Journée internationale de la jeune fille : L’Appel de Ouahigouya

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     Journée internationale de la jeune fille 

                              L’Appel de Ouahigouya  

La ville de Ouahigouya a abrité le mardi 11 octobre 2016, la 1ère édition de la célébration de la journée internationale de la jeune fille sous le thème « Le pouvoir des adolescentes- horizon -2030 ». A l’occasion de cette célébration initiée par l’Association pour le bien- être familial (AJBF), des jeunes filles venues de plusieurs provinces ont organisé une marche à partir de la place de la nation au gouvernorat du Nord pour remettre un message au gouverneur Hassane Sawadogo. Le maire de la commune de Gourcy, Mme Adja Kadidia Ouédraogo a été la marraine de cette commémoration. Nous vous proposons le message livré au gouverneur.

Message des filles de la région du Nord aux autorités du Burkina –Faso

 

Les Nations Unies ont élaboré une définition de l’enfant pour que tous les pays ayant ratifié la Convention internationale des Droits de l’enfant partagent la même référence. C’est l’article 1 de la Convention relative aux Droits de l’enfant qui donne la précision : « Un enfant s’entend de tout être humain âgé de moins de dix-huit ans, sauf si la majorité est atteinte plus tôt en vertu de la législation qui lui est applicable »

Le Burkina faso dispose de textes juridiques qu’il a ratifiés ou adoptés dans le cadre normatif de protection et de promotion des droits des enfants et des adolescents. Nous retiendrons quelques-uns qui guideront notre interpellation

-La convention relative aux droits de l’enfant(CDE), qu’il a ratifié le 31 août 1990

-La charte africaine des droits et du bien -être de l’enfant (CADBE), ratifié le 08 juin 1992 et qui est entrée en vigueur le 29 novembre 1999.

– La Zatu AN VII-13/FP/PRES du 16 novembre 1989 portant code des personnes et de la famille (CPF) au Burkina Faso.

-Loi n° 43 -96/ADP du 13 novembre 1996 portant codé pénal sur les violences envers les enfants, sur l’enlèvement des enfants, sur les attentats à la pudeur, sur le viol, sur la prostitution ;

Ces principaux instruments juridiques, manifestation de la volonté politique ont permis l’élaboration et la mise en œuvre d’actions en faveur des enfants et des adolescents. On retiendra entre autres.

La création du conseil national pour l’Enfance

La création d’une direction générale de l’encadrement et de la protection de l’enfant et de l’adolescent (DGEPEA) au ministère de la Femme, de la Solidarité nationale et de la Famille

La mise en place du parlement des enfants.

Nonobstant toute cette réalité, il convient de souligner quelques chevauchements. D’abord l’existence de plusieurs types de minorités au Burkina Faso entre autres

La minorité nuptiale qui fixe à moins de 20 ans pour le garçon et moins de 17 ans pour la fille en référence à l’article 238 Code des Personnes et de la Famille qui énonce que « Le mariage ne peut être contracté qu’entre un homme âgé de plus de vingt ans et une femme de plus de dix-sept ans, sauf dispense d’âge accordée pour motif grave par le tribunal civil… ». A ce niveau, il est aisé de constater que la fille de 17 ans peut se marier bien qu’ayant l’âge d’un enfant (moins de 18 ans) .il apparaît une certaine contradiction lorsque l’on considère le même individu comme étant responsable conscient de ses actes au plan pénal mains incapable au plan civil.

Toutes ces situations ne sont pas de nature à accompagner les enfants dans leur développement. Elles contribuent malheureusement à voler l’enfance à certains enfants selon certaines dispositions car ceux-ci sont très souvent invités trop tôt légalement dans un environnement où ils auraient besoin encore de quelques compétences de vie pour s’adapter.

L’une des grandes avancées de la dernière décennie est la reconnaissance du droit des enfants à participer , en fonction de leur degré de maturité , aux processus de décisions aux niveaux local et national et de contribuer au développement de leur société .C’est dans cette dynamique que nous filles de  la région du Nord , saisissant cette grande opportunité offerte par l’AJBF et son partenaire Kinderpostzegels , interpellons les décideurs à l’harmonisation des textes et des approches afin de permettre aux acteurs de mieux nous accompagner.

Nous suggérons donc la relecture de certaines dispositions au regard de 04 grands principes contenus dans la CDF à savoir que :

Les droits de l’enfant sont valables pour tous les enfants sans distinction

Les enfants ont le droit à la vie afin de grandir et de se développer le mieux possible.

Les enfants ont le droit d’avoir une opinion propre dont il faut tenir compte (ce qui justifie le sens de notre appel)

Les gouvernements et les adultes doivent agir dans l’intérêt de l’enfant (Ce qui justifie le choix de l’interlocuteur que vous êtes)

En vous interpellant sur cette nécessité de mieux comprendre nos droits, nous faisons nôtres les responsabilités que nous, enfants devrions exiger de nous-mêmes et ce, en adéquation avec les dispositions de l’article 31 de la CADBE qui nous orientent sur nos devoirs.

Fait à Ouahigouya le 11 octobre 2016

Les filles de la région du Nord représentés par leurs délégués

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