Région du Nord : « Le conseil régional doit jouer un rôle d’animateur stratégique du développement local » dixit de Réné Bila Zida , président du Conseil Régional du Nord  

Élu conseiller municipal dans la commune du Passoré à la faveur des élections municipales de 2016,   sous la bannière du Mouvement du Peuple pour le Progrès (MPP), Réné Bila Zida  a été porté à la tête du Conseil Régional du Nord en juillet 2016. A la fois cadre de l’Agriculture et   Administrateur des services financiers  a la retraite,  ce sexagénaire a fait ses « armes » au ministère de l’Agriculture puis dans les programmes de développement au Burkina Faso. Entouré d’une équipe dynamique, le natif de Gomponssom dans la province du Passoré entend œuvrer avec tous les acteurs pour booster  le développement de la région du Nord.  A quelques semaines de l’adoption du plan régional de développement, nous sommes allés  à sa rencontre à son bureau. Bien que peu bavard, nous avons   réussi à lui arracher quelques mots. Lisez !

 

 Faso-nord.info : Comment vous vous sentez dans votre fauteuil  de président du conseil régional ? 

 Bila Réné Zida (RBZ): Physiquement, je me porte bien. A l’image des autres régions du Burkina, nous sommes entrain d’accomplir les tâches qui nous sont dévolues conformément aux textes fondateurs de la décentralisation.

 Faso-nord.info : Quelles sont  justement les missions dévolues à une collectivité comme le conseil régional  dans le processus de développement ?

RBZ : Le conseil régional est un espace économique. A ce titre, il est chargé de la planification du développement dans l’ensemble de la région. C’est ça le rôle principal du conseil régional. Les missions vont se décliner à travers les actions que nous entreprenons  et que nous mettons dans  nos programmes régionaux de développement.

Faso-nord.info : Certaines visions  estiment que les communes sont suffisamment aptes et autonomes pour  assurer leur développement et que le conseil régional n’est qu’une institution de trop surtout dans un pays à ressources limitées… 

RBZ : C’est vrai que les communes sont aptes pour amorcer le développement mais le conseil régional est également apte et autonome. Le système de décentralisation dans notre pays a défini deux niveaux de collectivités : la collectivité commune et la collectivité région. Et comme nous avons  350 communes, leur administration en termes de  gestion des moyens n’est pas chose aisée, sans oublier que les communes ont un espace assez restreint. Si les moyens suivent, au bout de quelques années, les communes n’auront plus rien à faire. Alors qu’au niveau régional, l’espace est suffisamment grand. Les actions du conseil régional se mènent aussi sur le territoire des communes. Ils y a des investissements assez importants que le conseil régional peut mettre en œuvre parce que ce sont des investissements qui vont au-delà d’une seule commune. En cela il n’y a pas de plus autonome et moins autonome. C’est une question de niveau de conception et de niveau  de gestion de l’économie. Donc le conseil régional n’est pas une institution de trop.

Faso-nord.info : Vous venez d’adopter  votre plan régional de développement. Quels en  sont les grands axes et la vision ?   

RBZ : Il faut dire que les axes du plan régional de développement épousent exactement les axes  stratégiques du PNDES à savoir réformer les institutions et moderniser l’administration, développer le capital humain et dynamiser les secteurs porteurs pour l’économie et les emplois.  Et nous avons élaboré notre plan sur la base de ces axes.

Faso-nord.info : Comment vous entendez  mettre en œuvre ce plan ?

RBZ : Pour la mise en œuvre du plan, il y a des responsabilités qui sont engagés. La répartition des responsabilités est assez claire. Il y a  la responsabilité du conseil régional qui doit jouer un rôle d’animateur stratégique du développement local, il y a l’Etat,   mais aussi les partenaires techniques et financiers.

Faso-nord.info : Mais concrètement qu’est-ce qui est prévu pour le développement de la région ?

RBZ : Si on considère seulement l’axe 1 à  savoir reformer  les institutions et moderniser  l’administration  nous avons le renforcement des équipements du conseil régional, l’organisation d’un voyage d’étude, la formation de la société civile, la formation des élus sur la fiscalité locale et bien d’autres actions. Il y a également  des réalisations prévues au profit de l’éducation de la santé et tout ce qui est social  rentre dans ce cadre.

Faso-nord.info : Dans le cadre du PADEL, quelles sont les projets que vous  avez soumis ?

