Qualité douteuse de la cantine scolaire dans le Zondoma : En attendant les résultats de l’expertise, y’a-t-il pas eu conflit d’intérêt ?

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L’exécution de la commande des denrées de la cantine scolaire par la mairie de Gourcy, pour une première fois dans le cadre des ressources transférées dans le secteur de l’éducation suscite des remous.  Après de nombreuses interpellations des acteurs de l’éducation à cause du retard accusé dans la dotation des vivres aux  écoles, actuellement c’est la qualité des denrées qui est mise  en cause. Les suspicions qu’on entendait dans les gargotes et autres lieux de causeries à Gourcy  sont tombées dans les oreilles de l’Autorité supérieure de contrôle d’Etat /Lutte contre la corruption. Les hommes de Luc Marius Ibriga ont effectué une mission le 30 mai 2018  dans la cité de Naba-Yadéga où ils ont fait un  prélèvement des différentes   variétés de denrées pour contrôler  leurs qualités.

Les élèves de la commune de Gourcy n’ont pas bien profité de la cantine scolaire au cours de cette année scolaire. Tardivement servies dans les écoles en début du mois d’avril 2018, les denrées à peine la préparation entamée que des suspicions ont commencé à se répandre sur la qualité de l’huile. Le problème a été posé lors d’une session extraordinaire du conseil municipal, mais les autorités municipales ont botté en touche. Une mesure n’a pas été prise dans le sens de confirmer ou lever les doutes. L’Autorité supérieure de contrôle d’Etat / Lutte contre la corruption ayant eu vent de l’affaire a vite dépêché  une mission. Celle-ci a d’abord rencontré les personnes impliquées dans la commande des vivres,  ensuite le directeur provincial de l’éducation  préscolaire  primaire et non formelle(DPEPPNF)Fousséni Ouadéba avant de faire un tour dans certaines écoles pour faire le prélèvement des denrées. Avant de rebrousser chemin, la mission a recommandé au premier responsable de l’éducation au Zondoma de faire suspendre la consommation des denrées en attendant les résultats de son expertise. Fousséni Ouadéba , le directeur provincial n’a pas tardé à donner suite à cette recommandation  » 

Je vous instruis de suspendre la préparation des denrées dans toutes les écoles

Dans le cadre du contrôle de la qualité des denrées de la cantine scolaire (riz, huile, haricot) servies aux écoles de la communes de Gourcy, une mission de l’Autorité supérieure de Contrôle d’Etat -Lutte contre la corruption ( ASCE-LC) a procédé au prélèvement d’un échantillon  des denrées dans les écoles de Tangloguin (CEB Gourcy) au secteur 3 et école A CEB-Gourcy I ce jour 30 mai 2018 pour un test en laboratoire afin de prouver la non nocivité de celles-ci pour la consommation . Ainsi, sur recommandation de la même structure, je vous instruis de suspendre la préparation des denrées dans toutes les écoles dés réception de la présente jusqu’à l’obtention des résultats du test » c’est le contenu de la  note que le DPEPPNF a adressé aux chefs des trois circonscriptions d’éducation de base dans la commune de Gourcy. Ces derniers ont vite répandu l’information dans les écoles.

 En attendant les résultats de l’ASCE -LC

La direction provinciale de  l’éducation préscolaire, primaire et non formelle a-t-elle eu vent de la mauvaise qualité de l’huile avant l’arrivée de l’ASCE-LC? » J’ai personnellement entendu des rumeurs en ville dénonçant  la qualité de l’huile et j’ai  réuni les 3 chefs de circonscription pour leur dire de faire remonter rapidement l’information au cas où ils auraient connaissances  d’un problème lié à la  qualité des denrées servies dans les écoles . Jusqu’à l’arrivée de   la mission de l’Autorité supérieure de contrôle d’Etat, personne ne m’a officiellement fait cas d’un problème » nous rétorque le DPEPPNF. Il reconnait entre autre s’être mêlé de cette histoire de la cantine scolaire parce que interpellé  par les  autres acteurs de l’éducation dans la commune  à maintes reprises sur le retard accusé dans la livraison des denrées.  Ce qui a obligé le directeur à  poser le problème à Mme le Haut-commissaire de la province du Zondoma afin qu’elle intercède  auprès des autorités communales dans le but d’accélérer la livraison des denrées. Fousséni  Ouadéba   se garde de  donner un avis tranché sur la qualité des denrées.  » Comme l’ASCE-LC a pris le problème en main, je préfère  qu’on attende  les résultats de son expertise » déclare-t-il avec un ton mesuré. 

