Situation au CHU de Ouahigouya : D’une merde à l’indifférence des hauts responsables de ce pays

Nous en avons parlé à plusieurs reprises au point que nous manquons de mots pour dépeindre les dysfonctionnements entravant la bonne marche du Centre hospitalier universitaire de Ouahigouya. Si ce  ne sont pas des examens qu’on ne peut pas faire au service du laboratoire pour cause de manque de réactifs ou de pannes d’appareils, c’est certains services qui sont privés d’électricité.

 

A la date du dimanche 19 mars 2017, il était impossible de faire un bilan sanitaire approfondi au service du  laboratoire de ce centre hospitalier régional érigé en centre hospitalier universitaire à cause de coupures d’électricité  se signalant  d’une manière intempestive depuis deux semaines. Nous avons eu le malheur de vivre la situation au cours de cette journée du dimanche 19 mars 2017.  Un malade hospitalisé en service de médecine générale avec des difficultés respiratoires a vu son mal s’aggraver. En pareil cas, on fait recours à une technique d’oxygénation pour aider le malade à respirer. Ce service comme d’autres services connaissant une rupture d’électricité, il était impossible pour les soignants d’administrer les soins indiqués à ce patient. Le plus souvent dans les hôpitaux on dispose d’un groupe électrogène performant pour pallier aux coupures de l’électricité fournie par la SONABEL. Malheureusement celui du CHR de Ouahigouya ne fonctionne pas en plein régime à cause d’une panne. Seul le service de l’imagerie médicale dispose d’un groupe électrogène d’une capacité très réduite. Malgré tout, on parvient à raccorder cette machine au service du bloc opératoire pour parer aux interventions chirurgicales urgentes. Pour le cas du malade en question, une équipe de soignants ont joué des pieds et des mains au cours de la matinée du 19 mars pour le mettre dans de meilleures conditions de soins en le déplaçant dans un des services alimentés par le groupe électrogène. Malheureusement leurs efforts ont été vains.  Le souffrant a succombé quelques temps après son déménagement. Si ce dernier bien qu’il n’a pas survécu a eu la chance d’être entouré par des agents de santé qui lui étaient proches et dévoués, que dire des autres, des citoyens lambda qui y sont hospitalisés et qui n’ont pour recours qu’un bon fonctionnement et adéquat du service public. Combien de personnes sont passés de vie à trépas à cause des coupures d’électricité ? Heureusement que dans nos contrées, la mort d’une personne est toujours liée  à la volonté de Dieu. C’aurait été ailleurs que le tribunal de grande instance de Ouahigouya allait connaître de nombreux procès liés à des décès dans cette structure sanitaire dite universitaire ou de référence. Pour vous situer sur l’ampleur des difficultés qu’engendrent ce manque d’électricité, quand le corps du défunt a été amené à la morgue, le gardien des lieux s’est empressé de déconseiller une éventuelle conservation du corps dans les chambres   froides pour un enterrement le lendemain.  Ce lieu de passage des cadavres est aussi touché par l’absence de l’électricité et la conservation   ne peut durer longtemps. Une situation qui a conforté la famille dans sa décision de conduire le défunt dans sa dernière demeure avant la tombée de la nuit. Un tel problème lié à la coupure d’électricité, nous l’avons vécu il y a de cela trois ans. Les proches sont allés enterrer leur cadavre avec des dents serrées convaincus que l’incapacité à pratiquer  le  système d’oxygénation  a accéléré la mort de leur parent. Pourquoi nous en sommes à cette situation ? Pourquoi autant de cadavres dans nos bras alors que la situation perdure depuis plusieurs années ? Des organisations de la société civile ou des citoyens Lambda et la presse ont tiré à plusieurs reprises sur la sonnette d’alarme. Les travailleurs rassemblés autour de leur organisation syndicale ont multiplié les formes de lutte pour dénoncer la situation. Malheureusement rien ne bouge. Ceux qu’on entend le moins, c’est ceux qui abusent du mot peuple à tout va, pour dire simplement les politiciens ou les politiques.N’ayons pas peur des mots, ce dysfonctionnement du CHR de Ouahigouya est l’illustration parfaite de la mauvaise  gouvernance et du prime à l’impunité entretenus par l’ancien régime.  L’entreprise qui a conduit les travaux d’électrification du centre hospitalier a failli à sa mission et on prend de la peine pour l’administrer des sanctions. On se tait pour laisser mourir les pauvres populations parce qu’on a voulu couvrir le fautif avec lequel on se partage le butin de la honte pour ne pas dire de la mort.  Ce régime est parti et un autre qui dit être en maillage avec les aspirations du peuple est en place depuis plus d’un an. Mais lui aussi ne montre point sa capacité à résoudre les problèmes qu’il a trouvés. On nous dira qu’un an est insuffisant pour résoudre des problèmes structurels comme ceux du Centre hospitalier de Ouahigouya. Nous estimons que pour une question prioritaire comme la santé de la population, il y a lieu de concocter une thérapie de choc. Que demande -t-on à un dirigeant digne de ce nom qui surcroit se réclame défenseur du peuple si ce n’est sa capacité à trouver des réponses pour faire face aux problèmes urgents et cruciaux de ceux qu’il prétend vouloir apporter le bien être. On est apte en temps opportun à dire « pas un pas sans le peuple » pourtant on est prêt à courir se soigner dans les pays européens les pays asiatiques et ceux du maghreb  en laissant la grande majorité croupir dans des hôpitaux manquant du tout, jusqu’au thermomètre pour prendre la température du corps.  On oublie que les bonnes performances dans la prise en charge des patients dans ces pays de l’Afrique du Nord et en Europe relèvent d’une volonté politique. Au Burkina on sait trouver des moyens pour des évènements de moindre importance que les problèmes vitaux. N’a-t-on pas débloqué près d’un milliard pour soutenir les étalons à la CAN ? Les élections complémentaires dans les 12 communes  nous coûteront plus du milliard. L’Assemblée nationale ne vient-t-elle pas de débloquer 80 millions pour l’organisation d’un tournoi d’équipes cadettes ? Dans des ministères on débloque des centaines de millions pour organiser des lancements d’activités.  De tels investissements sont-ils plus porteurs que la santé de la population ? Pour une région qui regorgent de hautes personnalités à l’image du président de l’Assemblée, du président de la Chambre de commerce et de l’industrie, de deux ministres au sein du gouvernement, de nombreux richissimes opérateurs économiques, ils sont nombreux les citoyens lambda qui ne comprennent pas leur silence et leur inaction face aux problèmes que vit le Centre hospitalier universitaire de Ouahigouya. Que voulez-vous ?  Pour des   hauts responsables et richissimes qui ont les moyens pour  se soigner ailleurs de même que leurs parents et proches, le citoyen lambda à ses beaux jours pour bien mourir dans un mouroir comme le Centre de santé de référence de la région du Nord. C’est peut-être bien mérité pour une population qui sait bander les muscles, proférer des insanités pour défendre la cause d’un parti politique ou son leader, mais quand il s’agit d’interpeller pour des manquements, elle se retrouve sans voix. Une triste  singularité de la région du Nord.

Faso-Nord.info

 

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