Protection de l’enfance au Yatenga : Concilier les normes sociales à la loi

La salle de conférence du centre Monseigneur Louis Durieux à Ouahigouya a abrité les 9,10, 11 aout 2018 , un atelier de formation dénommé « cadre de coordination et de concertation des acteurs communautaires et institutionnels des zones de départ , de transit et de destination des enfants en mobilité , ou au travail sur les sites d’orpaillage ». Cet atelier initié par la direction provinciale de la Femme, de la Solidarité nationale et de la Famille du Yatenga et la fondation EDUCO a mobilisé des membres du parlement provincial des enfants et du réseau provincial de protection de l’enfance ,  des forces  de l’ordre  , des responsables religieux et coutumiers , des représentants d’ONG et d’associations,  des agents de structures déconcentrées de l’Etat, des conseillers municipaux et des conseils villageois de développement. 

 

 

Le directeur provincial de l’action sociale du Yatenga

L’engagement des autorités burkinabé  à promouvoir  les droits de l’enfant est bien connu . En témoigne la ratification de nombreux instruments juridiques internationaux  et régionaux , l’adoption de textes nationaux , la mise en place de dispositifs institutionnels . Sur le terrain à entendre le directeur provincial de la Femme , de la Solidarité nationale et de la Famille du Yatenga ,Leonard  Aboubacar Abdou  Sawadogo,   les normes légales se butent à des considérations sociales , ne facilitant pas la protection intégrale de l’enfance . D’où selon lui,  l’intérêt de cet atelier qui a regroupé les leaders coutumiers et  religieux et les autres acteurs pour éclairer lanternes des participants sur  les éléments relatifs aux droits des enfants et identifier les différentes normes afin d’  en retenir celles qui sont conciliables . Pour lui , les leaders religieux et coutumiers sont  très écoutés dans leurs communautés et toutes initiatives tendant à occulter leurs pratiques pourraient rencontrer  une application difficile sur le terrain .

                                  Élaboration d’une feuille de route

Afin de mettre les participants au même niveau de compréhension, les échanges au cours des deux premiers jours ont porté sur  les principaux concepts couramment utilisés dans le cadre de la protection de l’enfance ,   l’identification et la conciliation  des normes sociales et des normes légales en matière de protection de l’enfance, l’identification des actions à mettre en œuvre et l’élaboration d’une feuille de route pour une conciliation effective entre les différentes normes et leur vulgarisation.

 

Au 3éme jour , il a été question de la problématique  de la mobilité  et du travail des enfants sur les sites d’orpaillage dans la province du Yatenga .Les participants ont   salué cette démarche de mettre l’ensemble des acteurs autour d’une même table . A en croire le directeur provincial de la Femme , de la Solidarité nationale et de la Famille, Leonard Aboubacar Abdou Sawadogo  , les leaders religieux et coutumiers sont  très écoutés dans leurs communautés et toutes initiatives tendant à occulter leurs pratiques pourraient rencontrer  une application difficile sur le terrain .

 

Pour l’officier de police  à la direction régionale de la police nationale du Nord , Daouada,  Sawadogo, cette formation a permis aux différentes entités d’avoir une compréhension claire du concept de la protection de l’Enfance. « A notre niveau , nous avons pris connaissance de toutes les structures impliquées dans la protection de l’enfance et désormais si nous sommes face à des cas irréguliers  , il nous  est facile  d’alerter les autres maillons de la chaîne   » a-t-il soutenu .

 

Respect des parents

Membre du conseil villageois de développement du village de Bogoya , Karim Kindo avoue avoir pris  la pleine mesure des méfaits du travail des enfants sur les sites d’orpaillage. Il promet dés son retour au village organiser des cadres d’échanges avec les parents et les jeunes pour recueillir leur point de vue et partager avec eux  les informations reçues au cours de cet atelier. Pour lui, la sensibilisation reste l’arme pertinente pour changer les mentalités sur ce phénomène.

La trésorière du parlement provincial des enfants du Yatenga,  Assétou Bouda , élève au privé Evangélique , avoue avoir été édifiée par la batterie de dispositions prises par l’Etat pour promouvoir le bien être des enfants .  A travers les débats, elle dit se convaincre que les coutumiers et les religieux tout comme les agents de l’administration et les associations et ONG  , chacun dans son approche a pour souci la   protection de l’enfance.  Elle reconnait cependant,  que  les méthodes   sont différentes à certains points.  C’est pourquoi, elle se veut l’ambassadrice auprès de ses camarades pour les inviter au respect des parents et à l’assiduité à l’école.

                                   Une société plus juste et équitable

Le porte parole de l’ONG EDUCO/ Ouahigouya

Le référent thématique approche droit de l’enfant à la fondation EDUCO , Abdou Moumini Kéré a réaffirmé l’engagement de sa structure à œuvrer  pour une société plus juste et équitable garantissant les devoirs et le bien-être des enfants et leur entourage. Pour lui,  l’intérêt d’une telle rencontre   est de recueillir les différentes  approches   afin d’alimenter les différentes planifications tant au niveau des ONG et des associations qu’au niveau des services étatiques et du réseau provincial de protection de l’Enfance . » S’il se trouve qu’il y a des conflits avérés entre les normes sociales et les normes légales ,il conviendrait de mener des actions dans les mois à venir pour amener les communautés à mieux s’approprier des dispositions juridiques et amener les politiques aussi à comprendre les écarts qu’il y a entre les dispositions et les réalités de nos communautés et  s’il y a une possibilité de tendre vers quelque chose où tout le monde s’y reconnaitrait , nous pensons que ce serait mieux pour tout le monde et encore mieux pour la cause de l’enfant » a précisé Abdou Moumini Kéré de la fondation EDUCO

                             Alerter  les forces de sécurité et les services sociaux

Pour les actions à venir,  le directeur provincial de la Femme et de la Solidarité nationale et de la Famille, Léonard  Aboubacar Abdou  Sawadogo a invité les personnes ressources bénéficiaires de cette formation à être des relais de communication et d’information pour un changement de comportement. Il a annoncé des rencontres avec les leaders d’opinion pour intensifier la sensibilisation;  la diffusion et la vulgarisation de messages à travers des émissions radiophonique tout en exhortant les forces de sécurité à faire preuve de plus de vigilance en matière de contrôle et de trafic routier  » Chacun à son niveau doit s’investir davantage à la protection de l’enfance. Toute personne qui voit un enfant qui se déplace, surtout en groupe doit se faire le devoir de chercher à savoir sa destination ou au besoin alerter les forces de l’ordre ou les services sociaux » a plaidé le directeur provincial de la Femme , de la Solidarité nationale et de la Famille du Yatenga

Faso-nord.info

 

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