Semences paysannes et droits des agriculteurs : Des acteurs refusent le diktat des multinationales

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La Fédération nationale des Groupements naams (FNGN)  et la Coalition pour la Protection du Patrimoine génétique (COPAGEN)  ont en partenariat,  organisé les 8 et 9  août 2019 un atelier national de réflexion multi-acteurs sur les ressources génétiques, la protection des semences  et les droits des paysans . Ont participé à cet atelier plusieurs organisations nationales du monde paysan et des responsables des structures déconcentrées de l’Etat .

 

 

 

 

 » L’avenir du monde réside dans la promotion des semences paysannes . C’est en cela que, en tant que agriculteurs , nous ne pouvons sortir de la dépendance semencière et forcer la reconnaissance de nos droits si nous devons continuer de payer nos semences . Il est inconcevable que notre liberté de produire et de partager nos semences soit hypothéquée par la volonté de quelques structures qui n’ont qu’un but mercantile vis à vis de notre production , en commençant par les semences

« s’offusque  le président de la Fédération Nationale des Groupements naams , Joel Nowendé Ouédraogo à travers un discours poignant et engagé .  » Notre souveraineté alimentaire ne peut être accomplie sans notre souveraineté des ressources  » martèle -t-il . C’est pourquoi , il invite ses paires à remettre en cause le monopole des compagnies de semences et les politiques qui peuvent entraver le droit des agriculteurs d’accéder, de contrôler, d’utiliser et de commercialiser des semences.

  Non au tripatouillage

Il fait remarquer que le Burkina Faso dispose de chercheurs émérites, pétris de connaissances scientifiques et aptes à accompagner le monde paysan et , de manière saine et soucieuse de l’environnement . Pas question , déclare t-il d’un ton ferme , de laisser les « Tripatouilleurs génétiques  » venir imposer leurs sombres recettes . Le secrétaire exécutif de la Coalition pour la Protection du Patrimoine génétique (COPAGEN)  , l’ivoirien Sikeli Jean-Paul à son tour,  n’est pas allé  du dos de la cuillère  contre cette  politique d’imposer les ressources génétiques dans les pays africains  pour dit-il  en faire le nouveau « Saint Graal ou le Nouvel or vert ».

 Et de poursuivre « Les gènes , véritable support de l’information génétique représentent  un capital vert appréciable par l’industrie des biotechnologies modernes dans toutes ces composantes: agro-alimentaire , biopharning, pharmaceutiques….. Cette situation a forcé l’entrée du vivant dans la sphère marchande avec comme conséquences la privatisation du vivant via le brevetage matérialisé et l’aggravation de la biopératerie » .

Défendre la vie et la survie

Le but de cet atelier , précise Joël N Ouédraogo  est de réfléchir ensemble sur des stratégies de protection des semences paysannes et les droits des paysans dans ce monde en proie à une course effrénée des multinationales pour le brevetage des ressources génétiques . L’espoir est permis à entendre le secrétaire exécutif du (COPAGEN)  se fondant sur la lutte des organisations de la société civile et des organisations paysannes. Un combat  visant à rééquilibrer  le rapport des forces et à inverser la tendance pour la reconquête des droits des agriculteurs . Il insiste sur la nécessité à resserrer  les  rangs pour faire aboutir cette noble cause à laquelle est attachée la vie et la survie .

Des acteurs avertis et engagés

Représentant le président du conseil régional du Nord , le président de la commission  affaire générale , Lassané Doga indique  que cette préservation des ressources génétiques agricoles entre en droite ligne avec la volonté politique du gouvernement du Burkina Faso par l’adoption en juin 2019 de la loi sur les ressources génétiques .

Cet atelier souligne -t-il ,  permettra  d’anticiper les formes de menaces sur le patrimoine génétique national , de renforcer les   compétences , à maîtriser  les textes internationaux et la législation sur les ressources génétiques et à définir une stratégie commune et des synergies d’actions .  Pour en arriver là , le facilitateur , Ibrahim Ouédraogo a échangé avec les participants autour des modules portant sur la loi semencière au Burkina Faso , le statut du producteur semencier et la certification, la chaîne de valeur semence conventionnelle , la sécurité semencière du système semencier  , le projet Target malaria et les actions entreprises par la société civile

 

Faso nord info

 

 

Encadré

 » Développer sans abîmer », le tableau de bord de la FNGN  

Dans son discours lors de la cérémonie d’ouverture   de l’atelier de « Réflexion multi-acteurs sur les ressources génétiques , la protection des semences paysannes et les droits des agriculteurs du Burkina Faso , l’actuel président de fédération nationale des groupements naam Joel N Ouédraogo , a relevé la vision avant-gardiste  du  fondateur de cette   structure,   feu Bernard Lédéa Ouédraogo , matérialisée  à travers la philosophie  de « Développer sans abîmer »

 

( Depuis 1967, la Fédération Nationale des Groupements Naam (FNGN)   s’investit de toutes ses forces dans la lutte pour la protection des terres en vue d’une production respectant les normes environnementales . Le thème de la présente rencontre  » Réflexion multi-acteurs sur les ressources génétiques, la protection des semences paysannes et les droits des agriculteurs du Burkina Faso » va en droite ligne  avec nos préoccupations et tout membre des Groupements Naam se reconnait dans cette problématique. Si l’ensemble des théories, des pratiques et des réalités agricoles inspirées  et nourries par les connaissances de l’écologie, des sciences et du monde agricole forment l’agro-écologie , nous pouvons sans nous tromper dire que le fondateur des Groupement Naam , feu Docteur Bernard Lédéa Ouédraogo l’avait déjà exprimé dans la philosophie  » Développer sans abimer » qui est le tableau de bord  de la Fédération Nationale des Groupements Naam.

Développer sans abîmer quoi? Notre culture et la nature !

Développer sans abîmer, c’est d’abord reconnaître à chaque société une identité propre et le droit à la préserver et de l’enrichir à partir d’options qu’elle aura définies. Le principe suppose donc que le développement n’est possible et métrisable que s’il s’effectue à partir des valeurs et pratiques connues et acceptées par la société et non en rupture avec elle . Feu Docteur Bernard Lédéa Ouédraogo disait je cite  » Les innovations réelles s’opèrent à partir de la culture et des aspirations des intéressés, avec eux et pour eux . Rien ne devrait être transplanté, ni imposé .Tout se secrète  » fin de citation . Développer sans abimer , c’est aussi appuyer un processus de développement conçu , voulu et réalisé par une communauté , un groupe social précis dans le respect de l’environnement humain et physique) extrait du discours du président de la FNGN , Joël Nowendé Ouédraogo  

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