Dans les écoles où nous sommes passés le vendredi 08 juin 2018, la mesure de la suspension est scrupuleusement respectée.  De nos échanges avec le directeur de l’école A   de Bougounam, Inoussa Nana,    il estime qu’on a fait du tort  aux élèves de la commune de Gourcy cette année.  C’est le 09 avril que la préparation de la cantine scolaire a commencé  dans la dite  école, située à 15 km de Gourcy. A vue d’œil,  avoue le directeur,  la qualité des denrées  était suspecte en ce qui concerne le riz  et  l’huile. Leurs qualités selon le responsable de l’école  étaient moindres que les années précédentes.  L’huile relève-t-il avait une couleur bizarre avec une odeur nauséabonde et  repoussante. La maitresse en charge de la gestion de la cantine scolaire nous apprend que certains élèves refusaient de consommer l’huile servie à l’école, préférant assaisonner leurs plats de haricot avec de l’huile qu’ils achètent dans les boutiques sur la place du marché.  » Le sac de riz contenait beaucoup de saletés, il faut  trier et laver plusieurs fois avant la préparation » confie la gestionnaire.  A l’école de  Rom à 10 km de Gourcy,  la dernière   préparation de la cantine scolaire date du 30 mai 2018. » Dès que la note parlant de la suspension nous a été transmise, j’ai fait suspendre la préparation  » déclare le directeur de cette école, Harouna Sanga. 

Nous ouvrant la porte du magasin, il s’empresse de servir l’huile d’un bidon dans un plat, pour nous faire observer la couleur et pour  que nous puissions nous enquérir de l’odeur. Tout comme à Bougounam, nous jetons un coup d’œil furtif sur les sacs de riz et c’est le même constat partout. Tous les sacs portent l’écriteau du riz Birman.   » Il est vrai  que le repas est destiné aux élèves, mais de par le passé quand nous ne retournons pas chez nous à midi, nous nous servons chez les cantinières, mais cette année nous n’avons pas consommé à cause de la qualité de l’huile » renchérit le directeur de l’école de Rom.

     Les deux adjoints au maire se lavent les mains

La patronne de la commune de Gourcy étant absente à notre passage, nous avons échangé avec ses deux adjoints. Ces derniers disent  n’en  savoir pas beaucoup sur cette histoire. Ils déclarent n’avoir pas été informé ni du lancement de la commande  et de tout le reste du processus.  Des responsables syndicaux  nous informent-t-ils sont venus à leur bureau évoquer  le retard accusé  quant à la livraison  de la dotation de la cantine scolaire  et ils les ont renvoyé à Mme le maire car manquant d’information sur le sujet. Ils disent  rester impuissants quand des conseillers municipaux sont venus attirer leur attention sur la qualité douteuse de l’huile.  Les deux adjoints au maire, Koma Lassané le 1e adjoint, Azeto Ouédraogo /Sawadogo nous apprendront par la suite que le problème de la qualité de l’huile a été évoqué par des conseillers lors d’une session extraordinaire du conseil municipal tenue le 14 avril 2018, mais les débats n’ont pas été sanctionnés  par une prise de mesure. Si les deux adjoints au maire estiment que leur responsabilité n’est nullement engagée dans cette histoire, certains agents à savoir la personne responsable de la passation des marchés et le comptable « de la mairie sont des acteurs de premier plan.

Koudraogo  fidéle  Yaméogo, le responsable chargé de la passation des marchés se montre bien disposé à nous donner des détails sur le sujet. Il rappelle  que l’avis d’appel d’offre de la commande des denrées a été publié  dans le quotidien  des marchés publics du lundi  27 mai 2017. A la date de clôture  le 20 juin 2017, 7  entreprises   soumissionnaires ont été enregistrées. L’ouverture des plis s’est effectuée ce même  jour  après l’heure de clôture devant les représentants des entreprises soumissionnaires. A l’issue des travaux de la commission et de la sous- commission, 2 entreprises ont été retenues. Il s’agit de EGEF-Sarl pour le lot 1 (riz) d’une valeur de 101 millions 207 950 FCFA   et le lot 2 (haricot)  d’un montant de   23 millions 331.549 FCFA. La société internationale de restauration et de commercialisation de produits alimentaires (SIRECPA-Sarl) a raflé le lot3 (huile) d’un montant  de 25 millions 928.999 FCFA.Les résultats à peine publiés, que l’entreprise ECOT-SARL  réagit   en déposant une plainte  auprès de l’Autorité de régulation de la commande publique (ARCOP).

Le Président de la commission d’attribution, Koudraogo Yaméogo a été répondre à la convocation de l’ARCoP.

