Prévention et gestion des conflits pastoraux : des acteurs formés à Ouahigouya

Amnesty International Burkina Faso a organisé les 23 et 24 mars 2021 à Ouahigouya en partenariat avec l’Union Nationale des Rugga du Burkina (UNRB), une formation sur la gestion et la prévention des conflits pastoraux. Cette formation a regroupé une vingtaine d’éleveurs, de leaders religieux, chefs coutumiers et des représentants des personnes déplacées vivant dans la région du Nord. Une délégation des Rugga du Burkina conduite par son Président, l’Émir Hamidou Bandé, a pris part à la formation de Ouahigouya.   

Dans la prévention et la gestion des conflits pastoraux , la femme doit être fortement impliquée

Inculquer  l’esprit  du dialogue social entre les différents acteurs du monde rural (éleveurs et agriculteurs), renforcer  les capacités  de ces acteurs sur le concept  des  droits humains en vue de promouvoir la cohésion sociale,  le vivre ensemble, la coexistence pacifique et le dialogue intercommunautaire,  outiller les participant-es sur l’approche droits humains,  la  promotion de la cohésion sociale et  la résolution pacifique des conflits, ce sont entre autres les objectifs de cette session de formation.

                       Communications et partages d’expériences

La chefferie coutumière et les leaders religieux ont un grand rôle à jouer dans le combat pour la prévention et la gestion des conflits pastoraux

 Pour permettre l’atteinte des résultats, les organisateurs ont présenté trois communications. Se voulant participatif, l’atelier a été aussi marqué par un partage d’expériences, sanctionné par une collecte des bonnes pratiques fournies par les participant-es.   Il faut souligner que la parité genre a été respectée au cours de l’Atelier. Il y a eu la participation de dix (10) femmes et onze (11) hommes. Le Coordonnateur Croissance et Activisme d’Amnesty International Burkina, Hassan Tapsoba, le Secrétaire Général de l’Union nationale des Rugga du Burkina, Boubakary Diallo, le Directeur Exécutif d’Amnesty International Burkina Faso, Yves Boukary Traoré, le Coordonnateur Éducation en Droits Humains d’Amnesty International Burkina Faso, Moussa Ouédraogo ont développé leur savoir-faire pour outiller les participant-es sur la gestion et la prévention des conflits pastoraux.

Les communicateurs ont développé leur savoir faire pour faire comprendre aux participants les tenants et les aboutissants sur la prévention et la gestion des conflits pastoraux

Définition des concepts, textes et lois

Un tour d’horizon a été fait sur la définition des concepts, les conflits et droits humains, les sources de ces phénomènes sociaux et les textes et lois encadrant la gestion et la prévention des conflits pastoraux. Il faut retenir que les conflits pastoraux sont des conflits qui peuvent opposer éleveurs et agriculteurs dans la gestion des zones pastorales, des pistes de transhumance, des points d’eau, la divagation des animaux, les vols de bétail etc. Ces conflits peuvent occasionner des atteintes graves aux droits humains s’ils ne sont pas rapidement circoncis et gérés convenablement. C’est pourquoi l’approche des Rugga est à saluer. Ils prônent généralement le dialogue, la concertation et la médiation comme méthode de résolution des conflits pastoraux.

Prévenir les atteintes aux droits humains

Pour le directeur exécutif de Amnesty International Burkina, Yves Boukary Traoé , il est nécessaire de former les membres de l’association Ruuga sur la problématique de la transhumance, les conflits pastoraux et ses corolaires

Selon Yves Boukary Traoré, l’Association Rugga s’impose comme une structure de veille et il est important que ses membres maitrisent la problématique de la transhumance, les conflits pastoraux et ses corollaires. La capacité des membres du Rugga à pouvoir impacter leur milieu par leurs actions, nécessitent que leurs capacités en droits humains soient régulièrement renforcées, a fait comprendre le Directeur Exécutif d’Amnesty international Burkina Faso.  Pour Amnesty International, le renforcement des capacités vise à prévenir les atteintes aux droits humains dans la gestion et la résolution des conflits pastoraux dans les communautés.

 Défense et protection des droits humains

Cette formation a été un rendez-vous du donner et du recevoir

Le Coordonnateur chargé de l’éducation aux droits humains à Amnesty       International Burkina Faso, Moussa Ouédraogo   estime que si les chefs coutumiers, les chefs religieux, les éleveurs et les personnes déplacées sont suffisamment outillés , leurs actions contribueront à améliorer la défense et la protection  des droits humains.

Les participants

Le Président de l’Union Nationale des Rugga du Burkina a pour sa part précisé que le Rugga désigne le chef de tous les éleveurs d’une localité. C’est l’ensemble de ces chefs, relève -t-il, qui se sont constitués en association avec pour ambition de promouvoir la cohésion sociale, le vivre ensemble entre agriculteurs et éleveurs. Il informe que la vision de l’Association s’inscrit dans celle des autres acteurs intervenant dans le maintien de la paix et la cohésion sociale.

                                Intervention dans plusieurs pays

 L’Association Rugga est présente au Niger, au Nigeria, au Mali, au Burkina, en Côte d’Ivoire, Benin, Togo et en Guinée. Pour Hamidou Bandé, cet atelier qui a regroupé plusieurs acteurs avec qui, l’Association Rugga collabore dans la mise en œuvre de ses activités, est une initiative qui ragaillardit les membres de l’Association. Participante, Zenabou Wané, représentante des femmes ressortissantes du Mali à Ouahigouya, a reconnu la pertinence des thèmes et leur maitrise par les communicateurs. Elle promet partager les connaissances acquises avec ses camarades pour une meilleure implication de l’ensemble des acteurs dans la prévention et la gestion des conflits pastoraux.

                     Parfaite connaissance de leurs milieux

. Pour Moussa Ouédraogo, coordonnateur chargé de l’éducation aux droits humains à Amnesty International-Burkina Faso,lorsque les Rugga n’arrivent pas à résoudre un problème entre un éleveur et un agriculteur, nous recommandons, a-t-il poursuivi, qu’ils se réfèrent aux autorités compétentes

Foi du Coordonnateur chargé de l’éducation aux droits humains à Amnesty International-Burkina Faso, les Rugga ont la parfaite connaissance de leurs milieux et s’ils sont bien outillés, ils peuvent contribuer au traitement des problèmes qui surviennent dans leurs communautés d’où toute l’importance de cette formation comme quoi « « Nul ne connait mieux les trous du toit d’une maison que celui y habite ». Pour Moussa Ouédraogo, lorsque les Rugga n’arrivent pas à résoudre un problème entre un éleveur et un agriculteur, nous recommandons, a-t-il poursuivi, qu’ils se réfèrent aux autorités compétentes. L’administration et la justice sont à même de gérer les conflits pastoraux sur la base des textes et lois de notre pays. La contribution des Rugga, quoiqu’intéressante et endogène doit tenir compte des textes et lois qui encadrent la gestion et la résolution des conflits pastoraux.

Inoussa Ouédraogo     

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