu’il n’ y aura pas pour le lavage des mains

Brigite Ouédraogo, stagiaire pour Faso nord info

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