Violences basées sur le genre : Amnesty International forme des leaders coutumiers et religieux de la région du Nord.

Amnesty International Burkina Faso, dans le cadre la mise en œuvre de son projet « Renforcement des mécanismes de prévention des mutilations génitales féminines et des mariages d’enfants », a organisé le 26 mars 2021 une formation en droits humains au profit de vingt (20) leaders coutumiers et religieux des villages de Rikou, Kao et Bougouré dans la province du Yatenga, région du nord. Ce projet, initié par Amnesty international United Kingdom (AIUK) en collaboration avec Amnesty International Burkina, bénéficie d’un soutien financier de la Foundation for Just Society international, LTD (FJSI).

Les notions sur les violences basées sur le genre , les mutilations génitales féminines , les mariages précoces et forcés ont été expliquées aux participants

Selon Moussa Ouédraogo, Coordonnateur Education en Droits humains, à Amnesty International Burkina Faso, il s’est agi au cours de cet atelier de formation d’éclairer les lanternes des leaders religieux et coutumiers sur les notions de violences basées sur le genre, principalement les mutilations génitales féminines, les mariages d’enfants (mariages précoces, mariages forcés). Les échanges ont été également orientés sur les causes notamment culturelles et sociologiques entrainant ces pratiques rétrogrades et préjudiciables à la santé et à l’épanouissement des jeunes filles et des femmes.

Nouvelles dispositions du Code pénal

Le directeur exécutif de Amnesty Burkina Yves Boukari Traoré et une participante ont ensemble invité l’ensemble des parties prenantes à s’impliquer dans la lutte contre les violences basées sur le genre

Les facilitateurs de cette formation ont jugé utile d’informer les participant-es de la législation sur les violences basées sur le genre, à savoir le Code pénal du Burkina Faso révisé le 31 mai 2018. Les dispositions de ce Code augmentent les peines de prison en ce qui concerne les mutilations génitales féminines et l’excision. Précise Moussa Ouédraogo, la peine maximale est de 21 ans de prison pour toute personne qui se serait rendu coupable d’un acte d’excision ou de mutilations des organes génitaux des jeunes filles ou des femmes ayant conduit à la mort de la victime. La peine pécuniaire peut atteindre 5 millions de Francs CFA, Article 513-7 du Code pénal du 31 Mai 2018.

Appropriation et partage

Selon le Coordonnateur chargé de l’éducation en droits humains à Amnesty Burkina , il est important d’outiller les leaders coutumiers et religieux sur les nouvelles dispositions du Code pénal révisé

Insiste Moussa Ouédraogo, il est important que les leaders coutumiers et religieux s’approprient les nouvelles dispositions du Code pénal afin de les partager à leur entourage.  

Voulant faire de ces leaders coutumiers et religieux, des ambassadeurs dans la lutte contre les violences basées sur le genre dans leurs terroirs, les facilitateurs leur ont incité à élaborer des plans d’actions et à prendre des engagements dans la lutte contre la pratique de l’excision et du mariage des enfants dans leurs localités respectives. Amnesty International Burkina Faso se donne pour mission de faciliter la mise en œuvre des différents plans d’actions et le respect des engagements pris.

Multiplier les sessions de formation

Rasmata Ouedraogo dit se sentir à l’aise après cette formation pour animer des groupes de discussions

 Participante venant du village de Bougouré, Rasmata Ouédraogo  dit avoir acquis beaucoup de connaissances et se sent très à l’aise pour animer des groupes de discussions avec ses camarades.  Masmoudou  Koima, lui fait comprendre que c’est l’ignorance qui fait perdurer ces faits nuisibles à la société.

Masmoudou Koima souhaite que les sessions de formation se multiplient au bénéfice des leaders locaux afin qu’ils aient les bagages nécessaires pour assumer le rôle d’acteurs de changement de comportement

Il estime que si on multiplie les sessions de formation comme celle de ce genre, les leaders locaux qu’ils sont auront tous les arguments nécessaires pour communiquer dans le sens de faire changer les comportements. Le Coordonnateur chargé de l’éducation en droits humains à Amnesty International Burkina Faso, Moussa Ouédraogo est convaincu qu’au regard de la franchise des débats au cours de cette formation, les participant-es travailleront à faire bouger les lignes, chacun dans sa localité.

Faso nord info

Partager

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *