Lutte contre l’extrémisme violent au Burkina : Le cabinet CR2A en réflexion avec des leaders du nord et du sahel  

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ingt-cinq (25) leaders communautaires et responsables associatifs de la région du nord et du sahel se sont rencontrés, à l’initiative du Cabinet de Recherches et Actions en Afrique (CR2A) et du Centre International sur les Conflits Non Violents (ICNC), pour être outillés sur les méthodes et actions non violentes dans la lutte contre , la radicalisation et l’extrémisme violent au Burkina Faso.  

L’atelier qui s’est déroulé sur trois (03) jours avec la facilitation des formateurs du cabinet CR2A a réuni les responsables communautés coutumières religieuses, et des d’association et d’ONG des régions du nord et du Sahel. Ce sont les  méthodes, approches, actions, tactiques et stratégies de la résistance civile et des actions non-violentes dans la lutte contre l’extrémisme violent, le radicalisme et l’extrémisme violent  au Burkina Faso qui ont été au menu des échanges de cet atelier. Pour le président de l’ICNC, Hardy Merriman, la résistance civile se définit comme étant un ensemble d’efforts collectifs continus visant à apporter des changements conséquents dans l’ordre social, économique ou politique. Les mouvements reposent sur les civils, impliquent une large participation populaire et alertent, éduquent, servent et mobilisent la population afin de créer un changement. 

Préparatifs du jeu de rôle sur les modes et méthodes de recrutement et d’endoctrinement des jeunes pour l’extrémisme violent et la radicalisation ?

Au cours des travaux , des exemples pacifique et citoyenne de résistance civile,  menés en Afrique du Sud, en Serbie, en Inde, aux Etats-Unis ont été partagés avec les participants afin de discuter de sa pertinence et de son efficacité. C’est une méthode parmi tant d’autres qui a fait ses preuves à travers le monde. C’est une approche pertinente, efficace qui apporte de réels changements dans le vécu des populations qui réclament plus de droits, de liberté et de justice.

Il ne s’agit pas d’une opposition frontale, brutale et aveugle.

Dans le contexte de notre pays en proie à l’extrémisme violent, la radicalisation et au terrorisme, beaucoup de gens se demandent si la résistance civile et les actions non-violentes peuvent être utilisées. Il faut bien comprendre que la résistance civile n’est pas une résistance passive ou inactive. C’est plutôt une résistance active avec comme seules armes la mobilisation et la détermination d’une frange importante de la population pour dire non à l’oppression, l’injustice, à la discrimination et à la violence. Cette résistance contre le terrorisme peut apporter des changements si elle est bien menée, structurée, coordonnée et planifiée. Il ne s’agit pas d’une opposition frontale, brutale et aveugle.

Les leaders religieux doivent déconstruire le discours violent et de  haine

Pour être efficace, la résistance civile doit être menée d’une manière stratégique, rationnelle et méthodique. A titre d’exemple, la résistance doit s’organiser autour de l’idéologie ou de la doctrine des groupes terroristes afin de déconstruire leurs discours et préserver la jeunesse de la radicalisation et de l’extrémisme violent. Les leaders religieux doivent déconstruire le discours violent et haineux et prôner le dialogue inter-religieux et la coexistence pacifique entre les groupes religieux qui se côtoient depuis des siècles au Burkina Faso.

Les leaders coutumiers doivent activer les mécanismes de règlement pacifique des conflits qui peuvent opposer les communautés ou les groupes sociaux.  La société civile peut s’inspirer des méthodes non violentes dans son approche de résistance à l’extrémisme violent et de la radicalisation comme étant une alternative crédible parmi tant d’autres dans la lutte contre ce fléau. Il faut se rendre à l’évidence que la lutte contre les groupes extrémistes et radicaux n’est pas que militaire. Il faut travailler à préserver la jeunesse contre l’enrôlement, l’endoctrinement des groupes terroristes en contrant leurs idéologies et doctrines. Il faudra également arriver à dé-radicaliser les jeunes qui se sont déjà enrôlés à travers la sensibilisation. Ne disposant de la force légale ou légitime, n’ayant pas le monopole de la violence, le rôle de la société civile dans la construction et la consolidation de la paix, est de travailler à accroître le niveau de prise de conscience de tous les acteurs de la société face à la montée de l’extrémisme violent, de la radicalisation et du terrorisme à travers des actions non violentes.

Faso-nord.info

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