Rétrospectives 2018 de l’ONG EDUCO-BURKINA : « 2019 sera l’année du démarrage de nos grands chantiers à Séguénégua » affirme le directeur Pays, Edouard Junior NDeye

L’ONG EDUCO n’est plus à présenter dans la région du Nord. ONG forte de 105 collaborateurs, cette organisation espagnole intervient à 60% de son programme dans l’éducation, mais aussi le secteur de la santé, la nutrition et la décentralisation au bonheur des populations de la région. A quelques pas de l’année 2019, Faso-nord.info a tendu son micro au directeur pays, Edouard  Junior Ndeye qui a fait le bilan de l’année  2018 mais aussi décliné les perspectives de son organisation œuvrant désormais dans le développement, mais aussi dans l’humanitaire.

 

 

Présentez vous aux lecteurs de Faso nord info ?

Je m’appelle Edouard Junior Ndeye, directeur pays de l’ONG EDUCO Burkina Faso. Voilà trois ans que je suis dans ce pays dans le cadre de la mission que j’assure présentement. Je suis de la Casamance au Sénégal, j’ai déjà fait le Mali et d’autres pays, mais je puis assurer que le peuple burkinabé est merveilleux, on ne se sent pas étranger comme dans certaines région d’Afrique. je n’ai pas envie de quitter le pays des hommes intègres après ces 3 ans. Les gens sont accueillants. Je travaille  avec une forte équipe et nous collaborons avec bien d’autres partenaires. En un mot nous sommes devenus une famille, des amis.   

Quel bilan EDUCO tire de ses actions en 2018 ?

Je puis vous assurer qu’avec le concours de 105 hommes et femmes et l’apport   de nos partenaires, EDUCO-Burkina a  un bilan d’activités de l’année 2018 très satisfaisant. C’est l’année d’Educo Burkina Faso avec ce que nous avons pu faire. Nous avons réussi à stabiliser la qualité de nos programmes avec une maîtrise de  nos charges. On sent une amélioration de la transparence dans les marchés que nous passons. Nous sommes positionnés au niveau régional au vu de l’importance et de l’envergure de nos activités. En tant que ONG internationale au Burkina, il est de notre rôle d’être un catalyseur au vu du nombre de travailleurs et du volume de nos  actions. Autant de projets écrit et déposés, autant de projets financés soit 100% de mobilisation de ressources. Nous avons acquis environ 5 millions d’euros soit trois milliards pour les trois années à venir. Nous avons donc en 2018 pu mobiliser une bonne manne financière  au profit du développement du Burkina de la région du Nord. Les  difficultés rencontrées sont liées au climat social avec la grogne sociale et la situation sécuritaire. Nous avons des agents qui sont partout dans cette région et ce n’est parfois pas facile avec le contexte.

2019 sera, l’année de démarrage des chantiers de EDUCO à Séguénegua grâce au dynamisme du Maire. 

 

 La commune de Seguénéga  est  la dernière à être retenue par EDUCO pour bénéficier de ses activités ? Qu’est qui est fait actuellement au niveau de cette commune ? 

A mon arrivée en fin 2015 j’ai trouvé  EDUCO implanté dans les communes de Barga, Oula, Ouahigouya Koumbri et Namissguima avec une intervention basée sur les besoins. Mais  avec le changement d’approche sur  les droits de l’enfant, nous avons entamé une analyse et il fallait aller dans une zone « vierge » pour agir. C’est après des études techniques que la commune de Séguénégua a été choisie à cet effet. Nous avons choisi d’orienter nos actions pour les mettre en phase  avec les besoins communautaires en termes de développement.  Nous avons testé de nouvelles initiatives comme « l’école de la seconde chance » en récupérant les enfants sur le site d’orpaillage pour leur réinsertion et d’autres pour le retour à l’école formelle. Nous félicitons le conseil municipal et son maire que nous permettent d’avancer, c’est un maire qu’il faut appuyer car, il bosse sérieusement. Il y’a le projet PREMET avec  l’aménagement  des périmètres agricoles, mobilisant les communautés  autour de l’école . Je vous annonce  qu’en 2019 cette commune incarnera plus visiblement la philosophie de notre intervention. Plusieurs  écoles seront construites , mais excusez de ne pas pouvoir vous donner le nombre. Les forages sont en chantier afin de permettre une adduction d’eau potable. 2019 sera bel et bien , l’année de démarrage des chantiers de EDUCO à Séguénégua grâce au dynamisme du Maire Rasmané Belem . La commune fait un apport de 10% aux   différentes réalisations à venir.  Les autres actions dans les premières communes continuent  mais à Séguénégua beaucoup de réalisations seront mises en route.  En 2019, nous serons dans une phase  de transition, mais dans notre plan stratégie stratégique 2020-2024 nous allons travailler sur toute la région du Nord et le sahel. Il y a la  prévention de l’extrémisme violent qui est l’un de nos projets avec  l’Association Tabital et le centre diocésain.  Nous sommes en plein déménagement du bureau de Ouaga pour  un autre plus spacieux à  Ouagadougou 2000 car nous allons accueillir des collaborateurs de l’extérieur mais aussi certains de Ouahigouya qui viendront nous appuyer.  

