Village de Toessin au Yatenga : Des maraichers volontaires et créatifs en quête de points d’eau

A Toessin, village de la commune de Ouahigouya au nord du Burkina Faso, des paysans pratiquent la maréchulcuture sur une superficie de 0, 5 ha   grâce à un appui d’un ressortissant  de la Suisse, Bertrand Perruchoud du Comité organisation écologie paysans Afrique –Europe (COEPAE). Ce soutien  se traduit à  travers l’Association appui aux enfants malnutris et familles (AAEMF) dirigée par Boukari Ouédraogo, alias « Bouba ». En plus de  la maraichéculture, ces braves paysans s’essayent à la pratique de l’agroforesterie en plantant des arbres fruitiers  sur le même terrain. 

En plus de la maraichéculture , les braves paysans bénéficiaires de l’appui de COEPA et AAEMF s’essayent à la pratique de l’Agroforesterie

« Il y a de cela 4 ans, cette surface que vous voyez était complétement nue. C’est grâce à un seul puits  qu’il y a cette verdure présentement. Vous comprenez pourquoi, on dit que l’eau c’est la vie.» commente Boukari Ouédraogo,  président de l’Association appui aux enfants malnutris et familles (AAEMF). Notre rencontre en 2018 avec le Suisse Bertrand Perruchoud, qu’il appelle  affectueusement «  Papa Bertrand »  raconte Bouba,  nous réconforte.

Des planches d’oignons qui a l’heure des récoltes procureront de fortes d’argent au producteurs

C’est grâce à lui,  informe-t-il,  que nous avons pu réaliser ce puits  à hauteur d’un million 500 000 FCFA. 

Boukari Ouédraogo , le président de l’Association appui aux enfants malnutris et familles

«  Si on ajoute le grillage pour la clôture, la réalisation de la porte et l’achat des plants, l’appui de notre bienfaiteur tourne autour de 4 millions de FCFA. Au regard de la physionomie de l’espace aménagée, nous pouvons affirmer que notre partenaire  a fait   un investissement utile » précise  Boukari Ouédraogo.   Sur la superficie de 0,5 ha, s’étend des planches de pomme de terre,  d’oignon, des tomates, des choux, des melons   etc. 

Des espèces d’arbres de la Côte d’Ivoire en expérimentation  

L’aspect verdoyant des arbres fruitiers en pleine phase de croissance force l’admiration des visiteurs. On y trouve plusieurs  espèces, environ  100 pieds de manguiers, des goyaviers, des papayers, des citronniers etc. ….. . Plus d’une dizaine de ménages ont jeté leur dévolu sur la culture maraichère. 

Les gros fruits qui pendent des papayers  attestent des retombées que pourraient profiter  ceux qui les ont entretenus. Créatifs, ces agriculteurs  expérimentent sur le périmètre l’entretien   d’autres espèces d’arbres qui se développent  en Côte d’Ivoire.    «  Le blanc, Bertrand Perruchoud est un homme au grand cœur.  Il nous a vraiment sauvés en finançant l’aménagement de ce périmètre. Ce qui permet de nous occuper   utilement pendant la longue période de la saison sèche.  La saison pluvieuse comme vous le constatez,   dure à peine trois mois avec des pluies irrégulières et il est difficile pour un agriculteur de cette localité de se nourrir pendant 2 mois à l’aide de ses récoltes.  Compter sur les vivres de la saison pluvieuse,   c’est   s’enfoncer dans la misère » martèle Amadé Ouédraogo.

                         Plus de temps mort

Amadé Ouédraogo , le porte -parole des producteurs sur le site

A l’écouter,    depuis  que ce périmètre a été aménagé,  il y a plus  de  temps mort chez eux. En saison des pluies, les membres de  l’association travaillent  dans   les   champs  individuels  et dans le champ communautaire  où ils cultivent du maïs. Ensuite ils se consacrent entièrement  à la culture maraichère pendant la saison sèche. Le bras bien tendu, Amadé   multiplient les gestes pour nous convaincre que  le puits  ne profite pas uniquement à ceux qui  travaillent  sur la superficie des 0 ,5 ha.

