Ouahigouya : Construction d’un laboratoire médical sur fond de rivalité politique

La construction du laboratoire d’examens médicaux  au centre médical du secteur 4 de Ouahigouya fait  actuellement   des gorges chaudes. Deux hommes politiques se tiraillent pour s’octroyer la paternité de la construction du bâtiment de la dite infrastructure sanitaire.

Les proches de Ousséni Nacanabo sur le chantier de construction du laboratoire depuis le 17 aout 2020

L’on se rappelle que  le 12 mai 2018, le PDG de l’entreprise SONACO, actuel président du Front Africain pour le changement (FAC), Ousséni Nacanabo dit  Yoro procédait à la pose de la première pierre du bâtiment  d’analyse médical au centre médical du secteur 4 de Ouahigouya en présence des membres du comité de gestion et de nombreuses personnalités dont le ministre de l’Energie Ismaël Béchir Ouédraogo. Cette activité avait suscité des grincements de dents à l’époque. Certains acteurs  politiques  voyaient   d’un mauvais  œil,  le PDG de l’entreprise SONACO   faire  de la construction de cette infrastructure sanitaire son affaire. Toute honte bue, ils ont    joué des pieds et des mains  pour boycotter la cérémonie de la pose de la pierre.

                       Refus d’accorder l’autorisation de construire

La pose de la pierre de construction du laboratoire en mai 2018

Leur tentative ayant été vaine,  ils excelleront dans les manigances  pour empêcher   le déroulement des travaux.  Plus réfléchi,    Le COGES s’est démarqué  de cette entreprise de nuisance.  Voulant vaille que vaille voir la réalisation du laboratoire, il   a pris la responsabilité sur lui d’entreprendre   les démarches  pour avoir les autorisations nécessaires.

Photo souvenir après la pose de première pierre

A en croire un membre de ladite structure, le district sanitaire  de Ouahigouya et  la direction régionale de la santé ont apposé des   avis favorables sur la demande.   C’est  au niveau de la mairie que le processus se serait bloqué. Les autorités municipales auraient refusé de donner suite à la requête.

                                 Des allégations à n’en pas finir

Depuis lors, ce sont des supputations dans les gargotes et autres « grins » de thé.  Les mauvaises langues alléguant que   le PDG de l’entreprise SONACO n’aurait plus les moyens pour tenir sa promesse. C’est dans cette ambiance de médisance que  des individus  soupçonnés de tirer sur les ficelles pour bloquer l’exécution du chantier  sont sortis du bois. Selon nos sources, un homme politique, ressortissant du secteur 4, Ismaila Ouédraogo, président de la fédération du MPP au Nord  pour ne pas le nommer   a pris langue tout dernièrement avec le PDG de l’entreprise SONACO pour annoncer qu’il aurait eu des partenaires prêts à délier le cordon de la bourse    pour  participer  à la construction de l’infrastructure sanitaire.  Le premier à poser  la pierre   n’aurait  rien trouvé à redire  sur  cette   proposition   d’unir   les forces  pour ériger le bâtiment.  

                                        Une entente de façade

Le président de la fédération MPP/Nord et ses partisans sur le site du centre médical le samedi 15 aout pour annoncer la construction du laboratoire

Contre toute attente,  le Dr smaila Ouédraogo était avec une équipe sur le site du centre médical  pour signifier que désormais   c’est lui  qui prendrait  en charge  la réalisation du dit bâtiment. On aurait intimé l’ordre aux membres du COGES de déclasser les briques  qui avaient été fabriquées et déposées sur les lieux depuis la pose de la première pierre. A quel moment s’est –il octroyé l’autorisation de construire, alors qu’on en avait refusé à l’autre ? Pourquoi cette politique de deux poids, deux mesures ? Intrigué et outré, disant ne pas comprendre pourquoi la municipalité lui a refusé l’autorisation de construire, le DG de  la  SONACO  a ordonné à son chef de chantier  d’entamer les travaux sur le site contre vents et marées.

                             La police municipale s’en mêle   

Ce matin  du lundi 17  aout 2020,   la police municipale s’est invitée dans l’affaire. Un agent disant être venu sur instruction de son patron a notifié verbalement aux responsables  sur le chantier   une convocation pour des échanges à la direction de la police municipale.    Arrivés sur les lieux, les membres du comité de gestion et quelques personnes ressources s’entendront dire par le commandant que instruction lui a été donnée de faire arrêter les travaux de construction  du laboratoire. Ses interlocuteurs lui ont signifié  leur incapacité à  se plier à cette injonction au risque de se faire  lyncher  par les habitants du secteur.  Les membres du COGES lui ont fait comprendre que   la volonté de ceux qu’ils représentent est de voir la construction de l’ouvrage par celui qui s’est manifesté le premier.

