Université de Ouahigouya : Laurent s’en va, Soubeiga s’installe.

L’université de Ouahigouya a abrité le mardi 02 mars 2021 une cérémonie de passation de charges entre le professeur Laurent Ouédraogo, président en fin de mission et le nouveau promu, professeur Kamba André -Marie Soubeiga. C’est le secrétaire général du ministère de l’Enseignement supérieur et de l’innovation, Mahamoudou Sawadogo qui a conduit le cérémonial d’installation de ce nouveau patron du temple de savoir de Ouahigouya.

photo de la famille à l’issue de l’acte de passation des charges

Janvier 2018 à mars 2021, c’est le temps que le professeur Laurent Ouédraogo s’est consacré au management de l’Université de Ouahigouya.  Douloureux moments vécus, les décès des enseignants Yoni Philippe Auguste et Nakelbamba Boukary Pilabré à qui il a demandé lors de son allocution une minute de silence en leur mémoire. Passés ces moments regrettables, le reste du temps a été consacré à relever des défis afin de faire de l’Université de Ouahigouya une institution digne de ce nom. Installé en 2018 comme ses prédécesseurs chefs de mission à l’époque, le professeur Laurent Ouédraogo premier président plein de l’Université de Ouahigouya dit s’être employé aux premières heures  à dérouler sa lettre de mission avec 10 agents et 36 enseignants permanents .

De la route de Séguénega à Kourra – Bangré sur la RN2

Pendant son management , le professeur Laurent a mis toutes ses forces et son intelligence au service de l’Université de Ouahigouya

 « Notre odyssée nous a conduits de cette F4 route de Séguenega dans ce bâtiment qui nous abrite aujourd’hui » souligne-t-il. Au nombre des acquis pendant son management, il cite l’opérationnalisation de deux -vices- présidences, le secrétariat général et des directions centrales, deux UFR et un institut et les organes statuaires (conseil d’administration, Conseil scientifique, Conseil de la Formation et de la vie universitaire) et ce n’est pas tout. « Notre plan stratégique approuvé par le Conseil d’Administration en novembre 2019 constitue une boussole qui nous a permis d’élaborer d’autres documents d’orientation : un plan de formation, plan stratégique de recherche .Notre souci pour la qualité nous a conduits à mettre en place la cellule d’assurance qualité qui a défini sa politique qualité et son plan d’action .L’opérationnalisation de la direction des affaires académiques de l’orientation et de l’information (DAOI) nous a permis de participer activement aux différentes sessions du CIOSPB tant au niveau local que national , à l’orientation inscription des étudiants via Campus Faso, la prise en main de la gestion académique de l’ensemble des étudiants » a énuméré Laurent Ouédraogo . 

             Des ressources humaines de qualité

ils ont consacré leur temps pour prendre part à la cérémonie d’installation du nouveau président

Autres faits d’armes sous la conduite du président sortant, la nomination d’un agent comptable, d’un contrôleur financier, la création des établissements en cours de consolidation, la promotion des enseignants à travers des sessions de formation pédagogique au niveau local qu’à l’extérieur, l’organisation des journées scientifiques en 2019 et en 2020, l’inscription de 15 enseignants au grade de Maitre-assistant et un enseignant au grade de Maitre de conférences agrégé. Si le président en fin de mission s’est préoccupé de renforcer les infrastructures d’accueil et de la formation des enseignants, il s’est penché également à développer de stratégies pour faciliter les conditions d’études et de vie des étudiants.

Faciliter les conditions de vie et d’études des étudiants

personnel de l’Université et de nombreux invités étaient présents à cette cérémonie d’aurevoir de l’ancien président et d’installation du nouveau

 Entre autres,  la création d’une ligne spéciale par  la Société de transports en commun de Ouagadougou (SOTRACO) pour résoudre le problème des déplacements des étudiants  devant parcourir chaque jour une dizaine de km pour rejoindre le site de l’Université  ; l’opération un étudiant , un ordinateur « L’installation du directeur régional du Fonds national pour l’éducation et la recherche (FONER)  a rapproché les prestations de ce fonds aux bénéficiaires .Nous faisons également l’effort de participer aux divers jeux universitaires organisés au niveau national » avoue  le professeur Laurent Ouédraogo . Et de préciser « Toutes ces réalisations qui ont permis l’opérationnalisation de l’Université de Ouahigouya ont été possibles grâce à l’accompagnement de la hiérarchie, car il est bon de reconnaitre que sans vent, la feuille ne peut aller nulle part ».