Grace à ce puits d’autres , d’autres producteurs à l’aide d’une motopompe ont fait des raccordements pour arroser leurs planches de pommes de terres et de légume situées à une centaine de mètres du périmétre aménagée

D’autres personnes installées  à environ une centaine de mètres    se servent du liquide précieux à l’aide d’un long raccord, branché à une motopompe   pour arroser leurs planches de légumes et de pomme de terre. « Ce puits a redonné aux gens le goût du travail.   Le rendement est visible et tout le monde veut en profiter. Si d’autres puits venaient s’ajouter, plusieurs ménages pourraient mieux se tirer d’affaires » plaide Boukari Ouédraogo. Selon  ce dernier, les paysans   n’ont pas besoin de gros discours.  Insiste-t-il, ce sont    des gestes de ce genre qui peuvent contribuer à améliorer leur situation.

Grâce à la vente de la pomme de terre , plus de soucis pour payer la scolarité des élèves
Bertrand Perruchoud du COEPA-Suisse , l’ami fidèle des membres de l’association AAEMF , grâce à qui le puits à été réalisé

                  Des femmes entreprenantes

 Moins bavardes, mais très entreprenantes de  par le volume de leurs activités, les femmes soutiennent  que l’aménagement de cette surface  a changé véritablement   leur quotidien. «  Il était très difficile pour nous femmes de nous procurer de l’argent si nos maris ne nous en donnent pas.  Actuellement grâce à nos activités  sur le périmètre,  nous avons notre argent à nous et nous participons à l’éducation, à la santé des enfants et aux besoins alimentaires de la famille » confie Korotimi Ouédraogo.

C’est à l’aide d’une motopompe que les producteurs se servent pour tirer l’eau du puits

« Nous, nous sommes réellement déterminées, notre souhait est de voir la multiplication des points d’eau. Si nous obtenons cela, il est certain que nos activités vont s’intensifier  avec une augmentation des  retombées » réaffirme Korotimi toute fière de voir  ses camarades acquiescer t leurs tètes pour soutenir ses propos.

                     Une surface de 0 ,5 ha à multiples valeurs

Une forte complicité entre les femmes et les hommes pour une exploitation judicieuse de la superficie de 0, 5 ha

Fier de la bonne ambiance  entretenue sur l’aire  du périmètre maraicher, Boukari  Ouédraogo affirme sans ambages que cet  investissement véhicule  plusieurs valeurs tant préconisées de nos jours à savoir l’éco-citoyenneté , le développement durable , la biodiversité , la culture biologique , l’agriculture raisonnée , le partage et l’entraide , l’amélioration de la qualité de la vie , le bien –être et la santé et surtout le partage et l’entraide couplée de la solidarité entre les peuples . Conscient que l’ignorance favorise le règne de la pauvreté, Bertrand  Perruchoud encourage la scolarisation des enfants. Tout dernièrement,  il  a envoyé des vêtements aux élèves  de Toessin.

                   Redonner un nouveau visage à l’école

Grâce au soutien du suisse Bertrand Perruchoud , ce garçon a acquis un permis de conduire et une attestation de formation en mécanique .Il est bien outillé pour affronter le monde du travail

 Les bâtiments de l’école   étant dans un état de délabrement avancé, les parents d’élèves disent compter sur le soutien du responsable du Comité organisation écologie paysans Afrique –Europe (COEPAE) pour  une éventuelle réfection. Véritablement engagé à soutenir le bien –être des habitants de ce village, Bertrand Perruchoud œuvre à faire comprendre que la formation professionnelle est aussi une autre voie de réussite.  Il a financé la formation d’un jeune garçon qui a décroché son permis de conduire et son attestation de formation en mécanique auto.  Un bel exemple de solidarité   Nord-Sud.

                                                                                                              Faso nord info

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