                                         D’autres attentes pressantes

Des observateurs et  aussi des membres du comité de gestion disent    ne  pas comprendre   tout ce ramdam  autour de la construction du bâtiment de laboratoire   alors que le centre médical est confronté à d’autres problèmes. Ils citent    par exemple le groupe électrogène offert  par le président de la fédération du MPP au Nord,   inutilisable présentement à cause d’une panne de la batterie. Face à la  forte demande en médicaments, le COGES dit avoir  opté  de consacrer ses maigres ressources à l’achat des produits pour la pharmacie que de réparer le groupe électrogène. il se trouve également que la structure sanitaire manque de bureaux digne de ce nom pour faciliter les conditions de travail des 3 médecins qui y sont affectés, sans oublier l’exiguïté des salles d’hospitalisation  pour accueillir les  malades  en cette période où le paludisme fait  aliter de nombreuses personnes.

                                 Sectarisme inexplicable

S’il est vrai que le développement de la commune  exige la contribution  de tous les  citoyens, cette attitude de la municipalité s’assimilant à  un refus de donner l’autorisation de  construire est incompréhensible. La municipalité devrait se démarquer de la politique partisane pour ne voir que l’intérêt supérieur de la  collectivité au risque de se voir taxer  d’être à la solde d’un individu.  Comme l’avait si bien relevé un homme politique très futé de la région du Nord, il est temps que les fils et filles de cette région fassent de la politique du développement et non se complaire dans l’autodestruction. Ce tiraillement autour de la construction du bâtiment du laboratoire d’analyse médical du secteur 4 de Ouahigouya ressemble à un jeu d’enfants, indigne de  responsables politiques qui tentent de s’afficher  comme des leaders  de toute une région.  

                             Abus de pouvoirs

Pour la population du secteur 4 , il n’a pas question qu’on retire la construction du laboratoire au PDG de SONACO

L’on se souviendra qu’en novembre 2018, les autorités municipales de Ouahigouya nous ont servi une scène  tragi-comique indigeste en refusant  une autorisation  d’occupation de la place de la  nation de Ouahigouya pour une remise de tables-bancs. Elles ont mis la puissance   publique à contribution pour empêcher la tenue   de l’activité sur un autre site, précisément au   terrain  du  secteur 2 de Ouahigouya. Une donation dont l’auteur est le même opérateur économique Ousséni Nacanabo dit Yoro. C’est finalement au sein du lycée yam-waya de Ouahigouya que la cérémonie de  remise de 200 tables –bancs a pu se faire  le 03 novembre 2018   au bénéfice d’établissements du secondaire du  Yatenga. Les responsables de la municipalité ont intérêt à se démarquer de ce genre d’attitude qui vole au ras de pâquerettes.

                                        Contenir son égo

Quand on se met à la tête d’une commune,   c’est pour servir l’intérêt public.  Il sied d’avoir   une certaine   hauteur de vue     pour accepter tous les citoyens pour peu que leurs actions participent au bien-être de la population. On peut   comprendre que tout le monde n’ait  pas cette   grandeur d’esprit pour se mettre au-dessus de certaines considérations, mais de là à se servir de son autorité  pour contrer des initiatives  citoyennes , cela   est un comportement    intolérable et inacceptable de la part d’un guide de la gouvernance locale  qui se   doit d’être rassembleur, de susciter la participation citoyenne  et de travailler pour le bien-être de tous les citoyens.

Pourquoi tant de ramdam autour de cette histoire du laboratoire alors que le centre médical est confronté à d’autres priorités

                        Triste image d’acteurs politiques  

Pour mieux planter le décor, depuis un certain temps, l’adversité est  rude entre le PDG de l’entreprise SONACO  et l’ancien ministre Ismaila Ouédraogo. En voulant à celui-là qui se revendique l’héritier politique de feu Salifou Diallo dans la région du Nord d’avoir été discourtois à son égard lors d’une sortie politique dans la commune de Barga, Ousséni Nacanabo dit Yoro natif de cette localité a mal gobé l’attitude de son camarade. Comme réplique,  il organisera un gigantesque meeting pour cracher ses vérités avant  d’entreprendre une campagne pour empêcher la désignation de l’actuel secrétaire permanent du conseil national de lutte contre le Sida au titre du président de la fédération du MPP au Nord. 

Pour n’avoir pas pu empécher la désignation du Dr smaila Ouédraogo comme président de la fédération du MPP/Nord, Yoro a préféré ses distances pour créer le FAC

A défaut de pouvoir écarter son rival du dit poste, Ousséni Nacanabo a préféré prendre  ses distances avec le MPP pour créer le parti Front Africain pour le Changement (FAC).  Depuis lors,  beaucoup d’eau a coulé sous les ponts.  Il est arrivé que les deux frères rivaux se fréquentent lors des évènements sociaux, tout en se surveillant comme de l’huile sur le feu. Chacun cherchant la moindre faille  pour noyer l’autre. Tristre comportement  d’acteurs d’une même génération politique qui avaient plus intérêt à se tenir la main pour faire rayonner l’héritage politique de feu  Salifou Diallo que de le  démolir   de la sorte.  Politique à Ouahigouya,  quand tu nous tiens !

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