Insuffisance d’enseignants permanents 

Le président sortant et ses collaborateurs il est vrai, se sont serrés les coudes pour donner forme à cette université, mais force est de reconnaitre que le chemin reste long et parsemé d’embuches. « L’insuffisance des capacités d’accueil ne nous permet pas d’accueillir un plus grand nombre d’étudiants. Au jour d’aujourd’hui nous sommes à un effectif de 1600 étudiants environ, certainement loin derniers des autres universités. Augmenter les capacités d’accueil sera un des plus grands défis des années à venir « a prévenu le désormais ancien président. Autres insuffisances à combler, la mise en place de laboratoires et d’une bibliothèque bien fournie. Informant que 52% des enseignements sont assurés par des vacataires, Laurent Ouédraogo relève que cette réalité compromet la volonté d’ouverture de nouvelles offres de formation. 

Des parkings transformés en salles de cours

« Pour le peu d’étudiants que nous avons accueilli, nous avons dû transformer des infrastructures initialement conçues comme parking en salles de cours » pince sans rire le retraité dans quelques mois.

L’ancien président Laurent Ouédraogo a prévenu à son successeur et au SG du ministère, des dangers qui guettent l’université de Ouahigouya

Comme s’il lançait un clin d’oeil au SG du ministère, Mahamoudou Sawadogo patron de la cérémonie et plaidant pour la cause de son successeur, Laurent Ouédraogo a jeté un pavé dans la marre.   « Certes beaucoup d’efforts ont été faits par notre ministère de tutelle, mais beaucoup restent à faire. Les restrictions budgétaires ont un impact négatif pour nous qui avons besoin de croître. Le report de la réalisation d’infrastructures pour abriter les établissements ainsi que des salles de cours est durement vécu par les enseignants et les étudiants. Le budget 2021 de l’Université de Ouahigouya, s’il n’est pas revu à la hausse, sera source d’un campus turbulent. Des dépenses clés telles que les voyages d’études, les primes de recherches, les missions diverses et les vacations ne sont pas couvertes » martèle -t-il sans porter de gants.

                  Bien et mal

En souvenir de son passage à la tête de l’Université de Ouahigouya , ses collaborateurs lui ont attribué un cadeau

 Partant avec le sentiment d’avoir accompli sa mission avec toute sa volonté et à la limite de ses forces, Laurent Ouédraogo tout en félicitant et encourageant ses collaborateurs s’est excusé en ces termes. « Je sais que le bien n’habite pas en moi, c’est -à dire dans l’être de chair que je suis. En effet, ce qui est à ma portée, c’est de vouloir le bien, mais pas de l’accomplir. Je ne fais pas le bien que je voudrais, mais je commets le mal que je ne voudrais pas », c’est cette citation teintée de philosophie de Robert Allen que le futur professeur retraité a fait appel pour traduire ses limites en tant qu’Homme.

                Retour aux sources

Devant le SG du ministère ,la passation des charges s’est déroulée dans une ambiance conviviale

Traduisant toute la reconnaissance du monde de l’enseignement supérieur et de la nation au président sortant, le SG du ministère a procédé à l’installation du nouveau président, le professeur André Soubeiga tout en lui conseillant d’assurer sa mission avec rigueur, et en magnifiant les valeurs de la communication et de la collaboration.

Pour le président nouvellement installé, son arrivée à Ouahigouya sonne comme un retour aux sources.

                 Fédérer la pluralité des idées

Le nouveau président , professeur Kamba André -Marie Soubeiga

 Disant avoir fait ses études primaires à Ouahigouya, il s’engage à servir cette ville avec humilité et déférence « Cette charge que je vais désormais assumer, m’offre une occasion inespérée de rendre humblement à Ouahigouya, un peu de tout ce qu’elle m’a donné » clame-t-il fièrement. Convaincu que l’Université a plus intérêt à s’ouvrir qu’à se recroqueviller sur elle -même, le professeur Soubéiga, sociologue qu’il est, place sa gouvernance sous le signe de la disponibilité, de la lucidité, de l’ouverture, de l’esprit d’initiative et d’innovation, de la capacité d’écoute, en fédérant toutes les idées portées par la pluralité des acteurs des différents secteurs d’activités.

       Une université catalyseur de développement local  

cette université selon le nouveau président sera ce que les acteurs au niveau local et national voudront qu’elle soit

Il promet inscrire son action dans le sillon tracé par son prédécesseur en s’inspirant de son expérience et des nombreux acquis qu’il a engrangé au profit de l’institution dont il assure désormais le management. « Je reste convaincu que l’Université de Ouahigouya sera ce que les acteurs au niveau local et national voudront qu’elle soit : une université moderne, ambitieuse et catalyseur du développement local » c’est par ces mots que le professeur Soubeiga a donné le ton

Gildas Salo et Archange Koara

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