Réparation des séquelles de l’excision: Les mains secourables de l’ONG BIBIR et Riverstone Karma

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Quarante-six (46)  personnes de la gent féminine victimes des séquelles de l’excision ont bénéficié d’une chirurgie réparatrice au CHR de Ouahigouya. Ces victimes ont été prises en charge dans le cadre  du programme de la promotion de l’abandon de la pratique de l’excision de l’ONG BIBIR avec l’appui financier de la société minière Riverstone Karma, basée dans la province du Yatenga.

 

 

Âgée de 19 ans et titulaire d’un certificat de qualification professionnelle en mécanique auto, Somkieta Salamata Ouédraogo avait du mal à se consacrer entièrement à son métier. Elle traînait les séquelles de l’excision qu’elle a subie   à l’âge de 5 ans. Se tordant de douleurs au moment des urines, la titulaire du CQP en mécanique auto, inscrite en cours de soir en classe de 4éme s’est confiée à un des professeurs. Ce dernier lui a conseillé de prendre attache avec les agents de santé. Chez les spécialistes de santé, elle apprendra que   l’excision est la cause de son mal. Mais malheureusement elle manquait de moyens pour se soigner. Chanceuse, elle prendra attache avec l’ONG BIBIR qui a accepté l’intégrer parmi les bénéficiaires du programme de prise en charge de la chirurgie réparatrice financée par la société Riverstone karma. Le Gynécologue, Issa Ouédraogo du Centre Hospitalier Universitaire de Ouahigouya précise que la jeune Salamata trainait  des séquelles de l’excision de type 2, c’est à dire une ablation partielle ou totale du clitoris et des petites lèvres. Ce qui a entrainé à en croire le spécialiste à la fermeture d’environ 80% de l’office vaginale. Aujourd’hui  grâce à la dextérité de ce médecin et de ses collaborateurs, Salamata a vu la réparation de son mal et peut désormais se consacrer entièrement à ses études et à ses activités de  mécanique.  Cette fille débordante de joie  pour avoir retrouvé toute sa féminité jure être actuellement bien dans sa tête pour faire fructifier  le métier qu’elle a appris et aime tant.

Une pratique très avilissante qui a toujours la peau dure dans la région du Nord    

Si Salamata a découvert son mal à son adolescence, Aguera Belem  a été mise face à la triste conséquence de la coupure d’une partie de son intimité à l’âge de 27 ans, alors qu’elle porte une grossesse de 3 mois. Sa souffrance est due à un rétrécissement avancé de l’orifice.  Elle s’entendra dire par le spécialiste Issa Ouédraogo que sa maladie est curable, mais l’intervention ne peut se faire qu’après son accouchement. Agée de 7 ans, la  petite Samiratou Ouédraogo  n’aura pas à  traîner son cas à un âge avancé. Décelée   à son bas âge, sa séquelle   a été prise en charge par l’équipe de soigneurs.  Fatimata Ouédraogo, mère d’une fille de 15 ans pourrait être coptée dans une  équipe de sensibilisation contre cette pratique rétrograde. Elle s’en voulait d’apprendre que la souffrance de son enfant  est la conséquence de l’excision. Tout en regrettant  d’avoir mis son enfant  dans une telle situation, elle n’a pas tari  de remerciements à l’endroit de l’ONG BIBIR et Riverstone Karma  d’avoir sorti sa progéniture du pétrin.  Bien renseigné, sur les effets néfastes de l’excision et des traumatismes auxquelles sont soumises les victimes, le docteur Sanogo atteste que de nombreuses jeunes  filles et des femmes mariées en   souffrent silencieusement. Ces dernières vivent repliées sur elles-mêmes  à cause des pesanteurs sociaux-culturels. Il se convainc que les réparations des séquelles effectuées à l’occasion d’un tel programme donnent du courage à d’autres victimes de sortir du bois, c’est à dire se confier aux structures habilitées pour soigner ces cas. Les responsables de l’action sociale partagent cet argumentaire. Ils soutiennent également que dans nos villes et les campagnes, nombreuses sont  de la gent féminine, qui  victimes de la pratique de l’excision en souffrent jusqu’à la fin de leur vie, soit par manque de moyens ou par manque d’information sur des structures pouvant les soutenir. C’est pourquoi les agents de santé et de l’action sociale souhaitent   la poursuite de ce   programme de prise en charge de la chirurgie réparatrice mis en œuvre par l’ONG Bibir et la mise en marche d’une campagne de communication pour  un meilleur ratissage  du  public-cible.

Un bon partenariat entre l’ONG Bibir et  Riverstone Karma au bonheur des victimes de l’excision 

Selon Abdou  Wahabo Ouédraogo de l’ONG Bibir ce programme permet non seulement de redonner la joie de vivre aux victimes et participe au renforcement des liens familiaux. Il cite de nombreux témoignages sur des couples qui,  séparés à cause de l’indisponibilité  sexuelle de la femme et qui aujourd’hui vivent en parfaite harmonie après la réparation des séquelles. Estimant que le plus grand besoin de la personne humaine c’est son épanouissement, Abdou Wahabo  a apprécié l’acceptation de Riverstone Karma  à offrir les moyens financiers pour la mise en œuvre du programme de prise en charge de la chirurgie réparatrice au profit des femmes présentant des séquelles de l’excision. Le représentant de l’ONG BIBIR au Burkina, félicite les agents de l’action sociale et ceux du Centre Hospitalier Universitaire de Ouahigouya pour leur franche collaboration et leur sens de professionnalisme dans la conduite de ce programme de lutte contre la pratique de l’excision et la réparation de ses séquelles Le directeur  des relations communautaires de Riverstone Karma, Jean Paul Vancolbert soutient que cette action de sa structure traduit sa volonté d’imprimer sa responsabilité sociale en faveur des communautés. ” La mine de Karma ne se contente  pas uniquement d’exploiter l’or, mais participe aussi au développement de la communauté dans laquelle elle est implantée” foi du    directeur des relations communautaires. Une confession  qui laisse convaincre que cette collaboration fructueuse entre Riverstone Karma et l’ONG BIBIR au profit des victimes des sequelles de l’excision  ne s’arrêtera pas en si bon chemin.

 

Faso-nord.info

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