Quel est le budget affecté aux activités en 2018 ?

Pour l’année 2018, nous sommes à un budget de un  milliard 565 millions de francs CFA injecté dans les six communes du Yatenga. A la date où je vous parle, nous n’avons pas encore arrêté  la comptabilité, mais nous estimons être à 85% d’exécution de nos activités . Je puis vous assurer que le retard sera très minime  car nous comptons atteindre 95% d’exécution mieux qu’en  2017 où nous étions à 93%. Il faut savoir que l’agent vient de bailleurs en fonction de l’absorption de la délégation. Il y a des partenaires qui exécutent  bien, à l’exemple de la direction provinciale de la femme qui a respecté  l’ensemble de sa programmation. C’est un bon exemple à suivre .

La collaboration avec les partenaires sur le terrain vous donne-t-elle satisfaction ?

Nous trouvons satisfaction dans la collaboration avec nos partenaires avec  certains, mais chez d’autres il y a des points à améliorer . Il y  a des commune qui ne  nous laissent pas dormir, elle nous  bousculent et  nous sommes fiers d’elles . Par contre d’autres  traînent les pas. Il faut savoir que le développement viendra de l’élite locale et il faut les accompagner dans ce sens. Nous voulons de l’interactivité dans nos actions pour pouvoir accompagner les collectivités dans la planification, la mise en marche des activités  et même la mobilisation des ressources. 

Ces dernières années EDUCO affecte des moyens à des structures décentralisées de l’Etat pour des activités, comment vous appréciez cette nouvelle forme de collaboration?

C’est une autre forme d’accompagnement du  développement d’où cette approche. Nous ferons en 2019, une étude sur  notre politique de décentralisation de nos activités  afin de mieux l’optimiser . Il faut  que nous accompagnions les plans communaux  de développement, l’orientation des actions  du conseil municipal et les feuilles de route des maires  .C’est un critère d’accompagnement des communes par Educo. Il faut surtout une pleine participation de ceux à tout ce qui touche la commune eu égard à leur responsabilité. C’est pourquoi, les  passations des marchés de construction, des écoles de Educo sont réalisées en présence des Maires des  communes ou de leurs représentants.

Nous sommes une ONG d’éducation mais aussi de protection de l’enfance. 

Vous intervenez dans plusieurs secteurs à savoir l’agriculture?  l’éducation,  la santé, mais on a comme l’impression que votre communication est plus  axée sur le secteur de l’éducation, pourquoi cette stratégie ?

Educo c’est la  fusion de  La fondation Intervida et d’éducation sans frontières. Donc, l’éducation est notre corps de métier principal. Vous voyez que 60% de nos actions sont orientées  vers  l’éducation. Que ce soit  dans  les domaines  de la nutrition et  la santé tout est en lien   avec  l’éducation. A partir de 2013, nous avons entamé   une approche droit de l’enfant avec protection de l’enfance.  Nous sommes une ONG d’éducation mais aussi de protection de l’enfance.  Dans le programme finissant on a trois axes de développement  qui  sont le droit à l’éducation, les droits dans l’éducation, c’est-à dire la qualité dans les enseignements et les droits à travers l’éducation, c’est-à-dire la gouvernance. Nous avons notre 3e axe sur la gouvernance et nous y travaillons pour la bonne gouvernance, la  redevabilité et transparence.

 Tout le travail de EDUCO se déroule sur le terrain dans une région où la sécurité est menacée, est-ce que cette situation ne freine pas la conduite de vos activités ?

