Mise en eau du barrage de Guitti au Yatenga : Le  tout Séguénéga dans la rue pour protester contre la déviation de la route RN 015

La population de la commune de Séguénega située à plus d’une cinquantaine de km de Ouahigouya  ont organisé une marche ce lundi 10 avril 2017 pour protester contre la déviation de la route nationale n015 consécutive  à la mise en eau du barrage de Guitti . Un point d’eau annoncé pour desservir la ville de Ouahigouya en eau potable

 

« Jamais une revendication ne  fait autant l’unanimité à Séguénéga » assène un membre du comité d’organisation de la marche au regard de la forte mobilisation du jour. Toutes les couches sociales étaient au lieu de départ de la marche au point que les organisateurs avaient de la peine à les encadrer. Quand le coup de sifflet de départ  a été donné aux environs de 8h30 minutes, les marcheurs s’étendaient à pertes de vue. Les slogans inscrits sur les multiples   banderoles en disaient  long sur la détermination de la foule. « Pas de réhabilitation du tronçon Zanna-Ramsa-Robena-Séguénéga, pas de mise en eau du barrage » , « S’il vous plait essuyez nos larmes en réhabilitant  ce tronçon » « Nous exigeons l’indemnisation des personnes impactés par le projet de construction du barrage » pouvait-on lire sur les banderoles fièrement brandis par des jeunes  au devant et au milieu de la foule . Symbole très fort, se servant d’un camion rempli de terre, les frondeurs sont procédé eux-mêmes au lancement des travaux de réhabilitions.Après ce geste hautement symbolique, ils se dirigeront à la préfecture pour la remise de la plate forme revendicative au maître des lieux.  Celui-ci était  entouré du maire et des forces de sécurité. Les points de revendication  mis à la connaissance du  public par la voix de Sid Omar Ouédraogo sont précis et clairs : la non déviation et la réhabilitation de la route, l’indemnisation des personnes impactés par le projet du barrage, la mise en place d’un cadre de concertation. « Si dans les jours qui suivent, on ne fournit pas de réponses satisfaisantes a nos revendications, nous nous réservons le droit d’engager d’autres formes de luttes » a martelé Sidi Omar Ouédraogo .La représentante des femmes a  à son tour, égrené les retombées que cette route procure à la localité avant de traduire l’engagement  de sa couche à mener le combat pour éviter son abandon. A entendre Yacouba  Guiro , cette marche du lundi 10 avril 2017 est loin d’être un saut d’humeur . Elle a été initiée à la suite de nombreuses correspondances adressées aux premiers responsables du pays depuis 2009 et de nombreuses rencontres avec le gouverneur de la région du Nord Assane Sawadogo . Malheureusement partout ou ils ont été, on n’a pas accédé à leur requête. A les entendre,  leurs interlocuteurs de Tertius Zongo en passant par Luc Adolphe Tiao et le premier ministre de la transition et tout dernièrement  le président de l’Assemblée nationale, Salifou Diallo,  tous ont botté en touche. S’attendant à  une large concertation, après le passage des  missionnaires du président de l’Assemblée nationale, les frondeurs ne cachent pas leur colère d’entendre l’annonce de la mise en eau du barrage  en juin –juillet 2017 et de voir l’installation du matériel sur le site  sans qu’une solution ne soit pas trouvée aux préoccupations évoquées depuis belle lurette. Ne comprenant pas ce refus des décideurs à les entendre, les croquants disent avoir organisé cette marche à leur corps défendant pour se faire mieux entendre. Campant sur la pertinence et la justesse de leur revendication, ils estiment  que cette route est un riche héritage  que leur a légué  leurs grands-parents  et il n’est pas question qu’il soit abandonné  de la sorte  .  Pour eux,  la volonté du gouvernement de desservir la ville de Ouahigouya en eau potable ne doit  occulter le drame de plomber les activités économiques de la ville de Séguenega et ses villages environnants.Sid Omar Ouédraogo et ses camarades refusent donc qu’on construise  le bonheur des habitants  de la cité de Naba-Kango sur les cadavres de la population de la cité de Wafo . Sans faire trop de commentaires, le préfet du département, Zoungrana Rasmané a promis transmettre le mémorandum et la plate forme revendicative à qui de droit. Pour les marcheurs, il n’  y a pas d’extrapolation à faire au sujet de cette lutte. Elle est loin d’avoir une connotation politique.  C’est le symbole insiste-t-ils,  d’une population unie pour défendre son héritage pour ne pas dire sa survie économique et  son destin.

 

 

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