Site d’orpaillage de Kouri dans la commune de Ouahigouya : Un mouroir à ciel ouvert 

Une apparition du métal précieux dans le village de Kouri courant mi- mai 2018  a fait converger des gens de divers horizons en ces lieux. En l’espace de deux mois Kouri abrite  un site d’or artisanal  qui  s’étale à perte. Un endroit de non droit  où les orpailleurs usent de tous les moyens, dans l’espoir de s’enrichir.  Dans cette recherche effrénée du métal précieux,  4  personnes ont trouvé la mort suite à des éboulements. Il a été aussi enregistré   de nombreux cas de  blessés, des bastonnades de prostituées et de destructions de seccos servant d’habitations.  

Démarrés de Ouahigouya  à  14 heures 15 minutes à motos ce samedi 24 juin 2018,  nous avons mis moins de 15 mn pour arriver à Kouri , village abritant le site d’or dans la commune de Ouahigouya. Le trafic sur cette route est devenu intense depuis la découverte  du métal précieux.  Dans les deux sens de la voie, taxi-motos, motos, véhicules, femmes à vélo avec de bidons d’eau, un incessant va-et vient entre la ville de Ouahigouya et le site d’orpaillage. Le décor sur le site donne la chair de poule. Du coté Ouest , difficile d’imaginer le nombre des trous à vue d’œil . A l’est du village, l’on se retrouve face aux lieux de commerces : restaurants, boutiques, bars etc.

« Il n’ya pas de loi ici,  nous sommes dépassés par le  monde.  

Paradoxe sur ce site,   nombreux  qui présentent un air de n’avoir peur rien, de s’en fou la mort   se rebiffent quand il s’agit d’échanger sur les conditions de travail . C’est un crime de lèse -majesté quand on essaie de photographier certains d’entre eux.  En ces lieux qui ‘s’affichant comme une zone  de non droit, il y a curieusement une certaine discipline qui est respectée. La preuve quand nous avons voulu recueillir certaines informations  avec un groupe de jeunes, ils nous ont gentiment renvoyés chez ceux-là  qu’ils considèrent comme les responsables du site à savoir les deux conseillers du village et le président du conseil villageois du développement (CVD).  Nos interlocuteurs nous présentent  des visages marqués par la fatigue. « Il n’ya pas de loi ici,  nous sommes dépassés par le  monde. Nous tentons de faire comme nous  pouvons  »  nous rétorque  Inoussa Sawadogo , conseiller du village sous un ton accueillant visiblement submergés  par les nombreux différends à résoudre.   Nous sommes arrivés au moment où les donneurs des ordres sur le site tentaient d’apaiser  une crise qui opposait des prostituées et des orpailleurs. Une bagarre qui a dégénéré et qui s’est soldée par une bastonnade des vendeuses de charmes et la destruction de leurs habitations de fortune. Difficile pour les représentants du village d’évaluer le nombre de personnes sur le site. « En plus des orpailleurs nationaux, d’autres sont venus de la cote d’ivoire, du Niger, du Sénégal, de la Guinée et du Mali » nous indique Moumini Ouédraogo, le CVD. Multipliant les échanges sous un hangar de fortune pour bien comprendre ce qui explique la forte ruée  des orpailleurs  sur ce niveau site,   une mauvaise nouvelle viendra perturber notre interrogatoire .

Ces esprits malins  au sobriquet de « Topmen », victimes des éboulements   

Il s’agit de l’éboulement d’un vieux trou, soldé par la mort d’un individu. Ce décès, du   jeune de la commune de Barga , précisément du village de Méné dans la province du Yatenga  , allongeant le nombre à trois de cadavres enregistrés sur le site(24/06/2018) . Deux autres personnes venues des communes de Zogoré et de Tangaye sont décédés bien avant  dans les mêmes circonstances. En ces temps où les pluies ont commencé à arroser le sol, les trous ne tardent pas  à s’écrouler à cause de l’humidité. Il y a aussi que certaines personnes avides du métal précieux sont prêtes à prendre tous les risques, se cachant pour s’engouffrer dans des trous, quand les propriétaires sont au repos où dans des trous abandonnés, parce que présentant des fissures dangereuses. Ces esprits malins à qui on attribue le sobriquet de Topmen sont généralement les abonnés à la mort. alors qu’en se demandait le sort qui allait être réservé à ce site avec l’arrivée de la saison pluvieuse, moment où la loi préconise la fermeture des sites sur le territoire national, que les éboulements mortels amène l’autorité communale à bander les muscles. Peut-être qu’il n’y aurait pas eu des morts, que le maire ne se serait pas déplacé sur les lieux encore moins se rappeler de la mesure de la fermeture. Avec ces cas malheureux, l’autorité communale pouvait-il faire autrement que de s’y déplacer pour se faire entendre ?

Des dispositions réglementaires  instituant la fermeture des sites du 30 juin  au 31 Septembre au Burkina 

Dans la soirée du lundi 25 juin 2018, le bourgmestre  de la commune de Ouahigouya , Boureima Basile Ouédraogo s’est déplacé sur le lieu du site pour échanger avec les orpailleurs . il était accompagné des responsables du syndicat des orpailleurs dans la région du Nord . Après une minute de silence observée en la mémoire des disparus, le patron du conseil municipal de Ouahigouya  a  appelé au respect des dispositions réglementaires  instituant la fermeture des sites du 30 juin  au 31 Septembre. Ne cautionnant  pas  ce discours du maire , les orpailleurs ont noyé ses propos en faisant du brouha brouha , signifiant  en quelque sorte leur refus de voir appliquer cette disposition .  Les compagnons du jour du maire ont été obligés de lui prêter mains fortes en invitant leurs camarades au respect de l’autorité et des textes qui encadrent le fonctionnement du pays. Avant que le bourgmestre Boureima Basile Ouédraogo , qu’on connait n’avoir pas sa langue dans sa poche ravale sa colère sans manquer de cracher ses vérités   , face  à la grogne des orpailleurs , il sera  conforté dans sa décision de faire  appliquer la disposition sur la fermeture du site pendant la saison pluvieuse .

Le maire de la commune de Ouahigouya et ses collaborateurs ont été échangé avec les sages du village de Kouri

C’est sous ses yeux que le 4é  cadavre du site a été enregistré, (originaire de Village de Kourbo-moogho) toujours suite à un éboulement.   Véritablement décidé à faire respecter l’autorité de l’Etat et à  préserver les vies humaines, le maire de la commune de Ouahigouya et ses collaborateurs ont été échangé avec les sages du village de Kouri en vue d’une fermeture  effective du site le 30 juin. Une situation qui ne déplaira pas les notables du village, inquiets de voir la dépravation des mœurs, la mort, le banditisme se répandre dans leur bled. Cette cessation des activités  du 30 juin au 30 septembre, si elle  est appliquée, Kouri retrouvera pour quelques temps son calme habituel. Mais en attendant, la ruée vers le site de ce village  se poursuit de plus belle. C’est le cas de Mady Kabré et ses camarades qui s’apprêtaient à démarrer le creusage d’un trou à notre arrivée aux environs de 15 heures . Originaires de Pouytenga , le porte parole du groupe , le jeune Kabré , très confiant nous confie qu’ils sont là pour implorer la grâce de Dieu  sur ce site afin d’avoir assez de métal zone.

Faso-nord.info

 

 

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