Soumiaga Au Yatenga : Le Napoussoum et le Karbagda pour perpétuer la tradition et la cohésion.

Soumiaga, village de la commune de Ouahigouya situé à peine 7  km du chef-lieu avec pour chef naaba Zendé  a vibré au rythme de fêtes coutumières  le mardi 07 décembre et le  mercredi 8 Décembre 2021. Il y a eu la célébration de la fête de Napoussoum et ensuite celle du karbadga. Ce fut des moments de perpétuation  de la tradition, de la cohésion sociale et de réjouissances.

Chaque année à la fin  de l’hivernage comme le veut la tradition, les populations des différents villages  du Yatenga  célèbrent la fête du Napoussoum, un moment de communion entre les garants de la tradition et  leurs sujets. Cette année, le Naaba Zendé de Soumiaga et sa population  ont honoré  ce rendez-vous le mardi 07 décembre 2021.

Malgré   l’insécurité  très menaçante aux alentours de la ville de Ouahigouya, fils et filles de ce village chargé d’histoire car  abritant les tombes des rois du Yatenga ont célébré le Napoussoum comme il se doit. A entendre naaba Zendé, cette cérémonie est un moment de communion entre le garant de la tradition qu’il est avec l’ensemble du village.

                                 Reconnaissance et allégeance au chef

Venant  de plusieurs quartiers, les habitants traduisent leur reconnaissance et leur  allégeance au chef en lui remettant des présents. La majorité des donateurs  envoient  des épis de mil. C’est l’occasion pour  souhaiter longue    et bon règne à lui guide .

Ce dernier  à son tour  remercie les habitants pour l’harmonie et la bonne entente instaurées depuis belle lurette sans manquer de les  prodiguer des conseils et de  les inviter  à œuvrer davantage  pour  renforcer   la solidarité, l’entente, la cohésion sociale. Après le cérémonial, les invités se régalent des  mets   offerts par le maitre des lieux.

                        Reconnaissance d’un acte de bravoure

A la suite de  cette soirée bien rythmée, Soumiaga se soumet à une autre célébration le lendemain,  appelée le  Karbagda. Le respect de ce rituel  selon Naaba Zendé  est propre au village de SoumiagaCette célébration du Tarbagda est la magnification d’un acte de bravoure orchestré dans le village à une certaine époque. Des habitants d’un quartier « Songondin » ont vaillamment mis en déroute et repousser des envahisseurs qui voulaient s’accaparer de Soumiaga.

Depuis lors, les  chefs qui se succèdent  ont institué une cérémonie  de reconnaissance célébrée au cours d’une journée à l’honneur  des braves guerriers.  Ce mercredi 08 décembre 2021   , c’est autour de   16 heures 45 mn que naaba Zendé a quitté son palais  escorté dans sa voiture  par ses collaborateurs,   des batteurs de tam-tam, des femmes communément appelées wemba.

                                              La danse du namaoré

 Ces dernières,  natives du quartier royal, reviennent    pour la  célébration des  évènements culturels.  20 mn, c’est le temps mis  pour rallier  le lieu consacré au grand  rituel du jour. Un dispositif est mis en place pour accueillir le chef et sa troupe.  La délégation se gare  à une certaine distance.  

Après ce rituel, le chef et ses compagnons rejoignent ceux à qui ils rendent visite. Ils sont reçus sur des nattes étalées à même le  sol.

Suivent les salutations, l’annonce de l’objet de la venue, une dégustation de jus de Zomkom.  Ensuite  le chef et  ses compagnons  se soumettent à une partie de danse à savoir  « le namaoré »  avant de prendre congé de leurs hôtes.

                                                Le chemin du retour

 Les femmes du quartier d’accueil raccompagnent les visiteurs jusqu’au niveau des tombes royales.  Leur destination prend fin là –bas car n’étant pas du quartier du chef, elles ne doivent pas selon les coutumes  traverser les tombes  où sont enterrés les rois du Yatenga.

Les visiteurs retournent au lieu de départ où ils sont accueillis dans un brouhaha, mélangé de battements de tam-tam et de cris de joie. Le chef descend de sa voiture et rejoint sa maison. Il y passe quelques minutes avant de ressortir pour un autre rituel.   Naaba Zendé  et un de ses ministres traversent la foule, s’éclipsent. On aperçoit à peine de  derrière le boubou du chef.  Quelque temps après, il revient à son palais sans son compagnon. C’est la fin des rituels. 

                                                          Ripaille et danse

Alors que  Naaba Zendé regagne tranquillement sa maison, après une mission bien accomplie,  c’est le moment pour certains habitants de déguster des copieux  repas préparés au sein du palais. L’ambiance est à son comble à naab-yiri. Les vendeuses de beignets, de frites et autres commerces sont bien installés.

Ce moment de perpétuation de la tradition, de retrouvailles et de renforcement des liens est célébré jusqu’à une heure tardive de la nuit. Retenons que les tombes royales de Soumiaga abritent les corps de 21 rois qui ont régné sur le trône du Yatenga. Tout chef qui quitte ce village pendant les rites de son intronisation n’y retourne plus si ce n’est sa dépouille pour l’enterrement. 

                                                                                                                             Inoussa Ouédraogo

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