RBZ : Le PADEL finance des projets structurants.  Nous au niveau du conseil régional, nous avons estimé qu’il fallait mettre l’accent sur l’agriculture notamment l’aménagement de bas-fonds pour la culture du riz et le maraîchage pour les femmes et  des jeunes Nous avons pensé également à construire des infrastructures telles que des boutiques pour renforcer le niveau d’autonomie du conseil régional par l’encaissement des recettes qui permettent non seulement d’investir mais aussi de faire fonctionner la maison. Nous avons aussi prévu l’installation d’une radio régionale pour informer, échanger et discuter sur le développement de la région. C’est cet ensemble de projets que nous avons soumis.

Faso-nord.info : En 2017, vous avez effectué un voyage à Bobo-Dioulasso où vous avez rencontré les ressortissants du Nord. Est-ce que ce voyage a été fructueux?

RBZ : Ce voyage a été d’un grand intérêt pour nous parce que nous avons prévu de rencontrer la diaspora pour parler du développement de la région. Ça  nous a permis de savoir également comment nos ressortissants vivent à Bobo-Dioulasso et   comment ils peuvent contribuer au développement de la région. Il y en a parmi eux qui investissent là-bas mais nous estimons qu’ils peuvent venir investir dans notre région. Ce n’est pas facile mais si chacun met  sa main à la pâte, les choses pourraient aller au mieux.

Faso-nord.info : Il a avait été question lors d’un cadre régional de dialogue que le conseil régional organise des états généraux de développement de la région. Où vous en êtes ?

RBZ : Notre voyage de Bobo rentrait en ligne de compte de l’organisation de ce cadre-là et nous devons poursuivre les concertations au niveau des ressortissants dans les autres villes du pays et dans même au-delà. Nous n’avons pas pu les  faire jusque  là mais le projet est toujours d’actualité et nous entendons organiser la grande rencontre des forces vives de la région courant juillet-août 2018 pour voir comment chacun peut contribuer au développement de cette région. 

Faso-nord.info : Que gagne le conseil régional du Nord en étant  membre de   l’association des régions du Burkina ?  

RBZ : Cette association est née de la volonté de l’ensemble des régions du Burkina. C’est une faitière à laquelle toutes les régions doivent y adhérer. Il est bien vrai qu’on est libre d’y adhérer ou pas mais on gagne toujours à deux ou à trois que tout seul. C’est un cadre qui nous permet de discuter d’une façon générale du développement de nos régions  et à ce titre c’est très intéressant et surtout lorsque vous dégagez la même vision du développement, vous pouvez discuter facilement avec le gouvernement  pour améliorer les choses.

Faso-nord.info : Il se dit que le conseil régional du Nord n’a pas pu participer à un voyage du l’association des régions du Burkina faute de moyens…

RBZ : Nous sommes une association et ceux qui voyagent au nom de l’association nous amènent les informations. C’est vrai que parfois nous sommes confrontés à des problèmes de moyens  puisque nous avons pris cette région avec beaucoup de dettes. Le voyage peut nous profiter mais il est utile d’économiser le peu que nous avons que  de prendre pour effectuer un voyage.

 

Faso-nord.info : Dans le cadre de la coopération décentralisée, le conseil régional du Nord avait une solide amitié avec une collectivité française. Ce qui a même accouché du projet Bourse Désir d’Entreprendre Est-ce qu’on peut toujours compter sur cette amitié  et ses projets?

RBZ : Il y a des mutations auxquelles tout le monde n’est pas au courant. La région du Nord avait une relation de partenariat avec une région française à savoir Poitou Charente. Mais il se trouve que les autorités françaises ont reformé les régions et Poitou Charente ne constitue plus une région. Elle fait partie d’une région qu’on appelle la Nouvelle Aquitaine. Lors des assises sur la coopération décentralisée, nous avons touché les responsables de cette nouvelle région qui a absorbé Poitou Charente mais nous n’avons pas encore eu l’occasion de discuter de coopération  décentralisée avec eux. A propos du projet Bourse désir d’entreprendre, il est classé  dans le lot des activités génératrices de revenues au profit des jeunes. Dans le cadre du budget 2018, nous avons prévu reprendre les activités et nous sommes en pourparlers avec les institutions de micro finances de la région pour reprendre ces activités. C’est dire que d’ici la fin de l’année, vous aurez les échos du projet Bourse Désir d’Entreprendre

 

 Faso-nord.info : A votre installation, l’opinion régionale avait été mise au courant des soucis de trésorerie de votre structure. Est-ce que cela relève désormais du passé ?

RBZ : Vous savez, le contexte est quasi général. Les moyens ne courent pas les rues. Si vous devez payer des dettes et fonctionner, ce n’est pas toujours évident mais,  nous espérons que d’ici là nous allons résorber ce déficit là pour  pouvoir fonctionner normalement.

Interview réalisée par Faso-nord.info

 

 

 

 

 

 

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