Président de la commission d’attribution, Koudraogo Yaméogo a été répondre à la convocation de l’ARC0P. Cette structure après analyse du dossier et de la plainte  a estimé  que  les raisons évoquées pour écarter   ECOT-Sarl  ne sont pas suffisantes et que par conséquent il faut la remettre dans  le jeu. A la dernière rencontre de la commission chargée  de l’attribution des marchés à Gourcy, elle devrait trancher désormais  sur les offres de trois entreprises   SIRECPA-Sarl, ECOT- Sarl, EGEF-Sarl. Il s’est trouvé que  ECOT-Sarl présentait des prix moins disant et elle a remporté les lots 1 et 2 au détriment du premier bénéficiaire EGEF-Sarl. Le lot 3 a été confié à SIRECPA-SARL comme lors de la première publication. Il n’y a pas eu de réaction suite à cette deuxième  publication  et les entreprises contractantes ont eu le feu vert  pour remplir leur part de contrat. Les micmacs ont repris du poil de la bête  pendant la phase  de réception et à ce niveau c’est le comptable qui est le maitre du jeu. Abdoulaye Ouédraogo  , le comptable , président de la commission de réception   dit n’avoir  rien  à cacher et se sent   bien à l’aise   pour nous  retracer le déroulement du processus  . Premier couac, il dit avoir refusé de participer à la commission d’attribution, estimant que le processus d’élaboration des termes du contrat du marché a été effectué sur son dos alors qu’il devrait être le secrétaire de séance lors de cette phase. Il nous apprend que les entreprises bénéficiaires ont fait envoyer leurs commandes qui ont été gardées dans un magasin. Mais avant toute réception, il faut une expertise des denrées par une entreprise qualifiée.  Cette structure a été recrutée par le ministère de l’éducation nationale. L’entreprise TECAL-Sarl   a qui cette mission a été confiée est effectivement venue faire les différents prélèvements pour l’expertise. A la suite d’un échange téléphonique  avec le patron de cette entreprise, Théodore Zoungrana, ce dernier a fait savoir  que la description de la qualité du riz fournie par l’entreprise ECOT-Sarl  dans son offre n’est pas conforme à ce qu’elle a livrée. Le responsable de l’entreprise chargée de l’expertise  l’aurait fait savoir qu’il faut que les autorités communales fournissent un document attestant leur acceptation du changement de la description avant qu’il ne fasse l’expertise du riz. Abdoulaye Ouédraogo dit avoir transmis cette requête  à Mme le maire. Mais jusqu’à l’heure actuelle, il n’a pas eu connaissance d’un document signé par une autorité de la commune acceptant le changement de la description et autorisant l’expertise. Le responsable de TECAT-Sarl l’aurait fait savoir également qu’il manquait  de vitamine A dans l’huile.  A  partir de cet instant, il attendait la décision que le responsable de TECAL-Sarl allait transmettre.  Malgré  le certificat d’expertise, attestant de la qualité des denrées ,  Abdoulaye persistera   dans son refus de se consacrer à la réception à cause de l’absence d’un document écrit  acceptant le changement  de la description de la qualité du riz.  Parti à un atelier de formation à Kaya, il a été obligé d’écourter  son séjour pour revenir répondre à une convocation de Mme la  Haut-commissaire de la province du Zondoma. Lors de la  rencontre, Abdoulaye Ouédraogo dit s’être retrouvé seul contre un groupe d’individus qui lui reproche  d’avoir bloqué la répartition des vivres dans les écoles. Ses arguments ont été battus en brèche par ses interlocuteurs. Voulant se dédouaner,  immédiatement  après la rencontre il est allé avec les autres  membres de la commission et deux responsables de la direction provinciale de l’éducation de base à l’endroit ou les denrées  ont été gardées. Après  la vérification des quantités livrées  tous se sont accordé que la réception a été faite, autorisant les entreprises contractantes à faire la répartition dans les écoles. Respectant sa logique, il a établi  le procès verbal de réception tout en se gardant d’y apposer sa signature. Les deux autres responsables de la DPEPPNF présents à la réception  estimant qu’ils ne sont pas membres de la commission  ont  aussi  refusé de signer le procès-verbal. C’est donc tout serein que Abdoulaye Ouédraogo attend la suite qui sera donnée à cette  affaire  Il dit se garder de faire des commentaires sur la qualité de l’huile parce que ne pouvant pas y  déceler une anomalie à vue d’œil, par  contre il jure  n’avoir pas su à quel moment cette huile qu’on  disait manquer de vitamine A,aété  ramenée et enrichie en vitamine comme le stipule  le certificat d’expertise établit par l’entreprise TECAT-Sarl.  Il fonde son refus de signer le PV de réception à cause du changement de la  description de la qualité  du riz, bien visible sur les sacs. Précisons que  c’est une quantité de 5995 sacs de riz de 50kg, 1276 sacs de haricot et 1440 bidons d’huile de 20 litres, le tout d’une valeur de 150 millions 448.523 F CFA qui a été livrée aux 108 écoles publiques et privées des 3 circonscriptions d’éducation de base dans la commune de Gourcy.