Nous nous sommes adaptés au contexte d’insécurité pour travailler. Un acteur de développement ne doit rester figé, il faut s’adapter d’où le projet humanitaire. Nous sommes donc depuis 2018 dans le  développement et l’action humanitaire Ce qui fait que nous faisons un travail d’anticipation  avec les autorités. Cette volonté d’anticiper sera mieux recadrée en 2019.

 Il parait que EDUCO était entrain de préparer le lancement d’un nouveau projet dans la région du Nord et que une mal compréhension avec des maires au cours d’une rencontre d’échanges a fait capoter ce projet. Votre bailleur aurait dit réorienter le projet ailleurs, est- ce que vous confirmez ?

Nous avons tellement de relations avec les maires et nous travaillons pour le développement de la région. J’ai en tête l’atelier avec les maires qui n’a pas abouti il y’a quelques mois suite à une incompréhension avec certains. Nous sommes aussi un ambassadeur de cette région. Suite à notre projet PROPRES sur le retrait des enfants sur les sites miniers, ce partenaire a voulu nous aider à  élargir la zone d’intervention. Mais hélas. Il faut savoir que le partenaire est reparti et nous ne pouvons que constater. C’est une perte pour la région et nous le regrettons fortement . Il se pourrait que notre approche ne soit pas exempte de reproches  mais c’est triste d’avoir des opportunités et les laisser s’échapper . Je lance un appel à ce qu’on puisse travailler à mobiliser les ressources en diversifiant les partenaires. Il faut qu’on fédère nos actions pour qu’on puisse travailler ensemble avec le leadership des maires.

Est-ce qu’il ne fallait qu’EDUCO aille plus haut pour que la région ne perde pas cette appui dans un contexte de rareté des financements ?

Vous  savez, je prends les décisions en ce qui concerne mon équipe et je suis ferme la dessus. Nos relations avec les communes c’est un partenariat et peut être que ces maires de la région du Nord n’ont pas vu l’enjeu qu’EDUCO a vu en ce moment. C’est pour dire que peut être que nous avons été très optimistes mais cela n’a pas affecté nos relations avec les maires. C’est pour dire que ce n’est pas de mon rôle d’imposer le développement sans l’avis des autorités communales. Il est bien vrai que cela  nous a gêné de voir le partenaire américain repartir avec cette autre opportunité . Il y a d’excellents maires  dans certaines communes de la région mais  comme dans tous les domaines de la vie ,  les gens ne portent pas les mêmes ambitions.

C’est une fierté totale de voir les plus hautes autorités de ce pays nous faire cet honneur 

Deux médailles cette année, qu’est ce que ça vous fait de voir la nation reconnaitre vos efforts pour l’édification d’un Burkina prospère ?

C’est une fierté totale de voir les plus hautes autorités de ce pays nous faire cet honneur . Dans la région du  nord, nous avons un Gouverneur accessible, de proximité qui nous a permis d’atteindre ces résultats. Il faut savoir que j’ai été plus réjoui  de voir notre collègue Illassou  Djimoudi, Coordonnateur de Zone de Séguénéga, élevé au rang de chevalier de l’ordre du Mérite. C’est un doyen qui a contribué significativement à l’atteinte des résultats de Educo Burkina Faso 

Votre mot de la fin ?

Mon mot de fin  s’adresse  à mon équipe de 105 personnes que je qualifierai d’extraordinaires  et de consciencieux . Sans eux,  EDUCO ne pourrait engranger de tels résultats  au profit de l’enfant. Mes collaborateurs, sont des  burkinabè qui se battent vaillamment nuits  et jours pour le développement. Ils arrivent que  nous quittions le bureau à 2 heures du matin.  Chez nous ,  il est mis en avant le don de soi, le sacerdoce  et l’engagement  . Il arrive  que des agents recrutés repartent  de leur  propre gré.  Nous déplorons le décès d’un de nos  collègues cette année , un battant , un patriote qui s’est donné à son poste pour le  bien être de l’enfant et nous lui rendons hommage.  Je dédie ces médailles  à cette équipe  d’EDUCO Burkina constituant un modèle  pour  Educo Internationale. EDUCO Burkina  reste une  locomotive pour  Educo Internationale. Pour l’année 2019, nous souhaitons beaucoup plus de moyen  et  d’actions  au profit de l’enfant burkinabè. Nous souhaitons que l’enfant burkinabè  soit plus éduqué et  protégé. La place de l’enfant c’est à l’école, une école de qualité.

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