Point de presse de l’AJFB Ouahigouya : 210 mariages d’enfants dans la région du nord de 2016 à 2018

L’Association des Jeunes pour le Bien être Familial (AJBF) était face aux hommes de média ce jeudi 28 février 2019 à son siège situé au secteur 1 de Ouahigouya . Au menu de cette  sortie médiatique, il était question de présenter les trois projets qui sont pilotés par la structure et les activités déjà réalisées.

La lutte contre le mariage des enfants autour du concept son « Choix  »  est l’un des trois projets piloté par l’Association des Jeunes pour le Bien être Familial.  Selon, Charlotte Zougmoré, coordonatrice du dit projet, une étude menée par l’UNICEF en 2017 révèle que plus de 12 millions de filles sont mariées dans le monde avant leur 18ème anniversaire et cette pratique est plus répandue dans notre pays qui occupe la 6ème place à l’échelle mondiale et selon une enquête de la direction régionale de la femme, de la solidarité nationale et de la famille de la région du nord, 210 cas de mariages d’enfants ont été réalisés de 2016 à 2018 dans la région. C’est donc au regard de ce tableau peu reluisant de la situation des jeunes filles que l’AJBF, en collaboration avec son partenaire financier Kinderpostzegels a initié ce programme de lutte contre le mariage des enfants.

Activités génératrices de revenus

Pour  une durée de 5 ans, le programme est prévu pour se réaliser dans 19 villages de la province du Yatenga. Pour la coordonnatrice, l’objectif du programme est de permettre «  aux filles de pouvoir décider librement de leur mariage et surtout après leur 18ème année ». Le programme qui a débuté depuis janvier 2016 comporte six axes stratégiques. Il s’agit entre autres  du renforcement des capacités des filles, de l’amélioration de  l’accès à l’éducation formelle et aux services de la santé sexuelle reproductive, du renforcement de leur pouvoir économique à travers les familles, du travail avec les communautés pour un changement social des normes. Le dernier axe appelle à la création d’un environnement favorable et une politique sur la prévention des mariages forcés.

170 filles formées  sur les pratiques néfastes

Des activités réalisées,  170 filles qui ont été formées sur les thématiques relatives à ces pratiques néfastes, des cours de soutiens ont été également organisés au profit des enfants pour renforcer leurs connaissances. Toujours dans la même optique, 60 femmes ont été formées dans les activités génératrices de revenus et selon la chargée de projet, le bilan est déjà satisfaisant au regard de l’impact considérable constaté dans les zones d’intervention. L’introduction de modules sur des thématiques afférents aux droits de la femme et à la pratique de l’excision est une des innovation majeure de ce projet.

Zone libre de tout travail d’enfant

Au compte de l’année 2019 une pléiade d’activités est prévue dans le sens de réduire le phénomène parmi lesquelles des séances de formations et de sensibilisation au profit des différents acteurs dans les zones concernées.  « Le boom minier constaté au Burkina Faso depuis 2009 a eu d’énormes conséquences, incitant  les populations à se déporter vers les sites aurifères artisanaux. », explique Mariam Ouedraogo, coordonnatrice  du projet « Construire des communautés libres  de tout travail d’enfant ». Cette ruée de la population vers les sites d’orpaillage engendre  plusieurs abandons scolaires. Les enfants  sont soumis aux pires formes de travail sur ces sites. L’AJBFB entend réduire ce phénomène  à travers ce projet.   Et ce sont deux provinces, le  Yatenga et le Lorum précisément la commune  de  Banh qui en sont les bénéficiaires. Fondées sur l’approche « Zone libre de tout travail d’enfants » , les activités de ce projet concourent à retirer les enfants des sites d’orpaillage et à faire en sorte qu’ils terminent  leur cursus d’éducation de base .  Selon la coordonnatrice, l’association prévoit d’ici à  2021 une réduction de 50% du travail des enfants.  A ce jour , des enfants repérés et extirpés des sites d’orpaillage attendent d’être réinscris dans des écoles ou placés dans des centres d’apprentissage .

Pour ce qui concerne le troisième  projet démarré au cours du mois de février 2019  à savoir « la capacitation des organisations de la société civile de Ouahigouya pour une meilleure prise  en compte du genre dans la prévention et/ou ma lutte contre le VIH », Azeta Kindo, coordonnatrice du projet indique qu’ilvise « deux objectifs spécifiques à savoir le renforcement des capacités de 15 organisations de la société civile intervenant dans la lutte contre le VIH dans la région du nord et l’organisation d’un plaidoyer pour l’intégration du module au cours de la formation des agents de santé et des services sociaux sur la prise en compte du genre dans la prévention et/ou la lutte contre le VIH ».

Impliquer les médias

Prévu pour une durée d’une année  l’AJBFB entend engager la presse locale  à accompagner les OSC quant à la prise en compte du genre dans les activités de prévention et de lutte contre le VIH/Sida . L’association estime que cette conférence de presse  participe à  faire connaitre  les objectifs,  les  activités et les résultats de ses projets. Pour les  responsables de l’association son combat pour l’épanouissement de la femme et de l’enfant passe  par une meilleure implication des médias   pour toucher son public  cible. Créée en 1995, la reconnaissance de l’association des jeunes pour le bien être familial de Bogoya (AJBFB)  date du 30 août 1996 . Sa vision à entendre son coordonnateur  Souleymane Ouédraogo est de développer les capacités de la population grâce à des programmes intégrés de développement communautaire.

Alceny DIALLO, stagiaire

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