La fille de Mme le maire, patronne de l’entreprise 

Autre élément important à préciser dans cette affaire est que la société internationale de restauration et de commercialisation de produits alimentaires(SIRECPA-Sarl) appartient à Madina Traoré,  fille de Mme le maire de la commune de Gourcy. Toute chose poussant plusieurs personnes à s’interroger si la commission n’a pas fait preuve de favoritisme dans l’attribution de la commande, autrement dit n’y a-t-il pas  un conflit d’intérêt à l’encontre de Madina Traoré qui a pour génitrice  la patronne du conseil municipal  de la commune de Gourcy ? La personne chargée de la passation des marchés à la mairie de Gourcy, bat cette insinuation  en brèche. il prétend que de la phase du dépôt des dossiers à l’ouverture des plis, il est difficile pour les membres de la commission de connaitre les véritables patrons des entreprises. Le plus souvent se défend-t-il, ce sont des représentants qui viennent déposer les dossiers et assistent à l’ouverture des plis. C’est peut-être après  la publication ajoute-t-il que les premiers responsables des entreprises se présentent, soit pour la signature des contrats ou en cas d’une plainte devant l’ARCOP.  » Si réellement la commission avait un intérêt particulier à accorder le marché à la fille de Mme le maire, elle aurait mieux fait de lui accorder tous les trois lots à hauteur de plus de 150 millions que de lui accorder le lot 3  tournant autour de 25 millions » argumente Koudraogo  FideleYaméogo le ton ferme. Que dit la loi en cas de conflits d’intérêts ?  En la matière, la loi N° 039-2016 /AN portant réglementation générale de la commande publique en son article 48 précise   « Ne sont pas admises à participer aux commandes publiques en raisons des conflits d’intérêts.

-Les entreprises dans lesquelles les agents de l’autorité contractante , de l’entité administrative chargée du contrôle de la commande publique, la personne responsable des marchés ou les membres des commissions d’attribution des marchés, des sous-commissions techniques et plus généralement toute personne intervenant dans la procédure de passation, possédant des intérêts financiers ou personnels directs ou indirects de nature à compromettre la transparence des procédures de passation des marchés publics ou délégation de service public. 

-Les entreprises affiliées aux consultants ayant contribué à préparer tout ou partie des dossiers d’appel d’offres de consultation »

En tout cas, certains spécialistes des marchés publics à qui nous nous sommes adressés ne partagent pas l’argumentaire du responsable  chargé  de la passation des marchés publics à la mairie de Gourcy. Ils estiment qu’il y a bel et bien conflit d’intérêt  dans ce dossier de la commande. Ils trouvent que si Mme le maire ne préside ni la commission d’attribution  ni   celle de la réception, elle est au début et à la fin de la chaine pour la simple raison que c’est elle qui approuve l’avis d’appel d’offre et c’est encore elle qui approuve les résultats de la commission. Elle ne peut donc pas dire qu’elle ne connait pas l’entreprise de sa fille. Mauvaise qualité de l’huile ou pas estiment nos sources,  l’ASCE-LC trouvera bien quelque chose à redire sur cette affaire. Une faute en pareille circonstance nous apprend nos personnes de ressources est sanctionnée par une amende de 10 millions ou d’un emprisonnement de 6 mois  à un an contre la personne reconnue fautive qui est la personne qui a fermé l’œil sur le conflit d’intérêt.

« J’ai enseigné pendant plus d’une dizaine d’années au primaire ,  je garde toujours un attachement à l’endroit des élèves. »

De notre échange avec Mme le maire de Gourcy au téléphone, elle lie cette affaire à une cabale montée  par ses détracteurs pour salir son image. Selon elle, cette rumeur sur la mauvaise qualité de l’huile a cours simplement parce que c’est sa fille qui a eu le marché. Elle ne trouve rien d’anormale à ce que sa fille postule à un marché dans la commune de Gourcy si ses papiers sont en règle. Elle aurait mieux compris tout ce bruit, si  un cas de maladie liée aux effets de l’huile avait été signalé dans une structure sanitaire où si  une plainte avait été déposée au niveau des forces de sécurité. Il n’y a rien eu de tout cela et c’est pourquoi elle croise les doigts pour que l’ASCE-LC publie ses résultats afin que les responsabilités soient situées. Elle ajoute que jusqu’à  présent aucune entreprise bénéficiaire  des lots de cette commande n’a été payée et qu’en cas de mauvaise qualité décelée par l’ASCE-LC, les entreprises seront mise face à leurs responsabilités. Mme le maire de la commune de Gourcy, clame sa bonne foi dans cette affaire.  » J’ai enseigné pendant plus d’une dizaine d’années au primaire, mon mari tout comme mon père ont été tous des éducateurs et je garde toujours un attachement à l’endroit des élèves. Pour de l’argent  je n’irai pas jusqu’a faire servir des denrées impropres à la consommation à des enfants »  foi de Mme le maire de Gourcy.

 

Faso nord info

 

 

 

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