Paix et cohésion sociale : Jam appelle les Burkinabès « égarés » à revenir à la maison

L’initiative la « Coalition Jam pour la Paix et la Cohésion Sociale (CJPaCS), est une idée de El Hadj Moussa Cissé avec l’engagement d’un consortium d’associations burkinabé. C’est en réponse à la situation de crise sécuritaire que vie le pays des hommes intègres ,depuis six ans qu’elle a entrepris une caravane dans les six régions les plus affectées par les troubles à la paix et au vivre-ensemble. C’est dans cette lancée qu’elle a réuni les acteurs religieux, coutumiers et Volontaires pour la Défense de la Patrie ce samedi 02 janvier 2021 à Ouahigouya, chef lien de la région du Nord. Sous la présidence du Gouverneur de la région du Nord, représenté par le Haut-commissaire de la province du Yatenga, Aminata TARNAGDA, les participants venus des quatre provinces de la région, après des échanges sur les origines de la crise , ont fait des propositions endogènes de solutions pour le retour du bon vivre d’antan au Pays de hommes intègres. Faso-nord.info vous vous propose la déclaration commune issue de la journée de recherche de solution remise à l’autorité régionale représentée.    

DECLARATION DE OUAHIGOUYA SUR LA PAIX ET LA COHESION SOCIALE

Au nom de Dieu tout puissant,

Au nom du droit à la vie de chaque individu,

Au nom de l’épanouissement des enfants et pour leur permettre d’être éduqués et de grandir aux côtés de leurs parents,

Au nom des martyrs, des innocents, des orphelins, des veuves, des personnes déplacées et des victimes de la crise sécuritaire,

Au nom de l’amour du prochain et de la liberté de chaque individu,

Au nom du pardon, de la solidarité et du vivre-ensemble légendaires légués par nos aïeux ; 

Les leaders communautaires venus des régions du Nord ainsi que d’autres localités du Burkina Faso, réunis ici à Ouahigouya ce jour 02 janvier 2021 à la faveur de la caravane de la Coalition Jam pour la Paix et la Cohésion Sociale (CJPaCS) lancent les appels suivants :

Aux populations burkinabé dans leur ensemble à :

Le présidium à l’ouverture de la caravane
  • toujours privilégier le dialogue dans le traitement de leurs différends ;
  • promouvoir la tolérance, le pardon, l’amour et la solidarité entre elles
  • s’investir dans les efforts de promotion de la paix et de la cohésion sociale ;
  • promouvoir les valeurs de paix et de vivre-ensemble enseignées par nos livres saints et léguées par nos aieux ;
  • enseigner les valeurs de paix et de vivre-ensemble aux enfants qui sont l’avenir de la Nation ;
  • éviter la stigmatisation, le complexe de supériorité et le repli identitaire ;
  • se pardonner et aller à la réconciliation ;
  • promouvoir le mariage inter-communautaire

Aux Burkinabé qui ont pris les armes contre leur propre pays à :

  • déposer les armes et privilégier le dialogue ;
  • respecter la sacralité de la vie humaine ;
  • promouvoir la tolérance et la non-violence ;

Aux civils Burkinabé qui ont pris les armes pour défendre leur pays à :

La remise de la déclaration à madame le Haut-commissaire du Yatenga
  • éviter les exactions contre les populations ;
  • respecter les textes de la République et la sacralité de la vie humaine ;

Aux forces de défense et de sécurité à :

  • exercer leurs missions avec professionnalisme et dans le strict respect des droits humains ;
  • éviter les exactions contre les populations ;
  • œuvrer au renforcement de la collaboration entre elles et les populations

Aux autorités à :

Des moments de prières pour le retour du bon vivre ensemble , icone du Burkinabè
  • créer des cadres de concertation dans toutes les localités et faire entièrement confiance aux animateurs ;
  • créer des mécanismes endogènes pour permettre aux communautés de résoudre leurs anciens conflits ;
  • lutter contre la circulation des substances psychoactives ;
  • œuvrer au contrôle rigoureux de l’acquisition et de la circulation des armes à feu et des munitions ;
  • promouvoir l’implication des jeunes et des femmes dans la résolution des conflits ;
  • valoriser le statut des chefs coutumiers ;
  • promouvoir une gouvernance vertueuse ;
  • lutter contre la corruption et le laxisme au sein de l’administration ;
  • œuvrer à la dépolitisation de l’administration et de l’appareil sécuritaire ;
  • initier le dialogue avec les Burkinabé qui ont pris des armes pour quelques raisons que ce soit, afin qu’ils les déposent et reviennent à la maison ;
  • mettre en place des mécanismes pour favoriser le retour et la réinsertion socioprofessionnelle de ces personnes notamment par la création d’un centre de réinsertion sociale ;
  • œuvrer à la collaboration entre les acteurs de la scène pénale et ceux des mécanismes traditionnels de résolution des conflits (autorités coutumières et religieuses), notamment dans la gestion des conflits fonciers ;

Le Rassam Naaba Sanem , porte voix de Sa majesté Naaba Kiiba, Roi du Yatenga
  • œuvrer au jugement rapide des affaires sur le terrorisme en vue de libérer les personnes innocentes ;
  • faire cesser les exactions des Forces de défense et de sécurité contre les populations civiles innocentes ;
  • recadrer et mettre les VDP sous tutelle des forces de sécurité intérieure qui connaissent mieux les communautés ;
  • impliquer les chefs coutumiers dans le recrutement des VDP ;
  • prendre en compte toutes les communautés dans le recrutement des VDP ;
  • œuvrer à l’autonomisation des jeunes et des femmes ;
  • mettre en place de stratégies pour permettre la relance économique des régions fortement affectées par la crise sécuritaire ;
  • œuvrer à la promotion d’une justice indépendante et équitable ;
  • promouvoir l’accès équitable à la terre et interdire l’accaparement des terres par les agro businessmen et autres prédateurs ;
  • œuvrer au retour des Populations Déplacées Internes dans leurs terroirs ;
  • œuvrer à la libération sans délais de tous les axes routiers pris en otage ;
  • œuvrer à l’application des textes et à la restauration de l’autorité de l’Etat ;
  • encourager le mariage inter-communautaire ;
  • combattre l’analphabétisme et l’ignorance religieuse ;
  • promouvoir l’implication des imams dans la prévention de l’extrémisme violent ;

Aux acteurs politiques à :

  • l’union et à toujours privilégier l’intérêt supérieur de la Nation ;
  • éviter la manipulation des populations à des fins politiques

Fait à Ouahigouya le 02 janvier 2021

            Les participants

Partager

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *